Le retour de la Fraction de l’armée rouge ?

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Les experts d'Europe 1 est une chronique de l'émission Europe matin
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Axel de Tarlé, Anne Le Gall, Jean-Philippe Balasse et Antonin André font le point sur l'actualité du jour.

Alex Taylor, expert international

Le retour de la Fraction de l’armée rouge ?
 
RAF, pour des générations d’allemands ce sigle fait le même froid dans le dos que daesh aujourd'hui. Rote Armee Fraktion, cette bande terroriste d’extrême gauche ou guérilla urbaine selon leur propre définition, qui prônait la lutte armée contre le gouvernement, l’élite, les banques, les américains et qui a terrorisé L’Allemagne de l’Ouest dans les années 70 et 80.
 
Pourquoi on en parle aujourd’hui ?
 
Puisqu’on a confirmé hier avoir retrouvé les empreintes ADN de deux anciens membres de la RAF après une attaque échouée sur deux fourgons blindés à Brème.
 
La RAF s’était dissoute, non ?
 
En 98 oui, avec la publication d’une lettre mystérieuse citant la devise de la communiste allemande Rosa Luxembourg : "j’ai été, je suis et je serai à nouveau". Deux de leurs membres fondateurs, Baader et Meinhof s’étaient suicidés en prison, un autre a viré de l’extrême gauche à l’extrême droite et reste détenu pour des propos négationnistes. Depuis, on a perdu la trace des autres, jusqu’à hier, on pensait qu’ils étaient à Mallorque. Là, il ne s’agit pas d’une quatrième génération militante vu que les fugitifs ont entre 47 et 61 ans, il s’agit plutôt d’une tentative de financer leur retraite.
Il suffit de ces quelques traces d’ADN pour remuer le spectre de tout un passé sombre et de nombreux crimes non élucidés : la preuve, les unes et éditos sur place ce matin.


Anne Le Gall, experte innovation

Innovation : les imprimantes 3D peuvent sauver le patrimoine culturel
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L'exemple le plus emblématique c'est l'arche de la cité antique de Palmyre en Syrie. Cette arche de 15 mètres de haut, vieille de plus de 2.000 ans a été détruite par les djihadistes de Daech en octobre dernier. Cette arche est sur le point d’être fidèlement reproduite en 3D sur la base de milliers de photos.

Cette arche de 15 mètres de haut va être "imprimée" et non pas reconstruite ?

Elle a déjà été modélisée virtuellement grâce à des chercheurs d'Oxford et d'Harvard et sera bientôt imprimée en Chine à Shanghai où se trouve la plus grande imprimante 3D du monde qui est capable d'imprimer des bâtiments entiers.
C'est une imprimante qui ressemble à une grue avec plusieurs bras et qui dépose des couches d'une sorte de béton composite pour reproduire l’édifice qu'on lui demande.
L'arche sera ensuite transférée en Italie pour les finitions avant d’être exposée à partir du mois d’avril à Londres et New York comme un symbole de résistance contre la barbarie destructrice.

Ce n'est qu'un exemple parmi d'autres :

Cette opération fait partie d'un vaste programme de sauvetage du patrimoine menée par l'Institut d'archéologie numérique basé en Grande-Bretagne. Cet institut va distribuer à partir de cette année des appareils photo 3D haute définition à ceux qui veulent défendre leur patrimoine dans des zones de conflits en Syrie, en Iran, en Irak, en Turquie ou au Yémen.
Il s’agit de sauver au moins visuellement, les monuments menacés car s'il sont détruits, ils pourront être réimprimés en 3D exactement à l'identique.
L'institut d'archéologie numérique espère stocker ainsi 20 millions de photos haute définition d’antiquités à protéger.


Antonin André, expert politique

Le président de la république s’y était engagé, il y aurait une grande conférence de presse deux fois par an pour s’expliquer, rendre compte de sa politique et de ses choix. La dernière a eu lieu le 7 septembre dernier. On est le 20 janvier, et aucune conférence de presse à l’horizon.

Il n’y aura pas de grande conférence de presse du président dans les semaines qui viennent. Ni de vœux à la presse d’ailleurs, aucune expression devant les journalistes rassemblés comme il l’ a toujours fait depuis le début de son quinquennat. L’an dernier, la conférence de presse avait eu lieu le 5 février. L'année d’avant c’était le 14 janvier 2014 il était question d’un déplacement en scooter. En 2013, des Vœux à la Presse. Cette année, l’Elysée a repoussé siné-dié le rendez-vous. C’est la première fois depuis son élection que le président renonce à cet exercice.

Pas de conférence de presse, pas d’interview... Y a-t-il un changement dans la communication du président, une rupture ?

L’exercice de la conférence de presse tire le président vers le bas voilà l’explication. Si François Hollande se confronte aux journalistes aujourd’hui, il n’échappera pas aux questions sur la primaire à gauche, sur sa candidature indexée sur la courbe du chômage en 2017 et éventuellement sur la réforme constitutionnelle. C’est l’analyse que fait l’Élysée aujourd’hui.
On est à un peu plus d’un an de l’élection présidentielle, pour François Hollande la seule question c’est le regard des Français, des électeurs. Son atout c’est qu’il occupe le poste. Il doit donc rester dans une posture de solennité ou de rapport direct avec les Français. La solennité c’est l’allocution du 31 décembre : 11 millions de téléspectateurs, c’est deux millions de plus que l’année passée. Le rapport direct ce sont les déplacements sur le terrain et les réseaux sociaux, un millions et demi de followers sur twitter, snapchat ou instagram pour atteindre les jeunes.
Il est aidé dans cette rareté de la parole médiatique par l’omniprésence de son Premier ministre qui lui parle tout le temps partout pour faire la pédagogie de la réforme. Il n’ y aura pas de grande conférence de presse ni en janvier, ni en février. Et s’il ne brisait un engagement de campagne le président s’en passerait bien pour toute l’année. Fait rare chez lui, lors de son dernier exercice il avait eu cette phrase cinglante pour saluer les journalistes : "Je vous dis à la prochaine conférence pour d’autres questions qui peuvent ressembler à celles qui ont été posées aujourd’hui."


Axel de Tarlé, expert économie

Face au ralentissement de son économie qui est au plus bas depuis 25 ans, la Chine décide de procéder à un virage ultra-libéral.

C'est un peu Margaret Thatcher qui débarque à Pekin ?

Du moins, ce sont ses idées qui débarquent à Pekin.
On peut faire une comparaison avec la libéralisation initié par Ronald Reagan aux États-Unis au début des années 80 qui a privatisé à tout va notamment des pans entiers de l'économie ou les compagnies aériennes.
C'est donc la même chose en Chine où le pays est extrêmement régulé et où l’État est très présent.
Aujourd'hui, les grandes entreprises sont publiques et les entreprises étrangères veulent faire des affaires en Chine, elles doivent donc trouver un partenaire chinois qui sera majoritaire.
Le gouvernement chinois veut déréguler pour faciliter la vie des entreprises.

Quel est l'objectif ?

il est simple, c'est de booster la croissance.
Aujourd'hui, le modèle des entreprises chinoises écoutent l’État. L’économie chinoise évolue au rythme des grands plans quinquennaux en se tournant moins vers l'export et le consommateur chinois.
Les entreprises chinoises sont désormais plus à l'écoute des clients pour répondre au besoin de la classe moyenne.
La Chine es donc moins tournée vers export pour se reconcentrer vers la consommation intérieure afin d'équilibrer l'économie.

Est-ce que ce retrait de l’État peut avoir des conséquences politiques ?

Le désengagement de l’État aura forcément une répercussion politique. L'Etat est partout, et il est omniprésent dans la rue ou dans l'entreprise. C'est pour cela qu'on le craint et qu'on le respecte.
S'il commence à se retirer des affaires économiques, il perdra en légitimité et en d'autorité ce qui pourrait avoir des conséquences politiques.
Cette libéralisation est un tournant majeur pour la Chine.