La "calinothérapie" de François Hollande envers les profs

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Les experts d'Europe 1 est une chronique de l'émission Europe matin
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Antonin André, Axel de Tarlé et Franck Ferrand reviennent sur l'actualité du jour.

Antonin André, expert Politique

François Hollande à la reconquête des Profs ! Sans les enseignants aucune chance pour le président de se qualifier pour un second mandat. Pendant deux jours le gouvernement va tenter un grand numéro de "calinothérapie", parce que les profs il les a perdus !

44% des profs ont voté Hollande en 2012. Selon l’IFOP ils ne sont plus que 26% à le soutenir pour 2017, 18 points de chute ! C’est considérable. Pourquoi cette "bronca" ? Parce que les profs ont le sentiment de s’être faits blousés : 2012 le candidat Hollande fait campagne sur la jeunesse, sur la création de 60 000 postes dans l’éducation. Et qu’est-ce qu’ils ont pris sur la tête ? la réforme des rythmes scolaires, et celle du collège pour la rentrée prochaine. Du coup le Président va sortir le carnet de chèque : les instits premiers impactés par la réforme des rythmes scolaires vont toucher une prime de 800 euros annuels, coût pour le budget de l’état plus de 250 millions.

On voit bien qu’on est en campagne. Et puis le président viendra ce soir défendre son bilan aux assises de la refondation de l’école. Un grand raout qui va durer deux jours avec 2000 instits, profs et conseiller d’éducation. Les trois derniers ministres de l’éducation seront là : Vincent Peillon, Benoît Hamon et Najat Vallaud Belkacem. C’est l’union sacrée pour reconquérir les profs. Est-ce que les espoirs de reconquête de François Hollande sont fondés ? Dans le dur de la campagne, les profs reviendront vers lui ou est-ce que c’est mal barré ?

Ce sera dur, parce qu’entre les profs et le PS la procédure de divorce est enclenchée depuis longtemps : Claude Allègre sous Lionel Jospin qui voulait "dégraisser le mammouth", Ségolène Royal en 2007 qui voulait mettre les enseignant aux 35 heures effectives en salle de classe. Et quand le PS braque les profs, la sanction est immédiate : en 2002 "effet Mammouth", les enseignants se dispersent vers Chevènement ou Taubira, Jospin est éliminé. En 2007,  Ségolène Royal elle-aussi est plombée par la démobilisation des enseignants. François Hollande a tout cela en tête, après le point d’indice des fonctionnaires, il soit s’assurer le soutien de cette clientèle très politisée. Pour les convaincre il a des arguments l’an dernier le budget de l’éducation est redevenu le premier poste de dépense, il est repassé devant la défense, les 60 000 postes seront bouclés, les primes rehaussées.

Est-ce que ce sera suffisant ? Pas sûr. Le climat social autour de la Loi sur le code du travail est d’ailleurs un bon indicateur, si l’on en juge par le suivi de la grève à l’école lors des dernières journées de mobilisation.


Axel de Tarlé, expert Economie

Un nouveau PDG pour Air France : Jean-Marc Janaillac. Et déja un début de polémique, puisque cet énarque de 63 ans est un très "proche" de François Hollande. Il sort de la fameuse promotion Voltaire, celle de François Hollande, Ségolène Royal, Jean Pierre Jouyet, Michel Sapin, etc. Mais, il était également avec lui à HEC et surtout, Jean Marc Janaillac a participé à la campagne de François Hollande en 2012, il était en charge des transports. Très proche donc... c'était justement l'un des points faible de sa candidature, on anticipait ces accusation en "parachutage."

Jean-Marc Janaillac est-il légitime à ce poste ? Oui, il connait parfaitement le monde des transports. Il a dirigé la Compagnie Aérienne AOM, les résidence de tourisme Maéva, e depuis 2012 il est le patron de Transdev qui opère dans le secteur des bus et des tramways dans de très nombreuses villes en France et à l'étranger.

Ce qu'on peut retenir c'est qu'il a redressé Transdev qui était en grande difficultés. Le Conseil d'Administration d'Air France a été sensible à ce point et l'a retenu comme seul candidat. A la tête d'Air France, Jean-Marc Janaillac devra notamment renouer le dialogue avec les pilotes qui viennent de refuser le plan de compétitivité.    

Pourquoi ne pas avoir choisi un candidat en interne comme réclamaient les syndicats ?  Finalement, une candidature extérieure a été préférée, comme c'est souvent le cas. D'autres candidats étaient également pressenti.  Le Conseil a ainsi sondé Fabrice Bregier - la patron d'Airbus, Alexandre Bompard (FNAC), ou Caroline McCall (EasyJet)... Mais cette dernière gagne 10 millions d'euros, elle aurait donc du diviser son salaire par dix pour diriger une compagnie compliquée, ... ou l'on peut vous arracher votre chemise si les négociations tournent mal. 

C'est malheureux à dire : Air France fait moins rêver.


Franck Ferrand, expert Histoire

Aujourd'hui, escale au 2 mai 1519, à Amboise, au manoir du Cloux ; ravissante demeure que nous appelons le Clos-Lucé. Ce 2 mai voit disparaître Leonard de Vinci. Une légende tenace voudrait que le maître italien ait rendu son dernier soupir dans les bras du roi François Ier. On sait aujourd’hui, indubitablement, que c’est faux. Mais l’image est belle, elle a été représentée par un autre génie de la peinture : Ingres. 

Pourquoi Leonard de Vinci était-il à Amboise à ce moment-là ? Le roi de France, François Ier, et sa mère, Louise de Savoie, l’avaient invité, en 1516, à venir s’installer en France. Le Maître a quitté l’Italie et traversé les Alpes à dos de mule, emportant avec lui quelques tableaux, dont la Joconde. Il a été nommé "Premier peintre, Premier ingénieur et Premier architecte du Roi"  - un roi qui l’a hébergé, pensionné et surtout laissé libre de travailler à sa guise. Léonard a bien voulu œuvrer à des spectacles de Cour, et a fait quelques plans pour le domaine de Louise de Savoie. Travaux d’urbanisme, d’hydraulique et, bien entendu, de mécanique qui passionnaient ce génie vieillissant, bien autrement que la peinture.

Mais il n’a pas vraiment eu le temps de profiter de sa liberté nouvelle.Trois ans, à peine. Et puis la maladie a eu raison de lui, ce 2 mai 1519. Un cortège de soixante mendiants - c’était sa volonté - l’accompagnera jusqu’à sa dernière demeure, la collégiale Saint-Florentin du château d’Amboise. A son disciple, Francesco Melzi, il lèguera ses pinceaux, ses livres et... ce qu’il lui restait de ses œuvres. Innombrables croquis, dessins et tableaux seront dispersés par la suite. Mais son héritage demeure, aujourd’hui. La Joconde et le Saint-Jean-Baptiste, notamment, sont au Louvre. On doit aussi à Leonard des inventions techniques telles que l’ancêtre du char d’assaut ou même le principe de l’hélicoptère.