ONU : une Bulgare pour remplacer Ban Ki Moon ?

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Les experts d'Europe 1 est une chronique de l'émission Europe matin
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Axel de Tarlé, Maud Descamps, Alex Taylor et David Doukhan font le point sur l'actualité du jour.

Alex Taylor, expert international

C’est une bulgare qui va remplacer Ban Ki Moon à la tête des Nations-Unies ?
 
De fortes chances oui. Le Conseil de Sécurité vient de lancer l’appel aux candidats, et il n’y a pas une mais deux candidates bulgares, et c’est là le hic ! Ce pays de sept millions d'habitants avec le Produit National Brut le plus bas de l’Union Européenne, ne peut proposer qu’une candidate. Manque de pot, il y en a deux très sérieuses.
D’un côté l’actuelle directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova. De l’autre, la vice présidente de la Commission européenne, Kristina Giorgeva.
Bokova est la fille d’un éminent communiste bulgare, elle a fait ses études à Moscou et a le soutien de Poutine. Washington l’aime moins depuis qu’elle a accueilli l’autorité palestinienne à l’Unesco (ils ont même stoppé le financement américain), et du coup ils préfèrent Giorgeva.
Donc vous voyez nous dépassons, déjà, largement le boulevard périf de Sofia
 
Elles font campagne donc ?
 
L’une contre l’autre. Déjà un petit hic côté Bokova. Un journal allemand a relevé il y a quelques jours une bizarrerie dans sa biographie où elle prétend avoir été ministre des Affaires étrangères bulgare. Il a fallu une semaine pour déterminer si c’est le cas. C'est assez compliqué car elle l'a bien été mais par intérim en 1996 au moment où le gouvernement tombait, donc elle a bien assuré le poste mais sans avoir le titre. Elle vient de corriger ce "lapsus" sur sa page officielle.
On a une année car Ban Ki Moon part fin 2016. Il va falloir que le premier ministre Bokyo Borrisov tranche. Il a été à bonne école. Avant d’occuper son poste actuel, il était entraîneur de l’équipe nationale bulgare de karaté.

David Doukhan, expert politique

Alain Juppé est dans les starting blocks durant ces fêtes de fin d'année parce que, pour lui, il n’y a plus une minute à perdre en vue de la primaire de 2016. Ça commence lundi et le candidat a tout préparé pour sa rentrée.

Ça va commencer par un déménagement. Ses lieutenants sont très fiers d’annoncer que les actuels locaux de la rue de l’Université sont devenus trop petits, tant les bénévoles et les militants affluent pour aider le candidat. Alain Juppé inaugurera donc un nouvel espace beaucoup plus grand situé boulevard Raspail. L’un de ses proches fanfaronne : "ce sera notre QG primaire, mais si on gagne, on déménagera à nouveau vers des locaux encore plus spacieux pour la Présidentielle".
Et puis Alain Juppé sort un deuxième livre. Vous vous souvenez de son ouvrage sur l’éducation, cette fois il nous parle de "l’État fort" avec une nouvelle politique pénale et des propositions sur le contrôle des flux migratoires. Mais attention, en tout il y aura quatre livres : le troisième sortira au printemps sur les questions économiques et sociales et enfin le dernier opus paraîtra en septembre juste avant la primaire et ramassera tout le programme du candidat.

Va-t-on avoir le droit à du Juppé partout à partir de lundi ?

C'est certain avec une offensive médiatique : télévision, radio, presse écrite... L’occasion aussi pour lui de prendre position sur la déchéance de nationalité. Il prendra position mais il ne donnera pas de consigne de vote à ses amis parlementaires.
Ensuite, son équipe de campagne va se renforcer. Déjà très présente sur les réseaux sociaux la "team Juppé" va compter dans les semaines qui viennent plus d’une cinquantaine de jeunes chargés de relayer les messages, de mettre en valeur les interviews etc...
Enfin, bien sûr, Alain Juppé continuera son tour de France, mais à son rythme, en passant parfois deux jours y compris dans des petites villes et des villages.

Comment finance-t-on tout ça ?

Alain Juppé est réaliste et ne mise donc pas tout sur les droits d’auteur de ses livres. Il compte sur les donations de personnes physiques. Il a d'ailleurs une équipe de 16 personnes qui s’occupent à temps plein de relancer les donateurs. A ce stade, il aurait déjà accumulé 2.8 millions d’euros (C’est deux à trois fois plus que Bruno Le Maire ou François Fillon par exemple).


Maud Descamps, experte innovation

L'innvation du jour : des pommes de terre que l’on veut faire pousser sur la planète Mars.

N'est-ce pas le scénario d'un film ?

Si tout à fait. Il s'agit du film Seul sur Mars avec Matt Damon dans lequel il joue le rôle d’un astronaute qui doit se débrouiller pour survivre sur Mars notamment en faisant pousser des légumes.
Sauf que là ce n'est pas Matt Damon qui fait pousser des pommes de terre mais la Nasa.
L'agence spatiale américaine a mis en place une collaboration avec le Centre international de la pomme de terre. Ce n’est pas une blague, ça existe vraiment, ce centre est basé à Lima au Pérou.
Le but de la mission : reproduire les conditions climatiques de la planète rouge pour voir comment on pourrait, à l’avenir, y développer des cultures de légumes.

A-t-on déjà déjà fait pousser des légumes dans l’espace ?

Des salades ont poussé à bord de l’ISS, la station spatiale internationale. Mais les conditions atmosphériques étaient presque les mêmes que sur Terre mise à part l’absence totale de gravité.
Dans le cas de nos pommes de terre, la Nasa va reproduire à l’identique, les conditions atmosphériques de Mars qui sont très particulières puisqu’il y a plus de 95% de dioxyde de carbone (240 fois plus que sur Terre). Mais en fait, ce taux très élevé de gaz carbonique est plutôt un atout puisqu'il pourrait augmenter jusqu'à trois fois le rendement normal de la culture de pommes de terre.

Est-ce que ça voudrait dire qu’on pourrait produire beaucoup plus ?

Oui et par conséquent lutter plus efficacement contre les famines par exemple ! Et puis autre utilité de cette expérimentation : ça permettrait de nourrir les astronautes qui sont en route pour des missions lointaines, un peu comme un restaurant d’air d’autoroute. Il s'agirait d'une "pause casse-croûte" sur Mars comme le restaurant-routier de l’espace...


Axel de Tarlé, expert économie

La natalité recule assez nettement ces dernier mois en France. Ce recul pourrait-il être la conséquence des attentats du début d'année notamment contre Charlie Hebdo ?

L'Insee nous avait déjà alerté neuf mois après les attentats de janvier en annonçant un recul des naissances constaté en octobre et novembre de l'ordre de 3% soit quelques 20.000 naissances en moins sur une année pleine.
Même remontée des maternités avec des chiffres assez inquiétants.
A Lyon, Natecia, la seconde plus grosse clinique de France parle d'une chute de 10% sur le mois de décembre. Les réservations pour janvier et février sont elles en chute libre à 20% de moins que l'année dernière.Le patron de cette clinique, Jean-Loup Duroussé, parle dans les Echos d'un "crash des naissances".
Même phénomène en région Paca et en Alsace avec de 7 à 10% de naissances en moins.

Quelles pourraient-être les raisons de cette chute de la natalité ?

Il peut y avoir deux explications :

La première est le climat d'angoisse qui découle des attentats. Les jeunes femmes qui ont été choquées par les évènements du début d'année, ont sans doute renoncé ou reporté l'idée du grossesse.
Le quotidien Les Échos révèle le témoignage d'une jeune femme qui dit : "J'angoisse déjà pour mes deux enfants, je n'ai pas envie d'en avoir un troisième dans ce contexte là. Une grossesse, ça se vit sereinement !"
Il est donc à craindre que les attentats du mois de novembre accentuent ce phénomène.

La seconde raison qui pourrait être évoquée est celle des baisses des aides sociales.
Les allocations familiales ont été rabotées par deux ou trois cette année tandis que le quotient familial a été diminué à deux reprises.
Cette explication ne toucherait donc pas les familles aisées mais seulement celles qui ont besoin d'aide financière à l'enfance.

La natalité est un point fort de l'économie. Sa chute entraine une baisse de la consommation (layettes, poussettes, couches, chambre, voiture etc...), c'est donc moins de croissance pour la France.