Le scandale Volkswagen, les ambitions d'Emmanuel Macron et l'empreinte cérébrale : les experts Europe 1 vous informent

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Les experts d'Europe 1 est une chronique de l'émission Europe matin
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Axel de Tarlé, Anne Le Gall, Antonin André font le point sur l'actualité du jour. 

Axel de Tarlé, expert économie Selon le journal allemand "Die Welt", Volkswagen aurait trouvé un accord avec la justice américaine : le constructeur pourrait payer 5000 dollars à ses clients américains pour mettre fin au scandale des moteurs truqués, sachant qu'il y 600 000 voitures truquées, pour un coût total de 3 milliards, largement absorbable par l'entreprise qui gagnait (avant ce scandale du diesel) plus de 10 milliards d'euros par an. L'avocat allemand des associations de victimes demande que la même indemnité soit appliquée en Europe, cet accord servirait  de base pour indemniser les victimes en Europe. Sauf qu'en Europe, il y a 8.5 millions de voitures truquées, ce qui reviendrait à une facture de 37 milliards d'euros pour Volkswagen ! Pour une entreprise qui a une valeur de 60 milliards, cema deviendrait franchement problématique ! D'ailleurs, visiblement, les financiers ne croient pas à un tel scénario. L'action Volkswagen a au contraire gagné près de 7 % suite à cette annonce de Die Welt. Soulagé de voir qu'un accord aurait été trouvé aux Etats-Unis - et qu'il n'y aura pas de procès - Volkswagen doit également prouver qu'il est capable techniquement de remettre aux normes les voitures incriminées. Tout cela montre la puissance et l'efficacité des contre-pouvoirs aux Etats-Unis puisque c'est l'agence américaine pour l'environnement qui a fait éclater ce scandale, et c'est la puissance de la justice américaine qui fait que les Américains vont être correctement  indemnisés. En Europe, on en est nettement moins sûr.

Antonin André, expert politique

Emmanuel Macron est en train de muscler son parti politique "En marche". Ismaël Emelien est un homme de l’ombre, mais c’est un homme clef dans le dispositif Macron. 29 ans, communicant formé à l’école Euro-RSCG, "Isma" comme on l’appelle, physique d’étudiant sage, effacé, règne sur toute la communication du ministre : relations presse, relecture des discours, interviews, stratégie média… Il a l’oreille de Macron. Et cet homme a quitté Bercy en début de semaine pour s’occuper exclusivement de "En Marche", en charge de la stratégie et de la communication. Ce transfert, c’est le signe que pour Emmanuel Macron désormais la priorité c’est son parti politique…. une organisation au service de la conquête du pouvoir. Ce week-end "en Marche" lance par mail l’ordre de mobilisation pour son fameux porte à porte dans tout le pays. Selon l’équipe Macron, 5000 citoyens sont prêts à participer à la grande marche : l’idée est de recueillir les doléances des Français. Même les mineurs peuvent participer à condition d’avoir une autorisation parentale. 
 
Entendu à l’Elysée sur Emmanuel Macron : "On a de la sympathie pour lui, mais il doit faire attention ! Là où on l’attend d’abord c’est sur l’économie", recadrage sévère. A Matignon, le matin Manuel Valls reprend Emmanuel Macron sur la suppression de l’ISF, le soir Emmanuel Macron déclare inepte l’interdiction du port du voile à l’université prônée par le premier Ministre. Matignon est excédé! Emmanuel Macron ne peut pas allumer une polémique par jour. Le président le lui a rappelé : la priorité c’est le collectif. La politique, c’est un rapport de force et Emmanuel Macron tire sur la corde. Il l’assume : il prend son risque… c’est vraiment comme ça qu’il a posé les enjeux avec son équipe : soit son mouvement "En marche" révèle les attentes de plusieurs centaines de milliers de Français dans tout le pays et font de lui le catalyseur d’un message politique neuf et puissant, soit ça ne fonctionne pas et le banquier retournera à la banque. Le délai est très court : Emmanuel Macron a trois mois pour réussir, ou pour échouer…


Anne le Gall, experte innovation

L'innovation : une empreinte cérébrale, un nouveau moyen d'identification mis au point aux États-Unis.

Lorsque notre cerveau est actif, il émet des ondes, qui sont différentes selon chaque personne. Une équipe de chercheurs américains de l'université de Binghamton a réussi à prouver que ces ondes du cerveau qui sont très personnelles, pourraient servir de mot de passe ou remplacer les empreintes digitales pour identifier quelqu'un. Pour le démontrer, ces chercheurs ont réalisé des tests sur une cinquantaine de personnes. Ils les ont équipées d'un casque encéphalogramme, une sorte de bonnet de bain qu'on enfile sur la tête et truffé de capteurs. Et les chercheurs ont fait défiler devant ces volontaires une même série de 500 images ou mots : il y avait par exemple une pizza, des sushis, un bateau, des photos de célébrité, certains accompagnées de question. A la fin du test, l'ordinateur était capable de distinguer chacun des participants en fonction des ondes de son cerveau. 

L'intérêt de ce système par rapport aux empreintes digitales ou à la reconnaissance biométrique par la rétine de l'œil, c'est la fiabilité. On sait que les empreintes digitales, ou la rétine peuvent être facilement imitées ou détournées, mais ici impossible de prendre le contrôle du cerveau. Même si des personnes malveillante utilisaient un otage par exemple pour entrer quelque part, la victime serait stressée et son cerveau n'enverrait pas les mêmes ondes que d'habitude. L'idée serait donc d'utiliser ce moyen d'authentification à l'avenir, pour sécuriser des lieux de haute sécurité comme le Pentagone ou sur des sites militaires ou nucléaires.