Comment François Fillon veut relancer sa campagne ?

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Le kiosque de Thomas Sotto est une chronique de l'émission Europe matin
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Sophie Larmoyer, Eva Roque et Marguerite Lefebvre font le point sur l'actualité du jour.

La presse nationale pour commencer.

Ce matin, il y a d'abord des Unes qui font mal.

"Enfants maltraités, briser la loi du silence" titre Aujourd’hui en France qui nous apprend que depuis le 1er janvier, "au moins sept enfants sont morts en France sous les coups de leurs parents".

Il y a aussi CNews Matin qui nous alerte sur "l'urgence de la famine" notamment en Afrique de l'Est.

Sinon, les jours se suivent et se ressemblent parfois beaucoup.

Ainsi va Le Figaro et sa Une en forme de "déjà-vu" : "Comment François Fillon veut relancer sa campagne".

Il y a aussi L'Opinion avec "Le PS dans l'enfer vert".
Sur le dessin de KAK, Benoît Hamon s'exaspère, dans les jardins de l'Élysée : "Certains camarades refusent de me soutenir". Réponse d'un François Hollande en peignoir, qui regarde ailleurs, occupé à jeter une baballe à son chien : "Oui, Benoit, ça s'appelle les frondeurs".

François Hollande qui se fait étriller en une de L'Humanité : "L'impasse guerrière du candidat Hollande".

Et puis il y a La croix avec sa Une surprenante.
La Croix qui titre "un Carême très politique" et fait entrer Dieu dans l'isoloir.
"Les chrétiens, qui entrent aujourd'hui dans le Carême sont invités par l'Église à profiter de cette période pour réfléchir aux enjeux de la présidentielle".

Bon, heureusement qu'il y a Bibi qui fait la une de l'Express.

Bibi, c'est Brigitte Macron, c’est comme cela que la surnomme son mari.
L'hebdo s'intéresse à "son rôle secret dans la campagne".
"À la fois discrète et omniprésente" : Elle "capte les demandes", "passe les messages", "organise des rencontres".
Une fois par semaine, elle participe même aux réunions d'agenda.
Brigitte Macron qui joue à la fois l'accompagnatrice, la répétitrice, la lectrice et la porteuse de message".
"Quand tu as quelque chose à dire à Emmanuel, passe par Brigitte" glisse un élu.
Bref, elle est "la part non négociable de son époux" ce qui en agace certains au sein d'En Marche.
Parfois, elle se laisse aller à quelques confidences : "Emmanuel adore les pains au chocolat !". Un peu groupie, aussi, elle trouve son mari "mieux que Clint Eastwood".
En fait, Bibi semble n'avoir qu'un seul problème : "son irréductible ennemi ! Le combat qu'elle a perdu d'avance c'est le temps qui passe". Celle qui a 24 ans de plus que son mari s'en amuse parfois : "Il faut qu'Emmanuel réussisse maintenant. Vous imaginez la tête que j'aurai en 2022 !".


Sophie Larmoyer pour la presse internationale

Un coup d’œil maintenant à la presse internationale avec une intervention télévisée sur la chaine conservatrice Fox News, aux États-Unis, qui a fait réagir à la fois la presse américaine et la presse suédoise.

On avait parlé ici du faux attentat en Suède inventé par Donald Trump il y a une dizaine de jours, très inspiré par un documentaire "vu sur Fox News". Cette fois, la chaine avait organisé un débat sur la politique migratoire du royaume nordique entre deux Suédois : une journaliste et un "conseiller en matière de défense et de sécurité nationale", un certain Nils Bildt qui liait criminalité et immigration et affirmait, en gros, qu’en Suède le débat était tronqué par la gauche.

Ce "Nils Bildt" présenté donc comme un conseiller officiel ?

Ce qui a évidemment fait réagir les médias suédois et américains car personne ne connait Nils Bildt ! Le New-York Times cite les officiels suédois : "On ne connait pas ce type", explique un porte-parole de l’armée. "Personne de ce nom", confirme les Affaires étrangères. "En fait, il pourrait même ne pas s’appeler Nils Bildt", écrit le quotidien. Son vrai nom c’est Nils Tolling, fils de l’ancien président de la Fédération suédoise d’équitation. Selon le quotidien suédois Aftonbladet, le monsieur a changé de nom en 2013, en prétendant être de la famille de l’ancien Premier ministre Carl Bildt. À l’époque, il essayait d’entrer en politique dans le parti d’extrême-droite suédois. Dernier élément pour achever de le discréditer : il n’habite plus en Suède depuis 1994. Apparemment, il a vécu au Japon et depuis quelques temps aux États-Unis où il a créé des sociétés de sécurité.

Comment expliquer qu’il se retrouve-t-il sur Fox News, comme "conseiller Défense et Sécurité nationale" ?

Il se défend en disant que c’est la chaine qui lui a attribué ce titre, lui-même se présente comme "conseiller indépendant". Fox News a reconnu qu’ils s’étaient un peu emballés sur le CV du Suédois. Par ailleurs, "la criminalité est un sujet sur lequel il connait une ou deux choses", s’amuse le New York Times : Nils ou quelque-soit-son-nom a été condamné en 2014 pour l’agression d’un policier.
En tous cas, cette histoire a fait le bonheur des internautes ces derniers jours. Avec par exemple, l’un de ces tweets moqueurs : "Chaos à la cérémonie des Oscars. Tout à fait dommage, mais des choses qui arrivent, commente l’expert et critique de cinéma Nils Bildt".


Eva Roque pour le programme télé

Mon frère bien aimé à 20h55 sur France 2.

Il s’agit d’un drame psychologique avec deux acteurs remarquables : Olivier Marchal et Michael Youn.
Ce dernier joue le rôle de Mathias, notable de Saint-Nazaire. Richissime, il est marié, père de famille et il multiplie les conquêtes féminines au grand dam de son frère aîné, Etienne, qui en marre de le couvrir.
Et ça tourne mal puisque Mathias va tuer sa maîtresse dans la maison de son frère avant de l’appeler au secours.

Il n’y a pas de mystère autour de l’auteur de ce meurtre mais il y en a en revanche sur les circonstances, et les personnages secondaires.
Et puis, surtout l’histoire repose sur une question : seriez-vous prêt à cacher un cadavre pour aider votre frère, et plus généralement un proche que l’on aime ?

Un téléfilm qui, malgré la lenteur du récit, mérite l’attention pour la tension psychologique et pour ce duo d’acteurs. Olivier Marchal dans la gravité, on est habitué et il est formidable. La surprise vient de Michael Youn en personnage cynique, détestable et parfois touchant. Et il excelle dans l’exercice.

À réécouter sur le site de Europe 1, De quoi j’ai l’air avec Nikos et Michael Youn


Marguerite Lefebvre pour la presse quotidienne régionale

Trois Unes dans la presse quotidienne régionale

En contact avec des terroristes, c'est la Une du Courrier Picard qui revient ce matin sur l'arrestation d'une jeune fille de 18 ans hier à Creil dans l'Oise. Elle était en lien avec des personnes impliquées dans des filières djihadistes. Cette jeune fille a été placée en garde à vue.

Une crainte dans la Voix du Nord. Menace sur l'emploi titre le quotidien. Le géant de la grande distribution Auchan emploie 13.000 salariés dans le Nord Pas de Calais. Un plan doit être annoncé demain par la direction.

Et puis une victoire à la Une de l'Est républicain. Bure = victoire antinucléaire. Le tribunal administratif de Nancy a annulé hier la cession d'un terrain à l'agence de gestion des déchets radioactifs. L'enfouissement de ces déchets ne pourra pas se faire sur le site de Bure. C'est une victoire pour les militants anti-nucléaires.

Sinon ce matin, il y a un sénateur étonnant.

C'est le sénateur-maire de Castelnau-le-Lez dans l'Hérault. En ce moment, comme des milliers d'élus, il peut choisir de parrainer un candidat à la présidentielle.

Midi Libre nous explique que Jean-Pierre Grand a fait son choix. Cet élu Les Républicains, vient d'envoyer au Conseil Constitutionnel son formulaire de parrainage. Il a décidé de soutenir officiellement Alain Juppé ! C'est très sérieux, le sénateur se défend, pour lui " Il y a une incertitude sur la candidature de François Fillon à cause des affaires". Il faut être prévoyant, penser à la suite pour ne pas se retrouver sans candidat de droite le 23 avril prochain.

Jean-Pierre Grand qui invite les élus de droite à faire la même chose. Il espère 500 parrainages pour Alain Juppé. Les élus ont jusqu'à 17 mars pour envoyer leurs signatures au conseil constitutionnel.