Emmanuel Macron à l'ONU, GM&S, "Enquête de santé"

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Les experts d'Europe 1 est une chronique de l'émission Europe 1 Week end
Partagez sur :

International, économie, télévision... François Clemenceau, Emmanuel Duteil et Eva Roque livrent leur point de vue du jour.

Le président de la République s’est livré hier à un vibrant plaidoyer en faveur de la diplomatie collective. Mais son discours est-il si neuf que cela ?

Dans les mots choisis ce n’est pas un discours de rupture. Tout au contraire, il ressemble par bien des aspects à ceux des présidents Hollande ou Chirac. Primauté au droit international, urgence de maintenir l’unité du Conseil de sécurité, impératif de traiter ensemble les défis qui nous concernent tous. Pendant très longtemps, les Nations Unies ont été considérées comme l’assistante sociale d’un tiers monde affecté par les maladies, le manque d’éducation, les fléaux climatiques, les guerres. Aujourd’hui, les défis globaux affectent tout autant les pays pauvres que les pays riches : le terrorisme, le réchauffement climatique, la piraterie informatique, la prolifération nucléaire et, encore et toujours, les guerres. Alors comme Jacques Chirac en son temps, Macron tire la sonnette d’alarme, "notre maison brûle et nous regardons ailleurs". C’était il y a quinze ans. Aujourd’hui, ce cri n’est plus seulement valable pour le climat mais pour tous les défis globaux.

Mais ce qui donne plus de force, peut-être, au discours d’Emmanuel Macron, c’est que les partenaires manquent à l’appel

C’est vrai que lorsque vous passez d’Obama, qui prêchait en faveur du multilatéralisme, à Donald Trump qui va jusqu’à menacer de détruire une autre nation par le feu nucléaire, on change carrément de dimension. Mais le chef de l’Etat s’en est pris aussi en creux à la Russie, qui protège son allié syrien, et à la Chine, qui hésite à tordre le bras de la Corée du Nord. Raison pour laquelle aujourd’hui, la France est dans une position assez exceptionnelle. Capable de faire le pont entre les Etats-Unis et le couple Chine-Russie. Mais à condition qu’on sente derrière elle l’Europe. D’où le discours d’Athènes le 7 septembre, très peu remarqué, où Macron évoque une Europe souveraine, capable de relever le défi de défendre ses valeurs par une vraie politique étrangère et de défense commune.

Mais est-ce que tout cela ne relève pas de la posture ?

C’est toute la difficulté. Quand vous voulez faire des réformes économiques et sociales, cela peut prendre deux à trois ans avant d’en percevoir les premiers effets. En politique étrangère, il faut de la posture dans les crises mais que les  actes suivent. Or dans les coulisses des négociations, il est rare de moissonner ce que l’on sème. Que ce soit sur le climat ou sur la Syrie, la réussite se juge souvent sur le temps long.

-

Enquête sur les médecines parallèles ce soir

Oui, des médecines qui s’incrustent dans les hôpitaux. Comme l’hypnose, sujet sur lequel on a déjà vu grand nombre de reportage.

Et oui, du Qi Qong, mais aussi du shiatsu, de la réflexologie plantaire, de l’acupuncture, de l’homéopathie. Autant de méthodes que l’on retrouve désormais dans les établissements français et auxquelles se raccrochent les patients quand la médecine allopathique ne répond pas à leurs attentes. Il est bien précisé que ces méthodes ne sont pas là pour guérir des patients, mais pour les accompagner, les aider à moins souffrir. Le sujet est d’autant plus intéressant qu’il évite le catalogue des méthodes pour s’intéresser à la place du malade dans le système de santé. Et prend en compte tous les avis. Toute la difficulté repose notamment sur l’impossibilité à évaluer de façon scientifique ces médecines complémentaires.

Autre risque évoqué dans le documentaire, les dérives sectaires quant à certaines pratiques. C’est d’ailleurs peut-être la seule réserve que j’ai par rapport au sujet. Car il y un monde entre l’acupuncture, l’hypnose d’un côté et les guérisseurs de l’autre.