L'équation Deschamps, Total poursuit son offensive dans l’électricité et la droite attaque l'unité nationale : les experts d'Europe 1 vous informent

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Les experts d'Europe 1 est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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François Clauss, Antonin André et Axel de Tarlé font le point sur l'actualité du jour.

Antonin André, expert politique

La politique au lendemain de l’acte terroriste contre deux policiers, c’est l’absence d’unité nationale du monde politique. Rien à voir avec janvier 2015 ou novembre dernier où l’unité nationale avait été le réflexe initial. Cette fois-ci, la droite demande sans attendre des comptes à l’exécutif.
C’est un tournant politique. 8h30 hier matin, communiqué de Nicolas Sarkozy, le président des Républicains demande que le gouvernement adapte sans délais le niveau de vigilance tandis qu'Alain Juppé réclame des comptes. Quels moyens déployés depuis novembre ? Quels résultats ? Valérie Pécresse présidente de la Région Ile-de-France veut que la riposte contre les terroristes monte d’un cran. Dans un réflexe quasi pavlovien, la droite met en cause le couple exécutif. Comme Donald Trump a mis en cause Barack Obama au lendemain du massacre d’Orlando. Lors des derniers attentats, l’unité nationale a tenu au moins quelques jours, le temps du deuil mais pas cette fois.
Qu’est-ce qui se joue ? La mise en cause du Président protecteur "Mon premier devoir c’est de vous protéger" disait François Hollande lors de ses vœux aux Français, son intransigeance face au terrorisme reste le seul crédit que lui accordent les Français dans les sondages. Pour la droite, cet acte terroriste est celui de trop, celui qui met en cause la capacité du chef de l’État à nous protéger.
Marine le Pen le dit d’ailleurs elle-même "le gouvernement ne protège pas les Français". La droite réclame des comptes, des mesures, on reparle de l’internement des individus fiché S.

Démagogie. On est dans le plus pur jeu politicien qui répond à l’attente de répression de l’opinion publique mais qui n’a aucune chance d’être mise en œuvre. Et une partie de la droite joue avec le feu en agitant ce débat. Placer en centre de rétention des individus sans qu’ils aient été jugés par un tribunal c’est incompatible avec les traités européens et avec notre constitution.
Qu’est-ce qu’à fait la droite lorsqu’il s’est agi de modifier la constitution pour y inscrire l’État d’urgence et la déchéance de nationalité qu’elle avait elle-même suggérée ? Elle l’a rejetée.
L’opposition demande des comptes à l’exécutif ? Elle est dans son rôle mais elle doit aussi s’expliquer sur ses postures qui consistent un jour à applaudir debout le président de la République à Versailles lorsqu’il propose la déchéance de nationalité pour les terroristes pour finalement ne pas la voter. En attendant, le signal de l’unité nationale comme riposte politique à la guerre contre le terrorisme n’aura pas même fait illusion. Une défaite symbolique dont on aurait pu se passer.

Axel de Tarlé, expert économie

Le pétrolier Total mise sur l’électricité. Total vient de racheter le fournisseur d’électricité "Lampiris" qui compte un million de clients en France et en Belgique.

On connaissait Total pour l'essence, on va désormais maintenant pouvoir acheter son électricité chez Total.
Lampiris est le troisième fournisseur d’électricité en Belgique qui compte également 200.000 clients en France.
Total maitrise désormais toute la chaine : de la production d'électricité avec Sun Power qui produit de l’électricité solaire, au stockage de l'électricité avec les batteries Saft, qu'il vient tout juste de racheter le mois dernier.
Et enfin, la distribution maintenant avec Lampiris.
L'électricité chez Total est 100 % verte car Sun Power, c'est de l'électricité solaire tandis que Lampiris distribue uniquement de l'électricité renouvelable.

Est-ce qu'il n'y a pas un peu de communication la dedans ? Total est avant tout un pétrolier qui essaye simplement de "verdir" son image.

Aujourd'hui, Total, c'est le pétrole et les énergies fossiles qui représentent 97 % de son activité. C'est donc assez ironique d'aller se fournir en électricité verte chez un pétrolier pur sucre !
Est- ce que c'est de la communication ? Peut-être un peu mais pas seulement. Patrick Pouyanée, le patron de Total le dit, l'énergie du XXIe, ce, sera l'électricité propre et non pas le nucléaire.

Pourquoi faut-il s'y préparer ?

Les actionnaires de Total le demandent mais également les consommateurs et les politiques. Total ne fait finalement que suivre cette demande très forte d'une énergie propre.

On a beaucoup dit que la COP 21 n'avait servi à rien et ce n'est pas vrai car les mentalités changent et notamment en Norvège puisque le pays veut interdire les voitures à essence d'ici 10 ans.
Total ne fait que se préparer à ce nouvel avenir.