Comment Trump peut rompre avec la diplomatie Obama sur l’Iran, Anne Hidalgo veut bouter les voitures essence hors de Paris et Un jour, un destin spécial Vincent Lindon

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Les experts d'Europe 1 est une chronique de l'émission Europe 1 bonjour
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International, économie, télévision... François Clémenceau, Emmanuel Duteil et Eva Roque livrent leur point de vue du jour.

International - François Clémenceau

C’est aujourd’hui que le président américain doit certifier ou non l’accord sur le nucléaire iranien de 2015 conclu sous la présidence de Barack Obama. Et tout indique qu’il va prendre ses distances avec cet accord.

A moins d’un coup de théâtre dont il a le secret, Donald Trump va refuser ce soir de certifier cet accord qui je le rappelle prévoit pour l’Iran de mettre fin à son programme nucléaire militaire en échange d’une levée des sanctions occidentales. Donald Trump a promis à de multiples reprises pendant sa campagne qu’il dénoncerait cet accord qui était selon lui « mauvais, nul, catastrophique, le pire qu’il ait jamais vu ». Le pense-t-il vraiment ? Oui, d’un point de vue trumpien. C’est-à-dire qu’il n’en perçoit pas le bénéfice à court terme. Pour lui, on rend à l’Iran des milliards de dollars qui lui servent à se réarmer pour déstabiliser le Moyen Orient, singulièrement Israël et l’Arabie saoudite, et pour lui permettre en plus de passer des contrats avec les concurrents de l’Amérique, singulièrement l’Europe.

Donc, il va dire non. Quelles en seront les conséquences ?

Alors politiquement, cela va lui permettre de coller à sa base qui déteste l’Iran depuis toujours et qui soutient Israël contre vents et marées, sans se préoccuper par ailleurs du fait que les services de renseignement américains et israéliens ainsi que le Pentagone et le Département d’Etat sont pour la certification de l’accord. Mais juridiquement, cela ne l’engage pas personnellement. Cela signifie que le Congrès a 60 jours pour décider de réimposer les anciennes sanctions à l’Iran, auquel cas l’accord serait concrètement violé, ou décider d’autres sanctions qui ne sont pas liées au nucléaire iranien mais au programme balistique ou aux activités du Hezbollah ou des pasdarans. Et là, juridiquement, les États-Unis ne seront pas sortis de l’accord.

Sauf que cela risque d’entrainer une surenchère côté iranien ?

Ce n’est pas sûr, car l’intérêt des Iraniens est de continuer à respecter l’accord de 2015. S’ils le violent parce que Trump fait des siennes, alors les Occidentaux, les Russes et les Chinois seront dans l’obligation légale de réimposer les sanctions et ce n’est franchement pas dans l’intérêt de Téhéran. En revanche, et le président Macron l’a rappelé très récemment à Donald Trump, une prise de distance ou une violation de l’accord par l’Amérique serait le pire des signaux envoyé à la Corée du Nord qui aurait parfaitement raison de prétendre qu’il ne faut pas négocier avec Washington parce que les Américains sont incapables de tenir parole. Bref, c’est très sensible, très sérieux, très dangereux.


Économie - Emmanuel Duteil

Après le diesel Paris ne veut plus de voiture à essence en 2030. Un vrai défi compliqué à relever pour la filière automobile.

Big bang annoncé hier à Paris. La mairie de Paris souhaite, après les voitures diesel, interdire les voitures essence d'ici à 2030. Ça concerne aussi les deux roues. Un véritable défi pour tous les acteurs de la filière.

Disons-le d'entrée, l'objectif de limiter les voitures pour limiter la pollution est un bon objectif. Mais c'est vrai que l'horizon de 2030 est jugé par beaucoup comme proche. Un défenseur de cette mesure le reconnaissait hier à demi-mot : "si on n'est pas ambitieux, on reculera toujours". Du coté des opposants l'un deux disait "ce n'est ni tenable, ni raisonnable".
Voici quelques données pour vous faire votre avis : La durée de vie moyenne d'une voiture c'est huit ans et neuf mois en France, donc dans 13 ans une bonne partie des voitures achetées en ce moment seront encore en circulation. Il va donc falloir aider les Parisiens financièrement dès maintenant à changer de voitures. Une voiture électrique comme la Zoé de Renault coûte encore aujourd'hui environ 13.000 euros et encore si vous avez le bonus maximum. C'est beaucoup quand on sait que le budget moyen pour acheter une voiture était l'an dernier de 5.883 euros selon l'Automobile club association.

Il y a aussi le problème de la recharge de la voiture.

En effet, c'est une vraie question ! On estime que quatre parisiens sur 10 possèdent une voiture, ce qui fait près de 900.000 voitures en circulation. Mais problème, si elles sont toutes électriques il faut les recharger. Il faut donc des bornes. Aujourd'hui, il y en a seulement quelques centaines dans Paris. Un déploiement massif coûterait beaucoup d'argent. La question c'est qui va payer ? Et puis une autre question se pose. Où sera-t-il possible de recharger les voitures ? Les centres ville comme Paris comptent peu de garages individuels ou même collectifs sous les immeubles. Mais disons que si cette question est réglée, une autre se posera. Le parc électrique est-il suffisant pour tenir si tout le monde branche sa voiture à la même heure le soir. EDF le premier est très inquiet. Mais il y a fort à parier, et c'est l'objectif, que beaucoup renonce à leur voiture. Le défi sera donc de mettre sur pied en même temps un réseau de transport en commun beaucoup plus efficace qu'aujourd'hui. Demain, la voiture sera sûrement beaucoup plus partagée. On aura sûrement beaucoup moins de voitures personnelles.

Cet objectif va donc obliger tout le monde à muter très vite.

On est à l'aube d'une transformation majeure de la mobilité. Mais le fait de pousser l'électrique pose des questions. Ça va obliger par exemple les constructeurs à travailler sur des batteries plus efficaces. Ce qui n'est pas sans poser de grosses questions environnementales aussi car les batteries électriques utilisent des métaux rares difficiles à extraire et surtout que l'on ne sait pas encore recycler. C'est pour cela que certains avancent l'idée de mixer les technologies. Les Indonésiens et les Brésiliens par exemple misent plus sur les biocarburants.


Programme télé - Eva Roque

Un jour, un destin consacré à Vincent Lindon dimanche à 22h55 sur France 2

Il s’agit d’un portrait étonnant de l’acteur français incontournable, Vincent Lindon.

Dimanche soir, Laurent Delahousse retrace le portrait de Vincent Lindon.

Un portrait surprenant car on découvre un comédien désireux de réussir, exigeant, avide de reconnaissance notamment de ses pairs. Un homme qui s’implique totalement, parfois avec excès, dans des rôles qui ont du sens, des personnages dans lesquels il peut glisser ses colères, sa sensibilité, ses angoisses aussi.
Ces angoisses qui se traduisent par des tics depuis l’âge de six ans, au moment de la séparation de ses parents.

Le portait est d’autant plus réussi que chaque témoin est un proche de Vincent Lindon. Des gens qui le côtoient, qui savent parler de lui, de ses qualités et de ses défauts. Son ex-femme Sandrine Kimberlain l’évoque avec une immense tendresse. Ses frères portent un regard attentionné et admiratif sur lui. Et puis, il y a Claude Chirac avec qui il a vécu quelques années. Elle raconte en souriant la première rencontre avec son père, Jacques Chirac. C’était dans l’appartement situé à la mairie de Paris. Ils sont devant le placard du maire à la recherche d’une ceinture pour Vincent Lindon.
Quelques semaines plus tard, Jacques Chirac surprend le comédien dans le lit de sa fille. L’en fait sortir manu militari et la suite, c’est son frère Sylvain Lindon qui la raconte.

Un portrait à la fois drôle et tendre, truculent et sensible, à l’image de Vincent Lindon. C’est à voir dimanche soir sur France 2.