Comment Macron peut-il refonder l’Europe avec la nouvelle Allemagne, Air France lance Joon et La rançon sur Arte

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Les experts d'Europe 1 est une chronique de l'émission Europe 1 Week end
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International, économie, télévision... François Clémenceau, Emmanuel Duteil et Eva Roque livrent leur point de vue du jour.

International - François Clémenceau

Le président de la république s’exprimera en détail cet après-midi depuis le grand amphithéâtre de la Sorbonne pour relancer le chantier de l’Union européenne. Mais le résultat des élections allemandes lui complique singulièrement la tâche.

On connaissait les grandes pistes de sa réforme ambitieuse de l’Europe. Une Eurozone plus forte, dotée d’un budget et même d’un ministre de l’Economie, persuadé que c’est par le haut que l’Europe s’en sortirait, en mobilisant les énergies, les volontés, et des milliards par dizaines pour financer des projets qui affectent la vie des gens afin que l’Europe leur soit rendue plus proche.

Sauf qu’il est question maintenant que le parti libéral FDP entre dans la coalition d’Angela Merkel.

Ce FDP l’a déjà martelé pendant toute la campagne : il n’est pas question de davantage de souveraineté financière partagée avec qui que ce soit, encore moins avec la France et certainement pas dans le cadre de la zone Euro. LE FDP réclame d’ailleurs le poste de ministre des finances pour remplacer un Wolfgang Schaüble, jugé trop permissif avec l’argent du contribuable allemand. Mais comme le FDP ne peut pas rentrer seul dans la coalition et que les sociaux-démocrates du SPD veulent maintenant faire une cure d’opposition, il va falloir élargir cette discussion avec les Verts, l’autre partenaire capable de faire l’appoint. Or, les Verts, eux, sont assez séduits par cette ambition d’une Europe qui protège et qui renforce ses coopérations pour devenir plus puissante. Auquel cas il faudra bien que le FDP mette un peu d’eau dans son vin s’il veut gouverner avec les Verts et la CDU.

En attendant, Emmanuel Macron a d’autres options ?

On dit en effet qu’il pourrait reporter la totalité de son projet à plus tard, une fois que la coalition allemande sera formée, et impulser en attendant une feuille de route à court terme qui réveille les Français, les Allemands et tous les autres sur des chantiers concrets comme la cyber-sécurité, l’Erasmus des apprentis, la transition écologique, un Fonds d’abondement volontaire pour les gros investissements. Cela rejoint un peu ce que proposait au début du mois le patron de la Commission Jean-Claude Juncker. En attendant aussi que les sociaux-démocrates, pourquoi pas, réfléchissent et décident, pour le bien de l’Europe, de retravailler avec Merkel pour son dernier mandat. L’extrême droite et le FDP seraient furieux. Mais faut-il faire le bien des partis ou dépasser les clivages lorsqu’on veut aller plus haut et plus loin ?


Économie - Emmanuel Duteil

Air France a dévoilé hier sa nouvelle compagnie, Joon. A quoi va-t-elle ressembler ?

Eh bien ça va être la 4e compagnie d'Air France. Après Air France, la grosse compagnie mondiale et Transavia, la low cost pour les petits vols au départ d'Orly, à compter du 1er décembre, Joon. Vous vous demandez peut être où sont-ils aller chercher un nom pareil, ils voulaient un non court, percutant et prononçable dans toutes les langues, c'est donc un nom inventé. Donc Joon, au-delà du nom, c'est un peu un mélange de toutes les autres compagnies du groupe. Vous prenez une dose de statutaire avec le petit repas, vous prenez une dose de low cost avec des salaires beaucoup moins élevés chez Joon pour les hôtesses et les stewards et vous ajoutez à cela une once supposée de modernité et ça vous donne Joon. Une compagnie hybride, ni low cost, ni classique aux couleurs bleu électrique.

Et à quoi ça sert une compagnie hybride ?

Chez Air France, cette compagnie qui a été âprement négociée avec les syndicats c'est l'un des principaux éléments de la relance d'Air France. Elle doit permettre d'aller chercher des clients qui ne prenaient plus air France car trop cher et qui veulent un poil plus de service que sur Easyjet ou une autre low cost. Elle va commencer par proposer quatre destinations en Europe : Barcelone, Berlin, Lisbonne et Porto avec un prix d'appel à 39 euros. Il n'a pas été possible de connaitre le prix moyen ensuite. Le billet est modifiable, on choisit de prendre ou non son bagage. Au printemps prochain, il y aura deux lignes long courrier une vers Fortaleza au Brésil et Mahé aux Seychelles. Là c'est plus cher, 299 euros pour les Seychelles. Mais à ce prix-là, vous avez à manger. Chez Joon, ils veulent se la jouer jeune et moderne. Vous aurez des jus détox et du café bio. Clairement, ils ciblent ce que l'on appelle les millénial ces jeunes trentenaires bien dans leur temps. Pour cela, même la tenue des stewards et hôtesses a été repensée avec une doudoune sans manche et des baskets aux pieds. Cette compagnie doit devenir un laboratoire à idées justement pour Air France.

Est-ce tentant ?

Il y a de l'idée c'est moderne et sympa mais ce n'est pas innovant puisque les low cost américaines comme spirit sont déjà présentes sur ce secteur. Et puis là, ils commencent un peu petit bas, il n’y a pas assez de destinations. Il va donc falloir vite monter en puissance.


Programme télé - Eva Roque

La rançon à 20h55 sur Arte

Il s’agit d’un documentaire remarquable sur le business des prises d’otages et des enlèvements pour de l’argent, c’est loin d’être anecdotique.

C’est quoi cette histoire d’enlèvements ?

Chaque année dans le monde, 30.000 personnes se font enlever pour des motifs crapuleux la plupart du temps, à savoir pour de l’argent.
Rémi Lainé et Dorothée Moisan ont enquêté pendant plus de trois ans pour tenter de comprendre ce business en forte croissance en Amérique latine, notamment au Venezuela. Des enlèvements parfois pour seulement quelques milliers de dollars, parfois plus.
La force du documentaire est d’avoir obtenu des témoignages de négociateurs, et de victimes comme Jeppe Nybroe, journaliste danois, enlevé à la frontière syrienne et qui raconte le début de son calvaire
Le Danemark ne payant aucune rançon, la famille du journaliste a dû se débrouiller pour récolter l’argent nécessaire à sa libération.
De l’argent il en est encore question quand on découvre que des compagnies d’assurance proposent des contrats spécifiques aux personnes pouvant être visées par un enlèvement. Payer une assurance pour être couvert en cas de risque. Du cynisme qui n’émeut absolument pas cette responsable.
Il s’agit d’une enquête édifiante, extrêmement bien réalisée sur la forme avec en fil rouge, le kidnapping d’un jeune homme. Et il vous faudra attendre les dernières minutes pour connaître le dénouement.