Jusqu'où faut-il croire Elon Musk ?

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Le kiosque de Thomas Sotto est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Sophie Larmoyer, Eva Roque et Marion Calais font le point sur l'actualité du jour.

Commençons avec la Une de L'Opinion, assez surprenante ce matin : "Les nouveaux défis d'Elon Musk le magicien". "Adulé ou détesté, le patron de Tesla et de Space X, 45 ans, vendeur de rêves, de fusées, de batteries et de voitures, créera encore l’événement cette année. Pour lui, "Mars is the limit". "Mais jusqu'où faut-il le croire", s'interroge L'Opinion. Autre type de patron, non moins admirable : c'est Eric Belile. C'est l'homme que vous trouverez en photo en une d'Aujourd'hui en France, sous ce titre : "Il offre son entreprise à ses salariés". "Petit patron et grand monsieur", écrit le quotidien pour décrire le fondateur, il y a près de 30 ans, "de la Générale de Bureautique". Une société, leader du marché dans sa région, qu'il aurait pu vendre "à très bon prix à un investisseur". Mais, "pour sauver leurs emplois, il a préféré la céder à ses salariés". Une (belle) histoire qui inspire le dessinateur Ranson. Il fait dire à François Hollande : "J'ai décidé de laisser la boite à mes employés". Réponse de Manuel Valls, face à lui : "C'est noble, c'est généreux, je n'aurais jamais osé te le suggérer".

On poursuit avec Les Echos, qui titrent "Les start-ups françaises à l'heure du rêve américain". Vous vous direz que la presse, ce matin, est vraiment très "business friendly". En fait c'est L'Humanité qui nous remet, brutalement, les pieds sur terre. En titrant sur "La Halle, André, la grande braderie d'un géant de l'habillement". "Le groupe Vivarte, aux mains de fonds d'investissements agressifs depuis 2014, pratique une vente à la découpe méthodique".

Sinon, c'est un sous-marin qui fait la une du Figaro qui titre "Défense : les urgences de l'après-présidentielle". Libération "cuisine", sur 7 pages, "l'outsider qui monte", autrement dit Benoit Hamon.

La Croix s'interroge, suite à la publication d'un rapport qui "préconise de bouleverser la fiscalité des successions" : " "Faut-il réformer l'héritage ?". Et puis il y a ce papier, surprenant, dans 20 Minutes. C'est titré "Coco, il reste qui au frigo ?". "2016 restera comme l'année du décès de plein de monde" nous rappelle le gratuit. Une hécatombe éprouvante pour les journalistes des services culture. "Au-delà de la qualité, c'est la quantité de grosses nécros à faire qui nous a écrasés, raconte le chef du service culture de Libération. Dans le jargon, préparer une nécro avant la mort d'un artiste, on appelle ça "mettre au frigo". Mais depuis quelques années, le frigo est vide".

Trois Unes de la presse régionale, Marion Calais.

Y'aura-t-il du beurre à Pâques ? Question posée par Sud Ouest. Avec la baisse de la production de lait, la situation est tendue : certains produits, bio notamment, sont déjà en rupture de stock. Le manque de neige aussi à la Une. Dans les Pyrénées, raconte la Dépêche du Midi, la station espagnole de Baqueira a mis en place un pont routier et aérien avec hélicoptère pour transporter la neige. Dans le même temps, raconte la Provence, la station du Mont-Ventoux renonce aux canons à neige. 1 million et demi d'euros d'économies. Des activités 4 saisons seront développées.

Dans Ouest France, la menace d'une condamnation pour l'hôpital de Flers après la mort en 2013 d'un patient atteint de cirrhose suite à l'opération pour une ablation de la vésicule biliaire. Hier, le rapporteur public a laissé entendre que l'opération - pourtant contre-indiquée - aurait pu avoir lieu pour maintenir le service de chirurgie. La décision sera rendue dans 2 semaines.

L'histoire du jour c'est celle d'un détenu qui veut "changer d’hôtel" en quelque sorte.

Toc, toc, toc. C'était mardi. On toque à la porte de la prison de Béthune. Les surveillants qui ouvrent découvrent un jeune homme de 26 ans qui dit être en cavale et vouloir intégrer leur établissement. Vérification faite, effectivement, le garçon n'a jamais réintégré la prison de Réau en Seine-et-Marne en août 2015 après une permission de sortie. Il explique juste avoir voulu tenir compagnie à sa mère qui était malade. Aujourd'hui, elle va mieux. Et après avoir passé les fêtes en famille, raconte la Voix du nord, l'évadé a donc décidé de retourner en prison. Pourquoi Béthune, plutôt que Réau ? Parce qu'à Béthune, il y a des formations qui l'intéressent : maçonnerie, électricité. Il a regardé sur Internet. Le jeune homme - qui enchaîne les condamnations depuis l'age de 18 ans - assure vouloir se ranger et préparer l'avenir. En attendant, il devra purger les 17 mois de peine qu'il a passé en cavale. Et les 18 mois supplémentaires, auxquels l'ont condamné les juges de Béthune.

À la une de la presse internationale, Sophie Larmoyer.

A la une de la presse indienne : la terrible nuit de la St-Sylvestre à Bangalore, dans le sud de l’Inde. La police enquête sur des agressions sexuelles de masse commises contre des femmes et le scandale secoue tout le pays. "La nuit d’horreur de Bangalore" titre l’édito du quotidien The Hindu, hier. De très nombreuses femmes ont été agressées après minuit, souvent en réunion. Et puis il y a une vidéo qui tourne dans les médias, prise par une caméra de surveillance, d’une fille qui rentre chez elle et qui se fait harceler, brutaliser, elle réussit finalement à s’échapper. Mais au moins autant que les agressions, ce qui a fait bondir les médias indiens, ce sont les réactions des politiques, des officiels.

Parce qu’ils n’ont pas "condamné vivement" et "promis de trouver les agresseurs" ?

Si seulement. Non, le ministre de l’Intérieur a plutôt mis en cause les "tenues occidentales" des jeunes, leurs robes et donc oui, "elles ont été harcelées, vous savez ces choses-là arrivent", a dit le ministre. Une journaliste du quotidien DNA, pour Daily News and Analysis, titre son article : "Ces choses-là  ne devraient pas arriver, cher ministre". Elle recense quelques-unes des énormités prononcées par des responsables politiques. La figure d’un parti régional, qui lâche qu’"on ne peut pas empêcher les fourmis d’aller sur du sucre" et qui accuse, lui aussi, la "culture de l’ouest". Et cerise sur le gâteau, la ministre du droit des Femmes et de l’Enfance qui se défile, avec ce commentaire : "Ce n’est pas comme si je pouvais changer quelque-chose". On comprend mieux pourquoi les Indiennes portent rarement plainte.

Il faut rappeler que les violences sexuelles sont un fléau en Inde et cela malgré le durcissement de la loi en 2013.

Absolument, et c’est une réalité qui éclate à nouveau dans la presse ces derniers jours. Avec des témoignages, comme celui de cette étudiante native de Bangalore, dans le Times of India. Elle s’appelle Vaishnavi. "Pourquoi je ne peux pas marcher seule dans la rue ?" Elle raconte ces centaines de fois où elle a été interpellée, attrapée par derrière. Elle raconte que sa pratique des arts martiaux ne suffit pas quand un problème survient et qu’elle ne voit plus qu’une solution pour réagir face à cette violence : l’engagement dans un féminisme radical. 

À la télévision ce soir, Eva Roque.

"La vie secrète des enfants" sur TF1 dimanche à 16h05. Ils sont 12 enfants de 5 et 6 ans qui ne se connaissent pas. Pendant plusieurs jours, ils ont été filmés par des caméras fixes et sous le contrôle de trois professionnels de la petite enfance. Rien à voir avec un Loft Story pour mini candidats. Il s’agit bien d’un documentaire destiné à comprendre le comportement des piou-piou notamment grâce à de petits tests comme celui du chamallow. En petit groupe, l’animatrice donne un chamallow à chaque enfant et leur dit : je vais m’absenter. Quand je reviens, si vous n’avez pas mangé votre bonbon, je vous en donne un deuxième. Il y a ceux qui tentent la diversion pour résister, il y a Yasmine qui craque au bout de 10 minutes, il y a ceux qui mangent presque tout...

Ça peut paraître anecdotique comme test. Mais pas du tout. Avec ce documentaire d’Antoine Baldassari, on comprend surtout ce qui se joue à cet âge, l’importance des interactions, de leur comportement en groupe. C’est quoi être amoureux, comment on gère le conflit… Vous allez tout savoir et sourire en découvrant leurs réflexions.