Les europhobes en tête des élections en Tchéquie, Orange Bank arrive et Birkin, Hardy, Sanson : une vie à aimer

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Les experts d'Europe 1 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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International, économie, télévision... François Clémenceau, Emmanuel Duteil et Eva Roque livrent leur point de vue du jour.

International - François Clémenceau

L’automne des tchèques face à l’Europe

Les électeurs de la république tchèque votent aujourd’hui et demain pour renouveler leur Parlement et on en parlerait pas autant s’il n’y avait pas un risque de voir un autre pays d’Europe centrale basculer dans le populisme europhobe.

Pour l’instant tout indique que la fragile majorité social-démocrate au pouvoir à Prague va se faire laminer par le nouveau parti contestataire d’Andrej Babis, un mélange de Trump pour la fortune et de Bepe Grillo pour le programme, bref un populiste qui envisage de s’allier avec d’autres partis eurosceptiques ou carrément europhobes, comme l’Aube, le parti frère du Front National français. En fait, on voit là se dessiner ce qui se passe ailleurs en Europe centrale et orientale : un repli identitaire, le sentiment que la prospérité européenne est trop loin, que la marche forcée vers la zone euro est trop dure et que le devoir de solidarité, notamment sur les migrants ou face à la menace russe, est trop contraignante. Comment dénoncer tout cela ? En délaissant les partis traditionnels, conservateurs ou sociaux-démocrates qui ont pour dénominateur commun de vouloir rester ancré à l’Europe à tout prix.

Et là, ça commence à faire beaucoup.

Oui, les partisans de l’Europe avaient poussé un ouf de soulagement lorsqu’ils ont vu qu’aux Pays-Bas, les urnes ont refusé de se livrer à la droite populiste et islamophobe ; qu’en France, c’est un président euro-enthousiaste qui a été élu contre une europhobe nationaliste. Sauf que cette éclaircie n’a été que de brève durée. A l’Est, là où le communisme fut vaincu, l’extrême droite vient de faire ses meilleurs scores en ex-RDA face à Mme Merkel, la droite conservatrice polonaise défie Bruxelles sur la question de l’État de droit, tout comme le nationalisme hongrois de Viktor Orban tandis qu’en Autriche, les électeurs viennent de choisir pour premier ministre Sebastian Kurz, un jeune ambitieux partisan d’une coalition durable avec l’extrême droite anti-immigrés.

C’est un retournement de l’Histoire ?

Vaclav Havel à Prague doit se retourner dans sa tombe en voyant ce qui se passe. Lui qui a mené la Révolution de velours contre l’ordre de Moscou pour arrimer les Tchèques à l’Europe démocratique. Mais cela vaut aussi pour Lech Walesa en Pologne, ou Joseph Antall en Hongrie. Un quart de siècle plus tard, il y a de la désillusion sur les promesses de l’Europe mais ce flou est aussi savamment entretenu par la Russie qui flatte le populisme ambiant et tente de monter l’Est de l’Union contre l’Ouest. Avec un certain succès, donc.

Économie - Emmanuel Duteil

Orange bank arrive le 2 novembre.

Ils ont de grosses ambitions mais les concurrents disent même pas peur !

On en parle depuis des mois mais ça y est, ça se précise, Orange bank arrive dans 10 jours, le 2 novembre, et les concurrents se préparent.

Orange espère frapper un grand coup. Dès le 2 novembre, vous pourrez ouvrir un compte bancaire en ligne ou dans une des 140 agences Orange qui vendront téléphones et produits bancaires. Il sera aussi possible d'ouvrir un livret d'épargne rémunéré à 1%. 1.000 salariés ont été formés en boutique à ce nouveau métier. Orange promet des innovations. On pourra par exemple connaitre en instantané son solde et ce quel que soit l'opération qui viendra d'être faite. Ça peut être utile quand on sait que les applis bancaires font partie des applis les plus ouvertes. On pourra aussi, comme ça existe déjà chez certaines banques, gérer tous les paramètres de sa carte comme augmenter son plafond de dépenses depuis son canapé. Dès que l'on aura ouvert un compte, on aura deux moyens de paiement : une carte bancaire noire et orange avec laquelle on pourra payer sans contact via l'application de son téléphone. On pourra aussi faire des virements par SMS. Si on a un problème ou une question à poser, on le fera à un ordinateur 24 heures sur 24. Si vous préférez le contact humain, Orange a deux centres d'appel en France. La grande force d'Orange c'est que tout cela gratuit, il n'y aura aucun frais et la carte sera gratuite à vie. Pour ça, il faut juste faire au moins trois opérations par mois.

Le but c'est de damner le point aux banques ?

C'est la première fois qu'ils créent en interne un nouveau métier et ils pensent que c'est très complémentaire avec la téléphonie. Ils le disent, on est surtout une application innovante plus qu'une banque. Mais Orange fait profil bas, "on est pas là pour mettre à terre le secteur de la banque" disent-ils. Concrètement, ils visent deux millions de clients d'ici 10 ans, ce n’est pas énorme. De toute manière, ça aura du mal à décoller tant qu'ils ne feront pas de crédits immobiliers. Pour cela, il faut attendre environ 18 mois et c'est là-dessus qu'Orange espère gagner sa vie.

Comment les concurrents voient ce nouvel entrant ?

"Même pas peur", voilà l'état d'esprit. Toutes les grandes banques s'estiment bien armées. L'une des plus grandes disait récemment "vous croyez que l'on a attendu Orange bank pour être digital ?". Le Crédit agricole a déjà riposté en lançant une banque en ligne un peu similaire à celle d'Orange. Les grands réseaux vont regarder de près malgré tout. "On va ouvrir un compte pour voir" confiait par exemple un gros concurrent à Emmanuel Duteil. En tout cas, ça va être un bon test surveillé par tous parce que d'autres acteurs des télécoms comme SFR, qui n'a pas démenti préparer un tel projet, pourraient bien arriver sur ce marché de la banque.

Programme télé - Eva Roque

Birkin, Hardy, Sanson, une vie à aimer à 20h55 sur France 3

Trois artistes, trois femmes amoureuses, quand Jane Birkin rencontre Françoise Hardy qui rencontre Véronique Sanson.

Ce soir, documentaire musical sur France 3.

Musical et people soyons clair. Mireille Dumas a choisi de s’intéresser à trois femmes de la même génération : Jane Birkin, Françoise Hardy et Véronique Sanson.
Trois artistes qui à travers leurs chanson dévoilent des bouts de leur vie. Elles chantent pour et avec Serge Gainsbourg, Jacques Dutronc et Michel Berger. Elles sont amoureuses, passionnées et ne manquent pas d’humour.

La qualité principale de ce documentaire : les archives. Les images sont étonnantes, les interviews parfois déroutantes. Mireille Dumas préfère s’intéresser aux parcours personnels plus qu’au décryptage des chansons, mais on se surprend à sourire en découvrant certaines anecdotes comme celle liée au mariage de Françoise Hardy avec Jacques Dutronc en 1981.
Cet humour, elles en ont toutes les trois. On se quitte avec le sourire et l’énergie de Véronique Sanson.