Donald Trump est-il vraiment le président des États-Unis, le nouveau magasin Vuitton place Vendôme et Les enfants de Daech

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Les experts d'Europe 1 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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International, économie, télévision... François Clémenceau, Emmanuel Duteil et Eva Roque livrent leur point de vue du jour.

International - François Clémenceau

Donald Trump est-il vraiment le patron ?

Le chef du Pentagone a contredit hier mardi à trois reprises le président américain lors d’une audition au Congrès. De quoi se demander qui faut-il croire lorsque la voix des États-Unis se fait entendre ?

L’affaire n’est pas nouvelle car elle illustre à nouveau une cacophonie qui n’en finit plus au sommet de l’État, mais elle a pris du relief hier. Un exemple : lorsqu’un élu demande au général Mattis s’il est dans l’intérêt des États-Unis de maintenir en vigueur l’accord sur le nucléaire iranien signé par le président Obama il y a deux ans, il répond "oui, je le pense" sans aucune hésitation. Pourtant, c’est bien Donald Trump qui avait estimé publiquement il y a moins de 15 jours devant les Nations Unies qu’il ne trouvait aucun mérite, bien au contraire, à cet accord. Autre exemple, la Corée du Nord : James Mattis affirme qu’il soutient « totalement » les efforts diplomatiques du secrétaire d’État Rex Tillerson pour régler la crise avec Pyong Yang. Pourtant, c’est bien Donald Trump qui avait peu de temps auparavant fait savoir à Tillerson par tweet qu’il "perdait son temps à négocier" quoi que ce soit avec celui qu’il appelle Rocket Man, autrement dit Kim Jong un.

Que faut-il en déduire ?

Deux hypothèses : la première, c’est qu’il existe probablement une partition assez classique entre Trump et Mattis du bon flic et du mauvais flic afin d’inciter les adversaires de l’Amérique à faire le bon choix. Mais c’est très dangereux car en Corée du Nord comme en Iran, il existe des factions puissantes qui souhaitent privilégier l’escalade, persuadés qu’au final les Etats-Unis finiront par plier. La deuxième, c’est que Mattis et Tillerson ont vraiment décidé d’assumer leur hostilité aux choix du président Trump et d’incarner à sa place une politique de la raison plutôt que de la passion. L’inconvénient de cet affichage, c’est qu’ils peuvent se faire limoger dans l’heure si jamais Donald Trump estime qu’ils sont allés trop loin. Et s’ils s’en vont, qui alors pourra servir de garde-fou ? Pas grand monde.

Si on comprend bien, James Mattis est presque devenu une sorte de vice-président.

Oui, sauf qu’en principe un vice-président, on l’a vu avec Dick Cheney, Joe Biden et aujourd’hui avec Mike Pence, ne contredit jamais son patron mais tente de l’influencer en coulisse. James Mattis, lui, a fait savoir le 12 juin dernier lors d’une réunion du gouvernement tout entier qu’il n’était pas là pour faire l’éloge du président et que les soldats et les diplomates américains ne devaient leur loyauté qu’au drapeau, sous-entendu, pas au président en personne.


Économie - Emmanuel Duteil

Vuitton ouvre un gigantesque magasin aujourd'hui Place Vendôme à Paris. Les marques de luxe visent toujours plus grand et toujours plus somptueux.

Vuitton ouvre ce matin à Paris un très grand magasin. Dans ce secteur du luxe, c'est un vrai évènement.

Ce magasin est en effet très symbolique, déjà de par son emplacement. Il occupe deux anciens hôtels particuliers Place Vendôme, c'est l'une des plus belles adresses de Paris et surtout c'est un retour aux sources pour la marque. C'est dans ce quartier que Louis Vuitton a débuté à son arrivée à Paris, il y a plus de 160 ans. Ce magasin est aussi très symbolique parce que c'est le premier à proposer toute l'offre, à avoir en son sein des ateliers. C'est vraiment un magasin somptueux, l'un des plus grands au monde pour la marque.

On a l'impression que les marques de luxe misent justement sur des magasins toujours plus imposants et toujours plus somptueux ?

C’est tout à ça. Il y a, selon Bénédicte Sabadie (associée responsable du secteur du luxe chez Deloitte), au moins deux raisons :
La première c’est il y a de plus en plus de marques de luxe accessibles comme Longchamp, par exemple, qui ont copié les codes des grandes marques avec des magasins plus imposants et plus luxueux. Les marques les plus iconiques comme Vuitton doivent donc frapper encore plus forts c'est à dire faire plus grand et surtout plus exceptionnel.
Deuxièmement, ces grandes marques comme Vuitton, Chanel ou Hermès ne connaissent pas la crise. Elles sont même victimes de leur succès. Problème, la clientèle n'a pas envie de faire la queue des heures dehors et notamment les clientèles nationales. Ces marques doivent donc avoir des magasins plus grands. Elles doivent développer un lien d'exception basé sur la notion de service, d'accueil.

Ces marques ne sont pas concurrencées par Internet ?

Non parce que les deux sont très complémentaires. Les clients regardent beaucoup sur internet les produits mais se déplacer en magasin fait partie de l'expérience pour un produit de luxe. Il faut le bon emballage et la bonne explication. Cette expérience en magasin est de plus en plus développée. Un autre spécialiste explique par exemple qu'il a fallu agrandir dans les magasins de luxe, les salles d'essayages. La jeune clientèle aime venir entre amie. Le temps moyen passé dans un magasin augmente. Au moment justement de l'instantanéité, des réseaux sociaux ces magasins somptueux sont une sorte de rempart. Ce nouveau magasin Vuitton a justement été travaillé dans les moindres détails pour répondre à tous ces défis.


Programme télé - Eva Roque

Les enfants de Daech à 20h50 sur France 5

Il s’agit d’un documentaire choc ce soir sur les lionceaux du califat, ces enfants enrôlés par Daech.

France 5 diffuse ce soir un documentaire sur les enfants pris dans l’engrenage de Daech.

Comment prendre en charge ces enfants quand on parvient à les souscrire à l’État islamique ? Est-ce qu’une vie normale est envisageable après avoir vécu les horreurs de la guerre ?
C’est à ces questions que tente de répondre ce documentaire à travers de nombreux témoignages d’enfants comme Fala, un jeune garçon embrigadé qui a réussi à sortir de cet enfer.
Des enfants soldats, il y en a dans tous les conflits, malheureusement mais Daech va plus loin. Tout est fait pour donner naissance à une nouvelle génération de combattants.

Et la première arme de cette politique nataliste est le viol.

Naïa a été mariée de force à un djihadiste. Une esclave, violée qui finit par accoucher d’un garçon. Après avoir tenté de mettre fin à ses jours, elle parvient à s’enfuir en abandonnant son fils.

Certes les témoignages sont difficiles à entendre, et les images de propagande sont effrayantes. Mais le documentaire montre aussi la force de ces enfants, la mobilisation des familles et des pouvoirs publics pour mettre en place une prise en charge efficace.