Prière des femmes au Mur des Lamentations, nouvelle fiscalité pour l'assurance-vie, "Bankerot", nouvelle série danoise : le kiosque d'Europe 1

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Les experts d'Europe 1 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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International, économie, télévision... François Clémenceau, Emmanuel Duteil et Eva Roque livrent leur point de vue du jour.

>> International : Netanyahou et le droit des femmes juives au pied du Mur

La Cour Suprême de l'État d’Israël va se réunir aujourd'hui pour étudier à nouveau le dossier très sensible du droit des femmes juives à prier avec les hommes devant le Mur des Lamentations. C’est une affaire religieuse, mais aussi très politique. 

Elle l’est d’autant plus que la Cour s’est déjà prononcé sur ce cas, notamment en avril  dernier, en faveur de l’association Les Femmes du Mur qui réclame ni plus ni moins le droit de prier en même temps que les hommes devant le Mur des Lamentations, ce que leur conteste le grand Rabbin d'Israël, à la tête du courant orthodoxe majoritaire en Israël. Sauf que depuis, les ministres de la droite religieuse du gouvernement Netanyahou ont menacé de quitter la coalition qui est très fragile et le Premier ministre leur a cédé, le mois dernier, en gelant cette autorisation aux femmes de pouvoir aller prier devant le Mur.

Une décision qui n'a pas plu.

Il n'y a pas une semaine sans qu’il y ait des heurts entre ce groupe de femmes et les ultra-orthodoxes qui veulent leur bloquer l’accès ou même lorsque la police fouille ces femmes pour vérifier qu’elles n’ont pas caché sur elles des rouleaux de la Torah, ce qui leur est interdit par le Grand rabbinat. Lors d’une manifestation cet été, on a même entendu des fidèles juifs en colère comparer les femmes du Mur aux terroristes de Daech !

Cela en dit long sur le paradoxe de l’État d’Israël.

 C’est effectivement tout le défi d’être à la fois un État juif et une démocratie. Car le Mur des Lamentations n’est pas une synagogue appartenant à telle ou telle communauté de tel ou tel rabbin, mais le patrimoine de tous les juifs, hommes et femmes. Israël se flatte d’être en même temps une démocratie, la seule du Proche-Orient. De fait, ce sont des juges qui auront le dernier mot en se basant sur des lois et une constitution laïque qui donne aux hommes et aux femmes ont les mêmes droits.

Sauf qu’on a bien vu les limites de cette séparation des pouvoirs religieux et civils. Notamment pour éviter aux ultra-orthodoxes de faire leur service militaire ou en subventionnant largement sur fonds publics les écoles talmudiques. À chaque fois à l’issue d’un bras de fer gagné par les ultra-orthodoxes qui prennent en otage les coalitions de droite ou de gauche. Certes, ils sont issus d’un scrutin à la proportionnelle, le plus juste qui soit. Mais la démocratie ne se juge pas seulement à l’aune des élections, elle se mesure aussi à l’égalité des droits.  


>> Télé : "Bankerot", une série dans une cuisine danoise

Arte diffuse une nouvelle série venue tout droit du Danemark et c’est une réussite ! L'histoire de Dion qui sort à peine de prison et qui a quelques dettes à rembourser. Il décide de s’associer à son meilleur ami Thomas, jeune veuf, père d’un garçon de 9 ans pour créer un restaurant, leur restaurant gastronomique.

Bankerot, traduit en français par "Coup de feu en cuisine" est une série drôle et noire. Construite autour d’une galerie de personnages un peu foufous. Il n'y en a pas un pour rattraper l'autre. Thomas, c’est le perdant, le dépressif et le papa-poule. Niklas, son fils, s’est muré dans le silence depuis la mort de sa mère. Dion, c’est la petite frappe, le magouilleur.

Et autour d’eux gravitent des truands pas futés, un chef de la pègre baptisé "la petite souris", un grand-père autoritaire et amateur d’armes, Hannah rencontrée au groupe de parole des personnes qui ont perdu un proche et qui concrètement cherche à se caser…

Généralement les séries scandinaves sont des polars

C’est vrai mais là, il s’agit plutôt d’une comédie à l’humour noir. Les quiproquos s’enchaînent, les dialogues sont savoureux, la réalisation est magnifique et c’est extrêmement bien interprété. Dès le premier épisode, on s’attache à ces personnages loufoques, pas bien dans leurs baskets.

Pour ceux qui ont eu la chance de voir la série Fargo, adaptée du film des frères Coen, Bankerot est dans cette même lignée. Un coup de cœur donc pour ce coup de feu en cuisine à découvrir sur Arte à 20h55.