Emmanuel Macron contre Marine Le Pen : la bataille a bien eu lieu !

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Le kiosque de Thomas Sotto est une chronique de l'émission Europe matin
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Sophie Larmoyer, Eva Roque et Marion Calais font le point sur l'actualité du jour.

La presse nationale pour commencer.

En guise de débat, vos journaux ont surtout vu un match de boxe hier soir. Du coup, la plupart reprennent un vocabulaire que ne renierait pas L'Équipe !

Par exemple, "Coup pour coup" en une de 20 Minutes.

"Macron tient le choc et s'impose face à Le Pen" titre Le Figaro.
À l'issue d'un débat "qui a viré, écrit le journal, au pugilat".

"La bataille a bien eu lieu" constate CNewsMatin.

"Jamais un débat n'avait été aussi vif" note également Aujourd’hui en France.

Pour qui c'était" le fond contre la forme". "Il n'y eut même pas une seconde de courtoisie ou tout simplement de politesse". D'entrée de jeu, "Marine Le Pen a ouvert les hostilités, attrapant son adversaire par le colback. Emmanuel Macron répondant avec la même hargne".

Libération cogne, à son tour, avec ce titre : "Basse du front".

"D'agressions en invectives démagogiques, la candidate d'extrême droite aura plombé l'échange, obligeant souvent Emmanuel Macron à rester sur la défensive".

Du coup, en jetant un œil à L'Équipe, "Une classe d'écart", on pourrait penser que le quotidien sportif nous parle lui aussi du débat.

Mais non, c'est bien de l'autre match de la soirée qu'il s'agit. Celui perdu par Monaco deux à zéro face à la Juventus de Turin en ligue des champions.

De la politique, vous en trouverez encore en Une de La Croix : "Les catholiques face au vote".

Mais également de L'Opinion qui titre "Front anti-FN en miettes, ça craque de partout".

Et se désole de voir "Les économistes qui s'étripent, les partis qui se divisent, les intellectuels qui délirent, l'Église catholique qui s'empêtre, les syndicats qui esquivent. Des fractures qui seront difficiles à réduire".


Sophie Larmoyer pour la presse internationale

Un coup d’œil ce matin à la presse italienne, qui s’émeut du sort réservé à Sulley Muntari, joueur ghanéen de Pescara, en Italie. C’est en quelques sortes la double peine pour lui !

Résumé des épisodes précédents, pour ceux qui ne suivent pas le championnat italien chaque semaine.
C’était dimanche : match entre Pescara, donc, et Cagliari, deux équipes de Série A. Sulley Muntari est alors la cible de cris racistes venus des tribunes de Cagliari. Il essaye de parler aux supporters, donne même son maillot à un enfant dans le groupe mais ça continue. Le milieu de terrain demande à l’arbitre d’intervenir et devant ses protestations, l’arbitre lui adresse un carton jaune. Muntari espérait plutôt de l’aide, une interruption de jeu, par exemple, pour couper court aux insultes. Finalement le joueur quitte le terrain, en disant "stop", "basta" et en montrant son bras aux supporters "c’est ma couleur", dit-il. Et devant son départ, l’arbitre lui inflige un second carton jaune !

Pour couronner le tout, il a été à nouveau sanctionné par l’instance disciplinaire de la Ligue italienne mardi soir, avant-hier !

Un match de suspension pour "comportement non réglementaire". Et rien pour le club de Cagliari dont les supporters ont créé l’incident parce que, estiment le juge du sport, ils étaient très peu nombreux, une dizaine.
Les journaux italiens s’en émeuvent : "Les racistes s’en tirent, la victime du racisme non", titre La Repubblica. "Après les buuuuu des tribunes, c’est le football qui le disqualifie", souligne La Stampa. "Même l’ONU se range aux côté de Muntari", allusion au commissaire aux Droits de l’Homme, qui en début de semaine a cité la réaction du joueur ghanéen comme "un exemple de lutte contre le racisme".

Cette lutte contre le racisme, c’est une préoccupation dans le foot italien ?

C’est vrai mais après ça, "Que dire aux Italiens qui portent des t-shirts "stop au racisme" et qui organisent des séminaires dans les écoles en utilisant l’image de Mohamed Ali ?", interroge la Gazetta dello Sport. Dans cette affaire, le règlement a été respecté à la lettre, mais "il manque une clause de bon sens", estime le quotidien sportif. Ce bon sens qui "ne sert qu’à adoucir les réprimandes contre les supporters violents", selon La Repubblica. Pas très optimiste, le quotidien de gauche, qui dénonce le "paradoxe d’un système qui depuis longtemps a abaissé la garde dans la lutte contre les discriminations".


Eva Roque pour le programme télé

Complément d’enquête présenté par le petit Nicolas Poincaré à 23h05 sur France 2.

Parmi les sujets du soir, vous allez découvrir le portrait d’un jeune homme de 26 ans, Jérôme Jarre qui en mars dernier, postait un appel sur Twitter.

Jérôme Jarre compte un million d’abonnés sur le réseau social. Résultat ? En huit jours, il récolte deux millions de dollars pour la Somalie, part sur place pour s’assurer que les tonnes de nourriture sont bien distribuées avec l’aide d’une ONG américaine.
Et voilà comment ce garçon, star des réseaux sociaux qui s’est fait connaître notamment aux États-Unis avec des petites vidéos drôles et bienveillantes, devient un humanitaire 2.0.

Un jeune homme qui a gagné beaucoup d’argent en faisant de la publicité sur Internet pour des marques et qui, il y a quelque temps, a tout à coup disparu des radars.
Dom Hoffman, le patron de Vine, réseau social de vidéo, raconte ce qui s’est passé.

Depuis donc, Jérôme Jarre devient une sorte de parole de la jeunesse qui utilise les réseaux pour faire preuve de solidarité.
Du côté des associations humanitaires, beaucoup applaudissent la volonté du jeune homme mais Jean-François Riffaud d’Action contre la faim, qui a donné pour la collecte de Jérôme Jarre, tient à faire une précision.
Malgré ces réserves que l’on parfaitement, il faut reconnaître que ce garçon est touchant.
On pense voir le portrait d’un jeune youtubeur, un peu bling-bling et roi du buzz, on découvre un garçon doté d’une bienveillance communicative. Ça fait du bien !


Marion Calais pour la presse quotidienne régionale

Trois Unes dans la presse quotidienne régionale

C'est un autre genre de métaphore que l'Union a choisi pour revenir sur le débat. Métaphore domestique disons pour ce face à face de l'entre-deux tours qualifié de "Scène de ménage".
Une vieille affaire qui ressurgit à la Une de la Voix du Nord, celle des noyés de la Deule. Cinq hommes retrouvés morts noyés en 2010 et 2011 dans cette rivière qui traverse Lille. Jusque-là, la justice avait conclu à des accidents sur fond de soirées arrosées. Mais la piste criminelle est désormais privilégiée. Trois suspects ont été mis en examen, dont une figure locale de l'ultra droite.
Le rêve s'éloigne. Et Monaco Matin rebaptiste le club du Rocher après la défaite contre la Juventus Turin. C'est désormais : MonaKO !

L'histoire du jour nous ramène à l'élection mais avec un regard scientifique.

Qu'est-ce qui détermine le choix des électeurs ? C'est à cette question que s'intéresse ce matin Presse Océan avec plusieurs spécialistes. D'abord, un neurologue du CHU de Nantes pour qui l'émotion joue souvent plus que la raison. Gestuelle, intonation de la voix du candidat ou même sa façon de s'habiller. En gros, on fera plus confiance à quelqu'un qui nous ressemble. Avec même cette comparaison étonnante du spécialiste : "quand je vois un serpent, je m'immobilise par réflexe alors que je n'ai pas encore pris conscience du danger. Eh bien, dans une élection, assure-t-il, c'est similaire". Le réflexe est mécanique bien plus que rationnel.
Et Presse Océan donne aussi la parole à une chercheuse de Nantes qui travaille sur l'influence des réseaux sociaux dans la campagne. Aussi essentiels que limités apparemment : à peine un français sur cinq dit recevoir ses infos politiques via Facebook et à peine 5% par Twitter.