La flamme olympique arrive en Corée du Sud, les revendications des salariés d'IG Metall en Allemagne et Erasmus, notre plus belle année

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Les experts d'Europe 1 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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International, économie, télévision... Didier François, Emmanuel Duteil et Eva Roque livrent leur point de vue du jour.

Fabienne Le Moal remplace Raphaëlle Duchemin du 23 au 27 octobre 2017.


International - François Clémenceau

La flamme olympique ou le feu de la guerre ?

C’est aujourd’hui que doit avoir lieu la cérémonie de l’allumage de la torche des Jeux Olympiques d’hiver. Les épreuves se dérouleront cette année en Corée du Sud au mois de février. Et beaucoup se demandent si tout cela est bien raisonnable compte tenu de la crise actuelle avec la Corée du Nord.

Quand on regarde sur une carte où se trouve le stade olympique de Pyeong Chang, là où se déroulera la cérémonie d’ouverture des Jeux le 9 février, et qu’on s’aperçoit que la frontière nord-coréenne ne se trouve qu’à 80 kilomètres, on se dit qu’il y a là comme un paradoxe d’accueillir les Jeux d’hiver si près d’un pays qui pose une menace majeure à toute la région . Hier le premier ministre sud-coréen a voulu rassurer tout le monde. Les forces militaires ont été triplées pour protéger le site, les délégations et les visiteurs mais il a aussi rappelé l’histoire : en 1988, neuf mois avant les Jeux d’été de Séoul, la Corée du Nord avait été impliquée dans un attentat contre un avion de ligne sud-coréen qui avait fait une centaine de morts. Et tout s’était bien passé, les Olympiade avaient été un succès. En 2002, la Corée du Sud avait organisé avec le Japon la coupe du monde de football. Des bâtiments de guerre nord-coréens avaient tiré sur des navires sud-coréens, six soldats étaient morts. Cela n’a pas empêché la Coupe d’aller à son terme.

Alors de quoi s’inquiète-t-on ?

Depuis 1988 et 2002, bien sûr que les hostilités entre les deux Corées n’ont jamais cessé mais depuis l’arrivée au pouvoir de Kim Jong un, les essais nucléaires et balistiques se sont multipliés. Dans le Journal du Dimanche avant-hier, Jean-Yves Le Drian nous rappelait que le dernier essai en date était équivalent à dix fois la puissance d’Hiroshima et que le régime de Pyong Yang avait désormais atteint la capacité de lancer avec succès des missiles intercontinentaux. Bien entendu, la Corée du Nord n’aurait pas besoin d’un tel arsenal pour attaquer les Jeux Olympiques ou y semer la panique, mais c’est clairement un pays plus menaçant qui se trouve derrière cette frontière à 80 km des pistes de ski et de luge.

Est-ce pour rassurer que la Corée du Sud maintient ses exercices et ses manœuvres militaires ?

Non, c’est parce que ne pas s’entrainer à affronter la menace peut conduire l’ennemi à prendre l’avantage. Mais chacun aura noté qu’ont commencé hier des manœuvres parallèles, celle des forces américaines installées en Corée du Sud. L’exercice consiste à évacuer en un temps record les ressortissants américains du pays. C’est généralement par cette opération que l’on se prépare à intervenir militairement. C’est là un signal envoyé au nord qu’il a intérêt à rester calme dans les prochaines semaines. Et mieux, comme le souhaitent les autorités sud-coréennes, que les sportifs du Nord viennent aux Jeux pour la beauté du sport.


Économie - Emmanuel Duteil

La saison des négociations salariales va bientôt s'ouvrir en Allemagne.

Le principal syndicat de la métallurgie demande 6% de hausse de salaire et la semaine de 28 heures.

Ce mardi, Emmanuel Duteil nous emmène en Allemagne. IG Metall, le puissant syndicat de la métallurgie, veut obtenir d'importantes hausses de salaires et surtout plus de flexibilité sur les horaires.

Tous les deux ans ça se passe de la même façon en Allemagne, IG Metall formule ses demandes pour le secteur de la métallurgie, s'en suivent des discussions (parfois très longues) avec le patronat et l'accord trouvé sert un peu référence pour toutes les autres branches. Cette année, IG Metall demande 6% de progression. C’est beaucoup plus que chez nous, ça parait énorme d’autant que ça intervient après de très fortes hausses. Patronat et syndicats s'étaient mis d'accord la dernière fois sur près de 5% de hausse de salaire. Au sein d'Ig Metall, on doit valider cette proposition aujourd'hui. Les vraies discussions syndicats-patronat vont commencer d'ici quelques jours le 15 novembre.

Ont-ils une chance d'obtenir une telle progression ?

Après des années de restrictions et de blocage des salaires, on assiste depuis quelques années à un vrai rattrapage. Au point que maintenant, dans l'industrie, le coût du travail est plus faible en France qu'en Allemagne. Alors ce coup-ci ce ne sera sûrement pas 6% de progression mais il y aura assurément une hausse des salaires importante. Du côté du patronat, on trouve ça un peu exagéré et on dit : "attention à bien regarder ce que sera la situation demain et pas uniquement ce qui s'est passé hier". Autrement dit, "attention à ne pas trop augmenter les salaires : le temps pourrait être moins propice dans les années à venir". Mais bon, même si le patronat s'inquiète on est dans un pays où la recherche de consensus entre syndicats et patronat reste capitale. Rien à voir avec l'affrontement un peu stérile à la française, donc ils trouveront un accord.

Il y a la question du salaire mais aussi du temps de travail ?

Et c'est peut-être cela le plus intéressant. IG Metall propose une vraie révolution. Le syndicat de la métallurgie souhaite que les collaborateurs puissent réduire leurs temps de travail jusqu'à 28 heures pendant deux ans sans opposition possible de l'entreprise. Le but ? Que les salariés puissent avoir du temps pour eux ou leurs proches. IG Metall dit par exemple que ça pourrait permettre aux parents d'avoir un travail plus compatible avec la vie de famille, ce qui permettrait donc de soutenir la natalité. Ce serait en tout cas un gros changement. Aujourd'hui, la moyenne est plutôt de 38 heures et si on prend ceux qui travaillent à temps plein c'est plutôt 43 heures. Sur ce point-là, le patronat tique vraiment. Ça va être une discussion très rude. Il faut voir que l'Allemagne fait face à une vraie pénurie de main d'œuvre et assurément c'est un débat qui va être très suivi côté français.


Programme télé - Eva Roque

Erasmus, notre plus belle année à 22h55 sur France 2.

Et si on replongeait dans notre passé d’étudiant ? Voici un documentaire réjouissant sur nos années Erasmus.

Depuis 30 ans, Eramus rythme le quotidien de milliers d’étudiants européens.

Le réalisateur de ce documentaire, Sébastien Legay, a choisi de retrouver ses camarades Erasmus quand il était alors encore étudiant en 1992 à Amsterdam. Mais avant il est parti à la rencontre de ceux qui suivent ce programme aujourd’hui.

Erasmus, c’est quoi ? Voici les différentes réponses.

Le documentaire devient en fait une sorte de petit traité de sociologie. Un comparatif entre les étudiants d’hier et ceux d’aujourd’hui. Ceux qui sont convaincus d’un idéal européen et ceux qui votent aujourd’hui pour le Brexit.

Mais si on dit "Erasmus", instinctivement à quoi pensez-vous ?

Cédric Klapish le réalisateur. a une théorie immuable sur Erasmus.

Entre propos sérieux (notamment sur la volonté politique à l’origine de la création d’Erasmus) et tranches de vie plus légères, c’est 30 ans de vie estudiantine qui nous est racontée.
Et d’ailleurs, Erasmus ce fut quoi pour ceux qui en 1992 étaient encore que de jeunes adultes ?

Un documentaire réjouissant. Un seul bémol : une balade dans d’autres universités européennes et pas seulement à Amsterdam aurait pu peut-être donner un autre éclairage sur ce programme scolaire.

À voir sur France 2 à 22h55.