Faut-il avoir peur du Ceta ?

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Le kiosque de Thomas Sotto est une chronique de l'émission Europe matin
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Sophie Larmoyer, Eva Roque et Marguerite Lefebvre font le point sur l'actualité du jour.

La presse nationale pour commencer.

Notre œil est immédiatement attiré ce matin par une vache en Une de Libération.

Une énorme tête de vache en gros plan qui vous regarde droit dans les yeux. Premier réflexe : vous souriez ! Elle a l'air sympa cette vache, et puis vous regardez de plus près. Elle a le drapeau du Canada tatoué sur le front et vous lisez le titre : Faut-il avoir peur du Ceta?
Le parlement européen a approuvé hier le traité de libre-échange entre l'Europe et le Canada avec la baisse massive des droits de douanes. Bruxelles pense que ça devrait accroitre de 25% les échanges commerciaux entre les deux camps. Mais le FN , les écologistes et Jean-Luc Mélenchon sont vent debout.

"Pour elle, tout va bien", c'est le titre à la Une du Parisien ce matin.

Elle, c'est Marine Le Pen. "Tout semble glisser sur elle", dit le journal. Les affaires qui entourent le FN n'ont aucun impact sur les sondages, Marine Le Pen est en forme. En revanche, un conseil pour Benoit Hamon ce matin : n'ouvrez pas les journaux. Vous avez une succession d'articles pour expliquer combien sa campagne tourne à la galère. Campagne poussive, pour le Parisien. Hamon, le malaise s'installe, titre l'Opinion avec une photo grimaçante du candidat socialiste. Confidence d'un ministre : "je suis à peu près opposé à tout ce qu'il dit."

L'Équipe ne s'est toujours pas remis ce matin de la victoire 4-0 du PSG contre le Barça avant hier.

"Les secrets d'un récital", titre le journal qui y consacre encore six pages aujourd'hui.

Le Figaro, lui, s'inquiète de la hausse des taux d'intérêt : la France dans le piège de la dette.

Revenons à l'Opinion qui publie ce matin les bonnes feuilles du livre de Bruno Fuligny, Histoire amusée des promesses électorales.

Vous avez un recueil de 150 ans de promesses électorales farfelues comme "le droit à la barbe pour les femmes", c'est ce que proposait un candidat aux législatives en 1910.
"Avoir le droit de dormir un quart d'heure après le déjeuner" ou "Une pension pour la veuve du soldat inconnu".
Et puis une dernière que j'aime beaucoup : "Suppression des mois de décembre, janvier et février. Jamais d'hiver", ça date de 1920.


Sophie Larmoyer pour la presse internationale

La presse israélienne met à la Une la visite du Premier ministre Netanyahu à Washington et les premières déclarations de Donald Trump sur le conflit israélo-palestinien, notamment la distance que prend le président américain avec la solution "à deux États".

Oui, ce qui est une rupture dans la politique américaine au Proche-Orient. Alors la presse israélienne laisse les politiques commenter ce virage : "La droite israélienne en extase devant les déclarations de Trump", titre le Jerusalem Post dans l’un de ses articles. Le quotidien cite Naftali Benett, le chef de la droite nationaliste religieuse : "C’est la fin d’une ère, le drapeau palestinien est descendu et a été remplacé par le drapeau israélien". La droite crie victoire, note le journal, et "se concentre sur ce qu’elle a vu de plus positif en ignorant l’appel de Trump à faire preuve de retenue sur les constructions de colonies en Cisjordanie".

Qu’en dit la partie de la classe politique qui ne fait pas partie de la coalition de gouvernement ?

Le Jerusalem Post cite une députée de la coalition de centre-gauche, Union sioniste, qui estime que "c’est l’extrême-droite qui a gagné et l’État d’Israël qui a perdu". Car la solution d’un seul état binational, où devraient donc cohabiter Israéliens et Palestiniens, ce n’est pas dans l’intérêt d’Israël, estime l’opposition.
La gauche laïque du parti Meretz va plus loin, citée par le Times of Israël, sa responsable estime que "peu importe ce que dit Trump, la seule solution reste de mettre fin à l’occupation pour qu’Israël reste juif et démocratique". Et elle avertit que "toute autre solution, c’est à dire "un seul État", garantirait que nous deviendrions un État d’apartheid".

Pour finir, ce billet d’humeur du quotidien de gauche Haaretz, pas très optimiste lui non plus.

Ce petit article est titré "le sommet atteint par Netanyahu avec Trump prédit une inévitable chute". L’éditorialiste remarque que Trump "ne s’est pas contenté de retirer le soutien américain à la solution à deux États. Il a même évité de prendre la moindre position, préférant une sorte de formule nihiliste : un État, deux États, peu importe, je m’en fiche". Sa conclusion : "c’était une nuit mémorable pour les messianiques, les "annexationistes", les partisans du Hamas et ceux d’un Israël non juif et non démocratique. Quant aux leader palestiniens, termine-t-il, Netanyahu et Trump leur ont donné de bonnes raisons de se sentir abandonnés, comme orphelins".


Eva Roque pour le programme télé

Héroïnes à 20h55 sur Arte.

C’est une nouvelle mini-série en trois épisodes qui débute sur un parking d’une ville de banlieue, avec un strip-tease de plusieurs femmes façon Full Monty. Elles sont au chômage et tentent une reconversion dans le catch pour gagner quelques euros et nourrir leur famille.
Vous allez découvrir Agathe, femme de ménage dont le seul rêve est de faire venir sa fille du Mali.
Nathalie, qui rêve de créer sa collection de lingerie.
Selma, enceinte de son troisième enfant, d’origine musulmane qui a choisi de faire campagne pour le Parti National.
Et Céline, la plus tranquille dans son pavillon. Sauf que son mari est dans le coma après un accident de voiture. Elle découvre qu’il est au chômage depuis trois ans et criblé de dette. Donc il faut qu’elle trouve un travail et elle se verrait bien catcheuse. Les copines optent pour secrétaire et lui inventent un CV.

On voit rarement une comédie sociale de la sorte à la télé française. Entre deux sourires, le destin de ces femmes émeut.
Cela ressemble surtout à une photographie très juste de la société française aujourd’hui, en cette période électorale.
Une série aux allures de film à la Ken Loach réalisée par une femme, Audrey Estrougo. Caméra à l’épaule, ça tangue un peu, mais on s’y habitue.
C’est extrêmement bien écrit et surtout magistralement interprété par Romane Bohringer, Marie Denarnaud, Naidra Ayadi et Marie-Sohna Condé.
Elles ont d’ailleurs été toutes les quatre récompensés pour cette série lors du Festival de Luchon il y a 15 jours.


Marguerite Lefebvre pour la presse quotidienne régionale

Trois Unes dans la presse quotidienne régionale

Et cette question à la Une de la Voix du Nord, Salah Abdeslam s'entrainait-t-il dans la région ? Il aurait séjourné dans le Dunkerquois. Le seul rescapé des commandos du 13 novembre se serait entrainé à tirer à la kalachnikov dans une forêt de Bergues. Il reste toujours muet devant les juges.
Paris Normandie revient ce matin sur les incidents qui ont éclaté hier soir à Rouen. "La manif dégénère", titre le quotidien. 21 interpellations ont eu lieu dans la soirée, en marge d'une action de soutien à Théo.
Et puis on pensait cette mode un peu passée, et bien non ! Les Pokémon Go reviennent en force à Lyon. C'est à lire dans le Progrès. 80 nouveaux pokémon seront dévoilés dans la capitale des Gaules après-demain. C'est le lancement de la deuxième génération de petits monstres, un événement qui devrait de nouveau créer quelques attroupements.

L'histoire du jour nous emmène à Montbrison et elle est à lire dans les pages du Progrès.

C'est une décision étonnante de la mairie de Montbrison dans la Loire. Les élus constatent année après année, un absentéisme croissant de la part des agents. Aujourd'hui, dans cette mairie de 200 employés, il y a, en permanence, chaque jour de l'année, l'équivalent de 10 agents absents.
Un chiffre, trop important aux yeux du Maire qui a décidé de réagir. Il va mettre en place une prime de présentéisme tous les mois pour les employés qui viennent travailler. Pour l'adjoint en charge du personnel c'est "une forme d'encouragement qui prend en compte l'implication des agents". 40.000 euros ont déjà été budgétés pour 2017. Les premiers versements devraient commencer le mois prochain.
Évidemment, cela va sans dire.. Si sur plusieurs mois dans l'année il y a des absence la prime ne sera pas versée.