L'organisation des secours aux Etats-Unis après Katrina, le dossier William Saurin, le film La Piscine : le kiosque d'Europe 1

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Les experts d'Europe 1 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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International, économie, télévision... Didier François, Emmanuel Duteil et Eva Roque livrent leur point de vue du jour.

  

>> International : comment les Etats-Unis ont réorganisé leur système de secours face aux ouragans après Katrina ?

Souvenez-vous en 2005, ce cyclone, record en son temps, s'abat sur la Nouvelle-Orléans. Un œil de 40 kilomètres de circonférence, des rafales chronométrées à 280 km/h. On est un peu en dessous de ce qu'est aujourd'hui Irma mais enfin quand même, c'est du puissant. Et surtout, une bonne partie de la Louisiane est construite en-dessous du niveau de la mer, entre 4 et 6 mètres.

Donc si les digues lâchent, c'est la catastrophe. Et pourtant, malgré toutes les alertes lancées par les météorologues,  les autorités locales ne bougent pas. Ni le maire de la Nouvelle-Orléans ni le gouverneur de la Louisiane n'estiment utile de décréter une évacuation obligatoire. C'est incroyable mais ils ont peur de se faire poursuivre en justice par les hôteliers et les commerçants. Au niveau fédéral, on est à l'époque de George W. Bush. Lui non plus ne bouge pas. Résultat : c'est une catastrophe absolue, près de 2.000 tués, des dizaines de milliers de réfugiés totalement démunis et une crise politique majeure. 

Les Etats-Unis ont été obligé d'accepter l'aide internationale et passent pour un pays du "tiers monde" ? 

C'est exactement ça. Autant vous dire que tout a été fait pour que cette affaire ne se reproduise pas ; commission d'enquête du Sénat, du Congrès, réorganisation de l'administration centrale d'organisation des secours avec protocoles de coopération entre le niveau fédéral et les différents Etats. Si bien qu'on l'a vu lors de la tempête Harvey il y a 15 jours au Texas, la réponse des secours est immédiate. Et malgré des inondations exceptionnelles, le bilan humain a été contenu au-dessous des 50 morts.
Qu'a-t-il été prévu pour Irma ?

Comme pour Harvey, une coopération très en amont entre le gouvernement fédéral et la Floride. L'état d'urgence a été déclaré dès mardi ce qui a permis d'organiser pendant toute la semaine les évacuation obligatoires dans les zones les plus menacées avec l'aide de la Garde nationale mobilisée à hauteur de 7.000 hommes. Même Donald Trump a mis la main à la pâte, il envoyait encore des tweets dimanche pour prévenir les habitants que l'ouragan Irma "is no good" et qu'il fallait dégager de son passage.


>> Economie : l'évolution du dossier William Saurin

Une affaire rocambolesque. Je vous rappelle rapidement le contexte. En décembre dernier c'est le choc, on apprend que Monique Piffault, la patronne atypique du groupe William Saurin qui vient de mourir, a truqué les comptes. Il y a finalement des millions d'euros de perte. Le groupe qui a des marques aussi connues que William Saurin, Madrange, Paul Prédault ou Garbit est à deux doigts de s'effondrer. Il faut donc vendre les marques. L'état et les banques acceptent de prêter de l'argent : près de 70 millions d'euros.

Où en est-on ?

La situation est quand même largement meilleure. L'activité charcuterie avec notamment Madrange a été vendue. Tous les salariés ont été gardés. Idem pour les pâtes fraîches et aujourd'hui, le tribunal de commerce de Paris se penche sur le dossier plats cuisinés donc William Saurinet là aussi il y a une offre qui reprend tous les salariés et l'outil industriel. Du côté des syndicats, on est plutôt rassuré. La CGC par exemple se dit très soulagée et estime que la casse sociale a été évitée.

Et tout le monde a donc retrouvé un poste ?

Malheureusement pas encore. Si les grosses divisions du groupe ont trouvé preneur, ce n'est pas le cas de tout le monde. Il y a une offre pour les salades en boite Géo mais le repreneur propose de reprendre seulement une petite partie des salariés. Il existe aussi des marques d'intérêt pour l'activité pizza qui s'appelle Sombaker mais rien de ferme me disait-on dans l'entourage de la direction. Mais malgré tout, de l'avis même des syndicats, ce dossier a été géré plutôt correctement. Dans l'entourage de la direction, on est soulagé d'avoir réussi à céder la plupart des divisions. On dit qu'elles seront adossées à des entreprises sérieuses qui voudront les développer. Les ventes devraient permettre de rembourser une partie des dettes. Mais il reste une très grosse inconnue : comment Monique Piffault, la fondatrice du groupe, a pu comme ça pendant des années maquiller les comptes sans que personne ne s'en rende compte Et là-dessus aucune réponse encore.


>> Télévision : le film culte La Piscine de Jacques Deray