Le "coup de chaud" de Juppé, partie émergée de l'iceberg

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Les experts d'Europe 1 est une chronique de l'émission Europe matin
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Axel de Tarlé, Anne Le Gall et Antonin André font le point sur l'actualité du jour. 

Anne Legall, experte innovation 

A l'occasion du Salon de l''agriculture, nous évoquons ce matin le matelas connecté pour les vaches. 

Eh oui les vaches sont comme nous, elles aiment leur petit confort. Quand on leur propose le choix entre de la paille sur du béton ou un matelas souple, en caoutchouc, elles choisissent le matelas pour se coucher. D'où l'idée d'une coopérative de l'ouest de la France, qui s'appelle Terrena, de développer un matelas connecté pour améliorer la santé des vaches.

Et du coup il fait quoi le matelas, des massages ?

Mais oui, exactement. Ce matelas intègre notamment un système de vibrations pour améliorer la circulation sanguine des vaches (qui restent immobiles à ruminer 12 heures par jour en moyenne et peuvent avoir les pattes engourdies). Et il y a aussi une fonction vibreur pour le matin, pour inciter la vache à se rendre à la traite dès le réveil. Et puis surtout, ce matelas enregistre, grâce à des capteurs, la température et l'activité de la vache tout au long de la journée. Ce qui permet de repérer très vite une vache malade qui ne bouge pas beaucoup ou une vache stressée ou blessée ou qui a des problème digestifs car dans ce cas elle bouge plus que la moyenne.

Et ça change quoi au quotidien de savoir tout ça ? 

Ça permet d’anticiper les problème de santé et d'utiliser moins d'antibiotiques, d'améliorer la production de lait, de personnaliser l'alimentation pour chaque vache, de connaître les bonnes fenêtres pour la reproduction. Cette surveillance sur mesure, via le matelas connecté, est actuellement testée dans une exploitation de 70 vaches en Loire Atlantique. Elle pourrait s'étendre à d'autre élevages dès cette année.

Antonin André, expert politique

Le duel Aubry-Valls est d’une rare violence. Un paravent utile pour les Républicains, car, c’est passé inaperçu, mais cette semaine, le ton est monté d’un cran entre rivaux à droite

Paul Bismuth. Ce nom vous dit quelque chose ? C'était le pseudo utilisé par Nicolas Sarkozy au téléphone avec son avocat, pseudo révélé dans une affaire judiciaire. Et bien Alain Juppé, devant des étudiants à l'université d'Assas, sur le ton de la plaisanterie, a affublé Nicolas Sarkozy de ce pseudo. Pour gagner, "je fais confiance aux électeurs de la primaire et pas seulement à Monsieur Bismuth", glisse Alain Juppé. La vidéo existe mais de faible qualité. Et il ajoute : "s’il y a 500.000 électeurs, Monsieur Bismuth a toutes ses chances. Si c’est 3 millions, j’ai toutes mes chances." Grand éclat de rire de la salle. Alain Juppé a-t-il oublié la caméra des étudiants ? Ca tourne sur les réseaux sociaux, sur le net. Sortie jugé inélégante par l’entourage de Nicolas Sarkozy, qui ajoute que "ce n’est pas forcément mauvais pour nous, cela montre qu’il n’y a pas les gentils d’un côté et les méchants de l’autre." ON ne peut pas parler de dérapage, on n’en est pas là. Mais cet épisode montre que même Alain Juppé, très en retenue, n’est pas à l’abri de la sortie de route et surtout que la campagne peut déraper à tout moment via les smartphones, les réseaux sociaux.

Excès de confiance du favori. Cette pique d’Alain Juppé, qualifiée de "coup de chaud" par les partisans de Nicolas Sarkozy, n’est que la partie émergée de la violence déjà à l’œuvre.

Tout le monde est inquiet du climat ambiant, parce que la violence, retenue pour le moment, est de plus en plus présente, alimentée par les  entourages, par le "off". Voilà ce qu’on dit chez Bruno Le Maire sur Nicolas Sakozy :  "C’est comme La Grande vadrouille, on l’a vu 15 fois, on regarde si on n’a rien d’autre à faire." Et de François Fillon que dit-on dans la team Le Maire ? "C’est un analphabète politiquement". Ce qui faut comprendre, c’est que plus vous êtes outsider, plus vous avez tendance à taper fort. Pour exister. Les grands candidats eux n’ont aucun intérêt à démarrer trop fort trop vite, mais une étincelle et tout peut flamber, analyse un cadre des Républicains : "La haine entre Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et François Fillon est devenue bien supérieure à celle qu’ils éprouvent  pour François Hollande." D’où l’urgence de faire signer une charte aux différents candidats. Thierry Solère, le monsieur Primaire des Républicains, y travaille. Elle sera prête début avril. Aticle 1 : tous les concurrents s’engagent à soutenir le vainqueur, article 2 : code de bonne conduite, pas de coups en dessous de la ceinture.

Axel de Tarlé, expert économie

L'incroyable histoire du champion français Zodiac. Zodiac, c'est le N°1 mondial des sièges d'avions (30.000 salariés dans le monde). Et Zodiac se retrouve en grande difficulté car l'entreprise a trop de commandes ! Avouez que ce n'est pas banal !  

Hier, l'action Zodiac s'est écroulé de 25 % à la Bourse de Paris, à l'annonce de nouvelles difficultés. Quelles sont-elles ces difficultés ? Retard. Zodiac, incapable de livrer en temps et en heures, ce qui plombe littéralement l'entreprise (qui se voit infliger des pénalités de retard dans tous les sens).

La solution est simple : Y a qu'à embaucher ! Mais Zodiac n'arrète pas d'embaucher à tour de bras. L'entreprise compte une centaine d'usines dans le monde, qui fabriquent à tour de bras, des sièges, des toilettes, des coffres à bagage. Elle est n°1 mondial des équipements intérieurs. Mais quand vous grossissez trop vite - l'entreprise a doublé de taille en 5 ans - il y a des ratés, des dysfonctionnement. Vous perdez les pédales, un peu comme à vélo quand vous avez pris trop d'élan. 

Du coup, les compagnies aériennes sont furieuses. Boeing a des avions 787 parqués dans le désert de Mojaves aux Etats-Unis, qui attendent désespérément les sièges et les toilettes d'intérieur. Le mois dernier, le patron d'Airbus a lancé une soufflante contre Zodiac qui est incapable de livrer. Du coup, Zodiac, est en surrégime - ce qui engendre aussi des surcoûts.

C'est l'histoire malheureuse d'une PME qui a grossit trop vite (15 acquisitions en 7 ans) mais qui est toujours gérée comme une PME, alors qu'elle opère dans la cour des très grands.