Électoralisme à très grande vitesse

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Le kiosque de Thomas Sotto est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Axel de Tarlé, Xavier Yvon, Eva Roque et Marion Calais font le point sur l'actualité du jour.

La presse nationale pour commencer.

Les TGV commandés par l'État pour sauver Alstom sont partout ce matin !

"Électoralisme à très grande vitesse" titre Le Figaro.

Les Échos font leur Une sur "le bricolage de l'État qui suscite un tollé"

L'Humanité fustige "un sauvetage express, sans stratégie industrielle gouvernementale".

Libération essaye de regarder "au-delà" d'Alstom et s'interroge : "Peut-on sauver nos usines ?". Conclusion : "les usines bougent encore". Un rapport montre que la France cesse de perdre ses sites de production après sept ans de fort délitement. Une bonne nouvelle à relativiser, toutefois car "le secteur est peu fournisseur d'emplois".

Mais la palme, c'est pour Le Canard Enchaîné : "il commande 15 rames de TGV pour rouler à petite vitesse : "François Hollande, chef de gag" !

Les autres quotidiens nationaux ont choisi de se tourner vers l'international.

Ainsi vous retrouverez un Vladimir Poutine et un Barack Obama, qui n'ont vraiment pas l'air de s'apprécier beaucoup, en Une de Direct matin : "Comme un parfum de guerre froide".

Diagnostic partagé par Le Monde, plus atterré que jamais par la situation en Syrie.

Autre déclinaison d'un même problème avec 20 Minutes qui s'intéresse, en Une "aux petites sœurs du jihad". Le journal a recueilli le témoignage d'une mère dont la fille est partie en Syrie. Il fait écho au film Le ciel attendra qui sort aujourd’hui.

"Comment lutter contre la radicalisation" s'inquiète aussi La Croix.


Axel de Tarlé pour l'économie

"L'industrie du luxe n'est plus à la fête", c’est à lire dans Le Monde.

Alors que la Fashion Week se termine demain, on peut déjà parler de "la fin de l'âge d'or" pour le luxe.
La croissance du marché du luxe est négative. On peut le constater pour des marques comme Bottega Veneta ou Cartier.

Il y a plusieurs raisons à ça :

Personne pour succéder à la Chine.

L’industrie du luxe qui a été portée par le Japon dans les années 70 et 80, puis les Russes et les Chinois. Depuis la Chine, aucun pays n’a pris la succession. La marché du luxe est saturée et il n’y a plus de possibilité d’ouvrir de nouvelles boutiques notamment à cause du discours anti-corruption

La génération Ikea.

Les moins de 40 ans se sont mis aux produits jetables. Désormais, on n’achète plus un sac en se disant qu’on le gardera toute sa vie.
Dès lors qu'on n’a plus le culte de l'objet "unique et éternel", l’achat de produit d’occasion est totalement assumé.
On privilégie désormais l’achat malin que l'on va dénicher sur Internet et que l'on revendra sur Internet.

L’autre aspect qui est la conséquence de cette perte de substance de l'objet.

Pour la nouvelle génération, l’expérience est plus importante que l'acquisition. Plutôt que qu'acheter un énième sac, bien qu’il soit en vogue, on préférera "Un Week-end dans le périgord pour une expérience de chasse aux Truffes"

La France reste néanmoins leader dans le domaine avec les vêtements, la maroquinerie, les parfums, l’optique, l’horlogerie et la joaillerie. Le secteur de la mode représente un chiffre d’affaire de 50 milliards d'euros soit plus que l’aéronautique à 100 milliards ou que l’automobile à 39 milliards.


Eva Roque pour le programme télé

Les grandes heures de l’automobile française à 20h50 sur RMC Découvertes.

Il fallait oser retracer plus de 140 ans d’histoire, de la première voiture à vapeur en 1873 baptisée l’Obéissante à la voiture connectée de nos jours.
Pari réussi avec ce documentaire retraçant l’aventure de l’industrie automobile à base d’archives étonnantes, de publicités et d’anecdotes racontées par des historiens.

À ce jeu-là, on se passionne pour le destin d’André Citroën, un génie du marketing.
En 1925, il eut l’idée géniale d’installer une immense enseigne lumineuse à son nom sur la Tour Eiffel qui s’embrasa comme un feu d’artifice.
Comment parler de Citroën sans parler de la 2 CV. Vous allez peut-être découvrir que ce modèle fut initialement construit dans les années 30 avec un cahier des charges très précis.

Ce documentaire regorge de petites histoires comme cela, mais évoque aussi le processus d’industrialisation au cours du XXème siècle, les faillites, les succès des marques françaises.
Le tout ponctué par des témoignages de mécaniciens qui prennent soin des modèles les plus anciens avec la même attention que des restaurateurs d’œuvres d’art.

Deux heures passionnantes, avec quelques petites longueurs, mais on se laisse prendre par le récit de cette révolution technologique.


Marion Calais pour la presse quotidienne régionale

Trois Unes dans la presse quotidienne régionale.

500 emplois en vue près d'Amiens, Amazon débarque se réjouit le Courrier Picard. Le géant américain va implanter d'ici l'an prochain un gigantesque centre de distribution.
Gros travaux aux abords de la prison de Sequedin. Selon Nord Eclair, des douves sont en train d'être creusées pour éviter que des colis ne soient envoyés aux détenus par-dessus les grilles.
Dans le Progrès, la mode du bio appliquée aux stupéfiants. Des plants de cannabis naturels ont ainsi été débusqués dans un village de l'Isère. Cette herbe bio, sans coupage, est vendue une fois et demi plus cher que la résine venue du Maroc.

L'histoire du jour c'est "splendeur et misère de la police", dans les commissariats de l'Essonne.

Ici, une porte qu'il faut bloquer avec un manche à balai ou un parking sécurisé avec de simples barrières. Là, une chaine de vélo cadenassée pour fermer le portail d'entrée. Là encore, un portail tellement bloqué qu'un policier se fracture le pied en tentant de l'ouvrir. Le syndicat Alliance a fait le compte dans l'Essonne, les portes d'accès à six commissariats du département sont hors d'usage. En plein état d'urgence, et alors que les forces de l'ordre peuvent être des cibles, le constat a de quoi inquiéter. "nos collègues ne sont pas en sécurité" dit le syndicat. D'autant que dans certains commissariats, des réparations ont été demandées il y a déjà plusieurs mois. Des demandes transmises à la direction régionale qui doit aussi gérer les problèmes de vétusté de certains bâtiments comme des rats, des cafards ou des WC bouchés. "On est à la limite de l'insalubrité" se désole un policier dans le Parisien.


Xavier Yvon pour la campagne américaine

En direct de la campagne américaine avec le débat entre Mike Pence et Tim Kaine, les deux candidats à la vice-présidence de Trump et Clinton, qu’on ne connaît pas très bien.

C’est sûr qu’ils sont un peu écrasés par la personnalité de leur colistier. Ils le disent eux-mêmes d’ailleurs puisque Tim Kaine avoue qu’il est "boring" et Mike Pence que "personne ne le connait". Ils ont un peu le même profil, ce sont des politiciens expérimentés, l’un sénateur de Virginie et l’autre gouverneur de l’Indiana d’origine irlandaise, ce sont de fervents catholiques.
On n’a cependant pas appris grand-chose de plus sur eux, puisque que les deux phrases qu’on a le plus entendues c’était "Hillary et moi"et "Donald Trump et moi".

Y a-t-il un vainqueur ?

Il faut plutôt poser une autre question : à quoi sert le vice-président sur un ticket pour la Maison-Blanche ? À être complémentaire du candidat.

Tim Kaine a été choisi pour apporter à Hillary Clinton de la chaleur, de la convivialité et un coté proche du peuple. Ce soir, il n’a pas fait ça. Il a été juste un bon chien d'attaque contre Donald Trump.
Mike Pence lui c’est l’anti-Trump. Un Républicain classique, posé, sur des valeurs conservatrices. Son rôle c’est de rassurer son camp, la droite traditionnelle, offusquée par le style Trump. Ça Mike Pence l’a bien réussi avec son air martial, ses regards intenses et ses cheveux argentés où rien ne dépasse. Il y a des Républicains qui se sont dit ce soir que finalement, Trump à la Maison-Blanche c’est moins effrayant si Pence est dans le bureau d’à côté.

Donc sur la forme (plus important), Pence sort en vainqueur. Mais sur le fond, quand même, Tim Kaine a passé le débat à réciter la litanies des "Trumperies". Tim Kaine a rappelé que Donald Trump traite les mexicains de violeurs, qu’il insulte les femmes, qu’il dit qu’il connait mieux Daech que les généraux, etc.
À chaque fois, la même question répétée à son adversaire "comment pouvez-vous le défendre ?" à part en secouant la tête, Mike Pence n’a franchement répondu.