50 nuances de Fillon à la Une

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Le kiosque de Thomas Sotto est une chronique de l'émission Europe matin
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Sophie Larmoyer, Eva Roque et Marguerite Lefebvre font le point sur l'actualité du jour.

La presse nationale pour commencer.

Ce matin, la presse, c'est "50 nuances de Fillon".

" Le forcené de la Sarthe", c'est la Une de Libération.
"Jusqu'où descendra-t-on dans l'indignité ?" s'interroge Laurent Joffrin. "Comme un noyé qui se débat en panique, François Fillon entraine les autres vers le fond".

Nuance beaucoup plus douce en Une du Figaro : "L'appel au peuple".

Entre les deux, il y a CNews Matin : "François Fillon jusqu'au bout".

La Croix: "François Fillon accuse la justice".

"Fillon déterminé, la droite en plein doute" en Une des Échos.

"Fillon dénonce un assassinat politique", c'est la Une du Monde.

"Chez Fillon, les portes claquent" écrit Aujourd’hui en France.

"Fillon joue la défense en carton" dans 20 Minutes.

Ou encore "François Fillon prend en otage la présidentielle" en Une de L'Humanité.

Quand L'Équipe titre "Une coupe trop pleine", en revanche, le journal ne parle pas François Fillon mais bien de l'OM, sorti de la coupe de France.

François Fillon, qui sera en meeting à Nimes tout à l'heure, a accordé une interview au Midi Libre.

Question : "Avez-vous pensé, mercredi matin, à abandonner l'Élysée ?" Réponse : "Abandonner une course, pour un pilote, ce n'est pas naturel". Il réagit aussi au lâchage de certains de ses ex soutiens (on pense bien sûr à Bruno Le Maire, notamment): "Je regrette que certains aient préféré arrêter le combat. Mais cela n'entame pas ma détermination".

Aujourd’hui en France est un des rares journaux à ne pas mettre le sujet en Une.

Et pour cause, le quotidien a décroché une interview d'Emmanuel Macron.
"Macron nous dit tout". Et ça inspire le dessinateur maison, Ranson. "Je ne me retire pas" dit François Fillon. "J'ai un programme", enchaine Emmanuel Macron. "Cette campagne est vraiment pleine de rebondissements" se disent alors deux passants.

C'est dans le même journal que vous trouverez ce papier au titre étonnant : "N'achetez pas votre jambon beurre à Montbéliard".

Pourquoi ? Parce que c''est là-bas qu'il est le plus cher de France à 3,53 euros. Ce n'est pas terrible non plus à Paris avec un prix de 3,48 euros. Le prix moyen, c'est 2.93 ! Et la ville la plus "jambon-beurre friendly", c'est Rennes où il coûte 2,43 euros.
Le problème c'est que si vous êtes à Montbéliard et qu'il vous faut aller à Rennes pour acheter votre sandwich, le cout de transport ne va-t-il pas renchérir quelque peu l'addition ?


Sophie larmoyer pour la presse internationale

On regard ensemble ce matin la presse irlandaise, et plus généralement anglo-saxonne, qui évoque les effets possibles du Brexit sur la frontière entre le nord et le sud.

Ce sont les élections qui ont lieu aujourd’hui en Irlande du Nord qui donnent l’occasion à la presse d’évoquer la grosse inquiétude des Irlandais. Est-ce que le "Brexit dur" qui se dessine va rétablir les contrôles aux frontières ? Car alors ce serait là, sur cette ligne entre le nord et le sud, devenue invisible depuis les Accords du Vendredi Saint en 1998. Il y a quelques jours le Irish Central rendait compte d’une manif sur l’une des 300 routes frontalières : des Irlandais ont reconstitué un poste frontière, se sont déguisés en douaniers et ont faire mine d’arrêter, pour les contrôler, des camions de transport de moutons, des tracteurs. Bref, ils ont créé un énorme bouchon : "Nous sommes vraiment dans l’œil du cyclone du Brexit" explique un militant au quotidien, "et on ne veut plus jamais connaitre ce qu’on a vécu avant".

Parce qu’il est vraiment question de remettre une frontière en dur, des postes frontière ?

La question se pose, réellement. Mi-février le quotidien Irish Examiner révélait même que le gouvernement de la République d’Irlande s’y préparait, envoyant des fonctionnaires pour repérer les éventuels sites des futurs postes de douane. Et c’est un ancien secrétaire d’État britannique chargé du dossier nord –irlandais, Peter Hain, qui met en garde dans le Guardian : "la paix dépend de la frontière ouverte en Irlande". Il rappelle que 35.000 personnes passent chaque jour sur ces presque 500 kilomètres de frontière invisible.

Il y a même des fermes et des prés qui sont à cheval sur les deux côtés.

Absolument ! Les deux économies sont intégrées. On se soigne d’un côté, on va à l’école de l’autre. S’il n’y a pas d’union politique entre les deux Irlandes, "elles se sont unies de fait dans la vie de tous les jours", écrit Peter Hain, qui rappelle que cet équilibre, trouvé il y a à peine 10 ans, est très délicat. Même tonalité dans un édito du New York Times cette semaine : Son auteur qui signe de Belfast, nous rappelle que près de 56% des nord-Irlandais ont voté pour rester dans l’Europe. Et la fragile coalition gouvernementale s’est divisée sur ce vote du Brexit, les relations se sont détériorées depuis entre les Unionistes et les républicains du Sinn Fein, au point que certains doutent qu’il puisse retravailler ensemble après le scrutin d’aujourd’hui.
Effet collatéral, où comment le Brexit risque de déstabiliser ce fragile équilibre trouvé il y a presque 10 ans en Irlande.


Eva Roque pour le programme télé

Jean-Jacques Goldman, de Coluche à Céline Dion à 21 heures sur C8.

Il s’agit d’un documentaire sur Jean-Jacques Goldman écrit par Laurent Boyer. Évidemment, on le regarde en scrutant la moindre pépite comme cette archive avec sa maman.
Pas question de retracer de façon biographique et linéaire le parcours de Jean-Jacques Goldman. Laurent Boyer s’attache à raconter sa façon de travailler avec les artistes et le fidèle Michael Jones le raconte d’ailleurs très bien.
Évidemment sa collaboration avec Céline Dion est largement évoquée avec des séances de répétitions que je ne connaissais pas. Ensemble ils construisent notamment S’il suffisait d’aimer.
Faiseur de chanson (song makers en anglais) il affiche aussi sur son cv les noms de Johnny, Patricia Kaas, Florent Pagny, mais aussi Ray Charles.

À la fin du documentaire élogieux évidemment, rythmé par ses tubes et les témoignages des artistes qui ont travaillé avec lui, un mot le caractérise : l’humilité. L’humilité d’un homme adoré par le public malgré son absence.


Marguerite Lefebvre pour la presse quotidienne régionale

Trois Unes dans la presse quotidienne régionale.

L'affaire Troadec rebondit à Brest, c'est la Une du Télégramme ce matin. Le pantalon et la carte Vitale de la jeune Charlotte Troadec ont été retrouvés à Dirinon dans le Finistère, c’est à près de 300 kilomètres du domicile familial.
Nice Matin a fait le choix de revenir sur une mesure désormais obligatoire pour les policiers. "Ça tourne" le titre du quotidien. Les policiers sont aujourd'hui équipés d'une petite caméra fixée sur leur torse. Dans certains secteurs des Alpes Maritimes ils sont obligés de déclencher l'enregistrement lors des contrôles d'identité.
Et puis, c'est la panne ! Dans les Alpes, aux Contamines, une panne d'électricité a paralysé toute la station hier après-midi. C'est à la Une du Dauphiné Libéré. Principales victimes, les 180 skieurs qui se trouvaient dans les télécabines et qu'il a fallu hélitreuiller. L'évacuation a pris plusieurs heures.

L'histoire du jour est un scandale !

Un scandale pour certains ou une grosse plaisanterie pour d'autres. En tout cas c'est à lire dans Ouest France qui a repéré sur Facebook plusieurs évènements insolites comme un combat de charriots de supermarché ou un concours de gobage de plaquette de beurre par exemple.
Mais celui qui a intéressé Ouest France, c'est un lancer de disques de Michel Sardou ! Et cela cartonne sur Facebook, plus de 4.000 internautes se sont déjà dits intéressés.
Alors pourquoi Michel Sardou ? Parce que ces disques remplissent les vide-greniers expliquent les organisateurs, et parce que son titre "Je vole" nous a semblé parfaitement adéquat.
Alors ce n'est sans doute qu'une plaisanterie, pour le vérifier il faut aller à La Roche sur Yon le 5 avril prochain. C'est là que doit se dérouler cet improbable défi.