Le Libéria a voté, L’Assurance Chômage et Complément d’enquête

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Les experts d'Europe 1 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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International, économie, télévision... François Clémenceau, Emmanuel Duteil et Eva Roque livrent leur point de vue du jour.

International - François Clémenceau

Démocratie, le contre-exemple du Libéria

Les résultats définitifs du premier tour des élections législatives et de la présidentielle qui se sont déroulées mardi au Libéria seront connus dans les prochaines heures. Un scrutin qui prouve que le pire n’est pas une fatalité en Afrique. Au micro d’Europe1, la chronique du rédacteur-en-chef international du JDD, François Clemenceau.

Ce qui vient de se passer au Libéria est assez exemplaire. Voilà un petit pays largement ignoré du reste du monde alors qu’il s’agit de la première république fondée sur le continent au 19e siècle. Coincé entre la Guinée, la Côte d’Ivoire et le Sierra Leone, il a vécu les horreurs de deux guerres civiles qui ont fait près de 300.000 morts. A peine la démocratie retrouvée, le Libéria a été endeuillé par l’épidémie du virus Ebola, 4.800 morts en quelques mois. Avec près de la moitié de sa population obligée de fuir, c’est, proportionnellement évidemment, comme si la France avait connu en moins de trente ans au moins 5 millions de morts dans la guerre et 50.000 morts dans une épidémie. Et bien dans ce pays qui n’a connu le retour à la démocratie qu’il y a huit ans, après avoir élu une première femme présidente sur le continent africain, le scrutin qui vient de se tenir prouve que le pouvoir peut se transmettre pacifiquement.

Il faut dire que la présidente qui s’en va est une femme exceptionnelle.

Ellen Johnson Sirleaf s’en va à l’âge de 79 ans. C’est une économiste formée aux États-Unis comme une partie de l’élite du Libéria. Mais aussi une femme battue par son mari qui est devenue ministre des finances puis cadre de haut niveau à la Banque mondiale. Pacifique, déterminée, pragmatique aussi, elle a bénéficié de ses réseaux aux Nations Unies pour pacifier son pays même si elle a dû accepter que certains chefs de milices restent en liberté et se mettent à faire de la politique. Mais son prix Nobel de la paix 2011 n’est pas usurpé. Si, en toute logique, son ancien adversaire, l’ancien footballeur du PSG George Weah lui succède, c’est à elle que l’on doit avant tout cette continuité démocratique dans un pays extrêmement pauvre où la tentation de la violence reste très forte et où, il faut le reconnaitre, tout reste à faire.

Un exemple en somme pour les autres pays de la région.

Quand on voit ce qui se passe effectivement au Congo-Brazzaville ou au Congo Kinshasa, au Cameroun, au Togo ou au Tchad, avec des dirigeants qui ne peuvent s’empêcher de réformer les codes et les textes pour pouvoir s’accrocher au pouvoir sous des prétextes de stabilité qu’ils ont eux-mêmes contribué à mettre en danger, on se dit que le Libéria, plus petit et moins stratégique certes, mérite une mention spéciale.


Économie - Emmanuel Duteil

Les syndicats sont reçus aujourd'hui à l'Élysée par Emmanuel Macron. Le but est de lancer les réformes à venir comme la formation professionnelle, l'apprentissage et surtout l'assurance chômage.

Sur l'assurance chômage c'est une révolution qui se prépare. Emmanuel Macron l'a promis lors de la campagne, l'assurance chômage va être ouverte aux indépendants et une fois tous les cinq ans aux démissionnaires. Ça veut dire que beaucoup plus de personnes pourraient en bénéficier. Du coup, ça va coûter beaucoup plus cher. Selon de nombreux experts ça risque de créer un effet d'aubaine. Des salariés, pas heureux en poste, pourraient par exemple préférer démissionner. Idem pour des salariés qui veulent se donner du temps pour se réorienter. Sans compter ceux qui sont pas loin de la retraite et qui pourraient donc vouloir raccrocher plus tôt et attendre la retraite comme chômeurs. Bref, selon des estimations qui ont fuité mais qui ont été en partie démenties par le ministère, on parle d'environ 10 milliards d'euros en plus la première année, deux à quatre milliards ensuite.

Et ça ce n'est pas absorbable ?

L'Unedic qui gère l'assurance chômage a déjà une dette d'environ 40 milliards d'euros. Ils n'arrivent pas à équilibrer les comptes donc non ce n'est pas possible. Le tout sur fond de gros énervement des syndicats. Ils sont hors d'eux que l'état viennent s'immiscer dans ce dossier jusque-là géré de façon paritaire. Du coup, un économiste qui fait passer régulièrement des notes au plus haut niveau me l'a confirmé à court terme ça parait très compliqué de tout faire. Et donc de plus en plus de personnes au courant du dossier plaident pour une entrée en vigueur en deux temps. On pourrait commencer par les indépendants et permettre dans un deuxième temps aux démissionnaires d'en bénéficier. Ça permettrait d'ici là de dégager des marges de manœuvre financières. Une autre piste est aussi citée, elle consisterait à moins dédommager les démissionnaires.

Ces mesures en deux temps c'est un peu la marque de fabrique du gouvernement ?

Vous connaissez bien le "en même temps ", ce jeudi, il s’agit du "en deux temps". Ça a été le cas pour la hausse de la CSG pour les salariés du privé, la baisse promise des cotisations se fera en deux temps finalement. C'est vrai aussi pour les entreprises elles devaient avoir rapidement une baisse de charge à la place du CICE, là aussi ce sera en deux temps finalement. Et si ça devait être cela sur l'assurance chômage ce serait vraiment dommage pour la lisibilité de la réforme.


Programme télé - Eva Roque

Complément d’Enquête à 23 heures sur France 2

L’émission vous emmène dans l’univers méconnu des crypto-monnaies !

Complément d’enquête s’intéresse ce soir aux nouveaux millionnaires.

L’équipe de Thomas Sotto vous embarque dans le monde très mystérieux des crypto-monnaies et notamment des bitcoins nés au lendemain de la crise de 2008. À l’époque, un bitcoin équivalait à un dollar.
Le journaliste en avait achetés pour 10 euros. À Paris, à la maison du Bitcoin, un bureau de change, il vient récupérer sa mise.

En septembre, la barre historique des 5.000 dollars a été franchie. Le bitcoin est devenu un placement, un moyen de spéculation. Des traders spécialisés en crypto-monnaies sont nés.
Complément d’enquête s’offre même un joli scoop en visitant un lieu où sont créés ces bitcoins. Départ pour un coin perdu de l’Islande où se situent trois entrepôts ultra sécurisés appelés des mines.

C’est fascinant et ce qui paraissait être une invention de geek est bien réel. À Tokyo, 4.500 boutiques acceptent les paiements en bitcoin. Un bar à Paris aussi, vous tendez votre portable sur lequel se trouve un code barre. C’est aussi simple que ça.
Et les commissions pour les commerçants sont infimes sur ces transactions, de quoi les convaincre d’accepter ce type de paiement.

Reste le risque d’une bulle économique et surtout les piratages. Le sujet évoque évidemment le côté sombre de cette monnaie d’un nouveau genre.