Les effets du Brexit sur la Catalogne, le prélèvement à la source et Harcèlement sexuel au travail, l’affaire de tous

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Les experts d'Europe 1 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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International, économie, télévision... François Clémenceau, Emmanuel Duteil et Eva Roque livrent leur point de vue du jour.

International - François Clémenceau

En Catalogne, la leçon du Brexit a porté

Le président du gouvernement catalan a donc décidé de déclarer l’indépendance mais sans la mettre en œuvre. S’agit-il d’une ruse ou d’une forme de sagesse ?

Carles Puidgemont s’est montré hier soir tacticien et raisonnable à la fois. Il y a de multiples facteurs dans sa décision de différer la mise en œuvre de l’indépendance. Des raisons de politique intérieure catalane qui tiennent aux divisions internes au sein du mouvement indépendantiste, une prise en compte du rapport de force avec l’Etat espagnol et sa menace de déclencher une forme de tutelle sur le gouvernement de la Catalogne, une analyse historique de la décentralisation en Espagne qui a longtemps souffert du dossier basque et du séparatisme terroriste basque qui n’a mené qu’à une impasse. Mais le positionnement de l’Union européenne a certainement joué également. Et de ce point de vue, le Brexit a servi de test.

Pourquoi ?

Parce que le Brexit, tout comme la volonté d’indépendance juridique et politique des catalans est né dans un même moule idéologique. Le refus de dépendre, d’être en quelque sorte d’otage d’un fonctionnement institutionnel vis-à-vis duquel on a l’impression d’être impuissant. David Cameron au Royaume Uni savait qu’il y avait à droite comme à gauche, une volonté de desserrer les liens avec une Europe jugée trop invasive dans le mode de vie britannique. En Catalogne, ce sentiment d’être solidaire d’un Etat avec lequel il y a de moins en moins en partage et qui semble vous mépriser a renforcé la cause. Sauf que le passage aux actes au Royaume Uni a montré que tout était bien plus compliqué. L’Europe pour les anglais, tout comme l’Espagne pour les catalans n’est pas un self-service. Cela ne signifie pas que l’on doive se contenter d’un statu quo qui ne fait qu’agacer les ressentiments. Mais qu’il faut trouver une solution à l’intérieur d’un cadre. Pas dehors.

Et là en l’occurrence ?

David Cameron a laissé croire, et Theresa May à sa suite qu’il suffisait d’avoir le suffrage populaire derrière soi pour régler tous les problèmes. Sauf qu’on ne quitte pas l’Europe, ou l’Espagne avec une maigre majorité. Au Royaume Uni, les Ecossais, les Irlandais d’Ulster et la moitié des Gallois étaient contre le Brexit, tout comme la City et les syndicats ainsi que la jeunesse. En Espagne, la leçon qu’à retenu Carles Puidgemont, c’est que si l’on veut divorcer, il vaut mieux que soit par consentement mutuel. Surtout lorsque les parents des mariés, en l’occurrence l’Europe est contre. Et qu’il vaut mieux s’accorder une pause avant que de se retrouver dans les affres d’une indépendance gérée en catastrophe.


Économie - Emmanuel Duteil

Le prélèvement à la source n'est pas l'usine à gaz annoncée selon Bercy.

Le prélèvement à la source sera moins cher que prévu pour les entreprises.

C'est Bercy qui le reconnait. Le prélèvement à la source coûtera entre 310 et 420 millions d'euros, et non pas plus d'un milliard d'euros comme évoqué dans un rapport réalisé au début de l'été pour la délégation sénatoriales aux entreprises. Toujours selon Bercy, le coût pourrait être limité grâce à un bon plan de communication. Alors pourquoi ça coûte autant d'argent ? Parce que les entreprises devront adapter leurs logiciels, former les équipes etc... Et puis surtout, selon Bercy, le prélèvement à la source, dont le principe le plus élémentaire est de payer ses impôts en fonction de ce que vous gagnez vraiment à temps T, est intéressant. Il pourra dans certains cas faciliter les mobilités professionnelles notamment, estime ce rapport. Point très important aussi, les auteurs estiment que les gardes fous mis en place pour protéger la confidentialité sont au niveau. Pour rappel, vous pourrez par exemple avoir un taux neutre pour que votre employeur ne puisse pas connaitre le niveau de votre patrimoine.

Mais pourquoi le rapport de Bercy serait plus juste que celui du Sénat ?

Déjà il a été fait par l'inspection générale des finances qui s'y connait plutôt bien en prélèvement de l'impôt et en cout de la réforme. Et surtout on sait que le nouveau gouvernement n'est pas fan du prélèvement à la source. Le report d'un an de son entrée en vigueur a été l'une des premières décisions prises par le ministre en charge du budget. Il n'a donc aucun intérêt à demander à ses services de réduire le cout de ce big bang. Surtout que ce rapport a été commandé justement pour répondre aux critiques des entreprises qui estiment que cette réforme est une véritable usine à gaz.

Donc le prélèvement à la source verra bien le jour au 1er janvier 2019.

Ça semble en effet bien parti. Deux autres rapports avaient été commandés. Le premier a permis de détecter des anomalies techniques et de les corriger nous dit Bercy. Le second chargé d'évaluer les alternatives a conclu que rien était vraiment plus intéressant. Là, le troisième laisse donc entendre que c'est gérable financièrement et que c'est intéressant. Donc à priori, ça devrait bien entrer en vigueur en 2019 avec un an de retard. Et même si ça génère des grognements et des doutes légitimes du côté des entreprises et de certains salariés cette réforme est moderne et facilitera en effet la vie de nombreux contribuables. Une réforme importante au moment où les carrières sont de moins en moins linéaires.


Programme télé - Eva Roque

Harcèlement sexuel au travail, l’affaire de tous à 22h30 sur France 2

Il s’agit d’un documentaire choc ce soir sur le harcèlement sexuel. Des témoignages à entendre !

Soirée spéciale sur France 2 sur le thème du harcèlement

Avec une fiction suivie d’un excellent documentaire signé Andréa Rawlins-Gaston et ça débute avec des paroles de femmes
C’est un documentaire-manifeste destiné à changer le regard sur le harcèlement sexuel au travail.
En parallèle des témoignages, on assiste à une sorte de quiz à partir de situations concrètes. À vous de dire si vous pensez que cela relève ou pas d’un cas de harcèlement. Et vous verrez, ce n’est pas si évident.

Dans les critères retenus, c’est évidemment le côté répétitif des remarques qui est retenu. Annabel, par exemple, a subi le harcèlement de son patron.
Le documentaire est d’autant plus réussi qu’il évite tout pathos.
Les témoignages à visage découvert sonnent justes et éclairent cette situation qu’une femme sur cinq dit vivre sur son lieu de travail. Pas la blague un peu lourdingue du confrère, non. Mais un vrai cas de harcèlement qui reste majoritairement impuni.

À toute fin utile, le harcèlement sexuel est un délit passible de trois ans de prison et de 45.000 euros d’amende.