Polémique autour du vote papier à la primaire LR et les énergies renouvelables en Allemagne : les experts d'Europe 1 vous informent

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Les experts d'Europe 1 est une chronique de l'émission Europe matin
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Antonin André et Axel de Tarlé font le point sur l'actualité du jour.

Axel de Tarlé, expert économie

La révolution "verte" est en marche en Allemagne.
Dimanche dernier, la totalité des besoins en électricité des Allemands était couverte par des énergies propres comme l'éolien ou le solaire.

Est-ce la preuve que l'on peut se passer des énergies fossiles ?

Oui, on peut s'en passer, mais il faut des conditions bien précises.
Dimanche, il y avait beaucoup de vent en Allemagne ainsi que beaucoup de soleil, ce sont les conditions optimales pour le solaire et l'éolien mais la demande était faible puisqu'on était dimanche et que les usines ne tournent pas. L’électricité verte produit 45,5 gigawatts pour une demande de 45,8, le compte est donc bon !

Sauf que non, derrière cette harmonie écologique se cache une réelle catastrophe économique.

Le problème, c'est qu'à coté de ces énergies vertes, vous êtes obligé d'avoir des centrales conventionnelles de gaz, de charbon ou nucléaire pour assurer la pérennité du système si le vent décline ou le soleil disparait. Or, ces centrales continuent de tourner nuit et jour, même le week-end. Donc, dimanche, on s'est retrouvé en Allemagne, avec une surproduction massive d’électricité car il est impossible de la stocker. ce qui est très dangereux avec la surproduction c'est qu'il y a un risque de survoltage et que le système peut donc disjoncter.

Les groupes d’électricité ont donc dû se débarrasser, coûte que coûte, de ces surplus en payant. On a donc eu dimanche un prix de l'électricité négative à -50 euros le mégawatt-heure. Les groupes d’électricité en Allemagne offraient donc dimanche gratuitement des kilowatt-heures. Mieux, ces groupes vous donnaient même 50 euros pour se débarrasser de ces mégawattheures.

Voici comment cette bonne nouvelle écologique est une catastrophe économique. Les groupes d’électricité travaillent à perte. Il est donc impossible de rentabiliser une centrale si la moitié du temps, l’électricité a une valeur négative. C'est le drame des producteurs d'électricité en Allemagne, Eon et RWE, qui vont très mal mais, c'est la même chose pour EDF qui est pénalisé par cet afflux d’électricité renouvelable qui vient casser l'équation économique des groupes d’électricité.


Antonin André, expert politique

La primaire des Républicains tourne au western. Nicolas Sarkozy veut imposer le vote papier pour les Français de l’étranger alors que tous ses adversaires sont pour le vote électronique. Ce soir en bureau politique, c’est l’heure de la grande explication.
 
L’heure du duel final. Le cow-boy solitaire Nicolas Sarkozy face à la bande des quatre : Alain Juppé, François Fillon, Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet. Pour une fois, eux qui désertent le bureau politique seront bien présents ce soir. Thierry Solère, le "monsieur Primaire" du parti va tenter une médiation. Qu’est-ce qu’il propose ? L’accord de la dernière chance que nous vous dévoilons : le vote papier pour les Français de l’étranger serait la règle dans une trentaine de grandes métropoles dans le monde où vivent notamment les deux-tiers de nos expatriés. Pour les autres, ceux qui vivent hors de ces villes, ok pour le vote électronique. L’enjeu est très important car le corps électoral des Français de l’étranger représente près de 1,3 million de voix.

Cet accord parait acceptable à première vue, on ne voit pas pourquoi s’y opposer.

Tout simplement parce qu'il est quasiment impossible à mettre en œuvre. D’abord, tous les pays du monde ne permettent pas qu’un vote soit organisé sur le sol hors des élections officielles ou nationales. Donc on enlève déjà le Canada, la Chine, la Thaïlande et d'autres…

Second problème, une ville comme Londres où 73.000 Français sont installés, si l'on veut un vote papier dans des conditions normales, il faudrait une cinquantaine de bureaux de vote. Quand on sait qu’en France trouver des salles a déjà été un casse-tête, imaginez à Londres ou à Dakar. Forts de ces arguments les quatre, Juppé, Fillon, Le Maire et NKM vont ouvrir un tir de barrage pour imposer le vote électronique pour les Français de l’étranger.

Ce bureau politique s’annonce donc explosif, avec un risque : abimer l’image de la primaire. S’écharper devant des électeurs qui attendent des solutions à leurs préoccupations et qui veulent l’alternance, c’est le meilleur moyen de les dissuader de participer à cette primaire, d’en réduire l’attrait et donc le nombre de votants. Certaines mauvaises langues chez les Républicains affirment que c’est précisément ce que recherche Nicolas Sarkozy depuis le début.