Les consultations en Vénitie et en Lombardie, un plan entreprise pour réfléchir à l’entreprise de demain et Le monde de Jamy

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Les experts d'Europe 1 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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International, économie, télévision... Didier François, Emmanuel Duteil et Eva Roque livrent leur point de vue du jour.

Programme télé - Eva Roque

Le monde de Jamy à 20h50 sur France 3

Eva Roque nous emmène au sommet du volcan Pacaya au Guatemala.

Un programme idéal à regarder en famille.

En cette période de vacances scolaires, Jamy Gourmaud, monsieur science, et son acolyte Myriam proposent deux heures de reportages pour comprendre le phénomène des séismes et des irruptions volcaniques.

Départ pour le Guatemala à la découverte du volcan Pacaya en activité.

L’ascension débute dans la forêt tropicale. Une flore luxuriante qui pousse sur un terrain de cendres.

Au fur et à mesure, la végétation disparaît. Dans un désert lunatique, le souffle se fait plus court aussi. Casque sur la tête et masque sont nécessaires pour ne pas respirer les gaz volcaniques.

Jamy Gourmaud et un des vulcanologues qui l’accompagne souhaite relever un échantillon. Mais avec un sol à plus de 300 degrés, l’opération est impossible.

Outre les explications très didactiques, ce numéro du Monde de Jamy est exceptionnel par ses images. Celles sur le sommet du volcan son époustouflantes. Celles tournées à Amatrice, la ville italienne détruite par un séisme en août 2016, sont bouleversantes.

À voir ce soir sur France 3 à 20h50.

Économie - Emmanuel Duteil

Bercy veut faire grossir les entreprises françaises.

Ils lancent aujourd'hui des binômes chef d'entreprise et députés et un grand espace super moderne à Bercy. Est-ce que cela suffit ? Bien sûr que non !

On s'intéresse donc ce matin à Bercy qui lance le chantier de sa future loi sur les entreprises.

Oui parce que les ministres changent mais pas le constat. Quel est ce constat ? La France manque d'entreprises de taille intermédiaire. Ça veut dire quoi ? Ce sont toutes ces entreprises de plus de 250 salariés qui font environ un milliard d'euros de chiffres d'affaires. Et c'est ce types de sociétés qui fait la force des allemands et même des italiens à l'export. Ça fait des 10 aines d'années que tous les locataires de Bercy répètent : "oh mon dieu en France on a des idées, on sait lancer de petites entreprises mais on ne sait pas les faire grossir".

Et l'idée c'est donc de trouver le moyen de les faire grossir ?

L'idée c'est de lever les obstacles au financement des entreprises, à leur croissance à l'international, à leur numérisation, à la transmission d'entreprises. Six chapitres ont été définis et la petite nouveauté c'est que ça va être de la co-construction. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que des binômes députés plus chef d'entreprises ont été créés. Ces binômes vont pouvoir recevoir toutes les personnes de leur choix pour faire des propositions. Parmi les patrons embarqués dans l'aventure, vous avez par exemple le boulanger Eric Kayser. Il est en charge du développement à l'international. Un sujet qu'il maitrise sur le bout des doigts puisqu’il ouvre en effet, partout dans le monde, des boulangeries. La simplification est entre les mains de Sylvain Orébi qui a relancé les thés Kusmi Tea. Les travaux débutent aujourd’hui et le but c'est d'avoir une loi au printemps.

Le constat est connu de tous. En quoi ça marcherait ce coup-ci ?

Soyons honnête : avec l'annonce du jour on est avant tout dans l'effet de com, des binômes députés chef d'entreprise ça se veut un peu moderne. Le ministère lance également son Bercy lab, comme ils sont moins de ministres ils ont plus de place à Bercy, ils ont donc transformé un grand espace en sorte de loft moderne. C'est là que tout sera débattu. Mais on est bien d'accord que tout ça ne suffit pas. Qu'est ce qui manque à nos entreprises pour grossir ? L'envie du dirigeant. Ça parait bête mais on est moins international souvent en France qu'en Allemagne. On trouve facilement des fonds pour se lancer mais pour grossir c'est beaucoup plus compliqué. Un environnement économique favorable qui donne des ailes. Jusque-là des choses ont été faites mais bon de là à s'envoler. Donc clairement, il y a du travail pour réussir ce pari et passer de l'effet de com à un vrai effet sur nos entreprises.


International - Didier François

Didier François a choisi de nous parler de l'Italie.

L’Italie où la Catalogne a fait des émules puisque la Lombardie et la Vénétie organisaient, ce dimanche, un autre référendum pour réclamer une plus grande autonomie.

On a énormément parlé ces dernières semaines de la Catalogne et de son référendum extrêmement controversé en faveur de l'indépendance, mais une autre consultation de même nature s'est tenue en Italie du Nord.

Absolument, mêmes causes et mêmes effets pour deux provinces extrêmement riches, la Lombardie et la Vénétie, dirigées toutes les deux par des élus régionalistes. Dans le cas italien, par le mouvement d’extrême droite de la Ligue du nord qui a lui aussi décidé d’organiser son propre référendum, évidement au seul niveau régional et non pas une consultation nationale,  c’est toujours ça l’astuce.

Puisqu’il s’agit toujours de réclamer pour plus d’autonomie, au nom du fait que comme on est plus riche, on contribue par nature plus au budget national. Ce qui est d’ailleurs le principe même de la Nation, organiser par la péréquation, la solidarité entre tous ses citoyens et de ce fait, assurer leur protection que ce soit au niveau de la sécurité, de la santé, de l’éducation ou de l’économie.

C’est finalement toujours cette notion de solidarité nationale qui est remise en cause par les mouvements particularistes.

La différence de taille c’est que la Lombardie et la Vénétie ont choisi de ne pas réclamer l’indépendance comme l’a fait la Catalogne. 

De ce point de vue-là, les dirigeants de la Ligue du Nord se sont montré plus malins, ils sont restés dans le cadre constitutionnel. Mais ce n’est qu’un choix tactique car tous leurs arguments visent bien à saper sur le long terme, les bases du contrat national. 

En rappelant que la Lombardie avec 10 millions d'habitants et la Vénétie avec cinq millions, c’est un quart de la population italienne mais qui contribuent à 30% du PIB italien, avec évidement un solde fiscal défavorable.

La différence entre les impôts versés à l'État et les réinvestissements du gouvernement dans ces régions s'élève à 54 milliards d'euros pour la Lombardie et à 16 milliards pour la Vénétie.

Et l’idée qui sous-tend cette argumentation c’est toujours que, finalement, ces deux provinces pourraient mieux faire toutes seules sans se trainer le boulet des régions plus rurales, mafieuses et corrompues.

On a retrouvé des raisonnements similaires en Catalogne avec un solde fiscal de huit milliards en sa défaveur, ou en Écosse  dont l’engouement pour l’indépendantisme en 2007 avait été singulièrement dopée par l’exploitation du pétrole de la Mer du Nord.

Et quel est le verdict en Italie ?

À ce stade, mi chèvre, mi choux, comme d’habitude. Avec des résultats extrêmement favorables à l’autonomie, de l’ordre des 95 à 98 % évidement, puisque ce sont les régionalistes qui sont allé voter.

Les taux d’abstention étant très élevés avec 43% en Vénétie et 60% en Lombardie.