Indépendance de la Catalogne : c’est reparti pour un tour ?

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Les experts d'Europe 1 est une chronique de l'émission Europe matin
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Axel de Tarlé, Anne Le Gall, Alex Taylor et Antonin André font le point sur l'actualité du jour.

Alex Taylor, expert international

L’indépendance de la Catalogne, c’est reparti pour un tour ?
 
Cette fois-ci c’est peut-être le bon. Les événements de ce weekend ont changé la donne. A la 59e minute de la onzième heure, hier, l’Assemblée régionale catalane a sorti de son chapeau un nouveau président. Cela faisait des semaines que l’ancien président Arturo Mas essayait de se faire élire, mais la gauche radicale s’y opposait, le jugeant trop favorable à Bruxelles. Il fallait trouver une solution au plus tard ce matin sinon rebelote, des élections régionales. A la "sorpresa general", hier c’est le maire de Gérone qui a été désigné. Carles Puigdemont, ancien journaliste, et linguiste qui en effet n’a pas peur des mots. Il a déclaré récemment qu’il était temps de chasser les envahisseurs espagnols et son discours vibrant hier a été sur le thème "l’heure n’est pas aux lâches".
 
Les prochaines étapes c’est quoi ?
 
Il a promis, au grand dam de Madrid, la totale indépendance unilatérale de la Catalogne d’ici 18 mois. Cela veut déjà dire que le mois prochain, Barcelone s’approprie la Sécurité Sociale. Puis une banque centrale, la justice, une armée catalane. Concrètement cela agite "la muleta" devant le taureau déjà très abattu du premier ministre Mariano Rajoy, qui a perdu sa majorité juste avant Noël et qui sera peut-être obligé, malgré tout, de rafistoler vite fait une "gran coalicion" avec les socialistes, seule parade pour éviter la mise à mort brutale de la "nacion Espana".


Antonin André, expert politique

Aujourd’hui, Manuel Valls reçoit les syndicats pour parler emploi, le président doit rendre ses arbitrages dans les jours qui viennent. Les grands patrons de nombreuses organisations, Medef ou Apec, font leur liste de vœux dans une lettre commune.

Les attentes sur l’emploi sont très fortes aujourd’hui.

C’est simple, le président joue sa dernière carte. François Hollande est dos au mur, il a 12 mois utiles pour réussir là où il échoue depuis trois ans.
Le chômage, 50 milliards d’euros d’allégement de charges pour les Entreprises, plus de 450.000 emplois aidés aujourd’hui en France, un record. Et quel résultat : peanuts, le chômage croit croit croit. Un seul chiffre : le taux de chômage des jeunes en France, c’est la priorité de François Hollande la jeunesse, plus de 25% c’est 5 points au-dessus de la moyenne européenne. Le président le sait mieux que personne, mieux que les patrons qui lui font la leçon, il l’a dit d’ailleurs : "il y a un État d’urgence économique et social". Et l’enjeu est lourd pour les chômeurs eux-mêmes bien sur mais pour lui-même aussi car sans résultats sur le front de l’emploi : pas de second mandat.

Il faut donc des mesures fortes, radicales. En même temps, François Hollande a un problème de majorité sur la déchéance de nationalité et on l’a déjà mesuré sur l’économie avec les Frondeurs.
Est-ce qu’il peut réellement faire plus pour les entreprises notamment ?

Il peut faire beaucoup plus. D’autres leaders de gauche l’ont fait avant lui en violant leur famille politique, en lui tordant le bras : "La gestion de l'économie n'est ni de gauche ni de droite. Elle est bonne ou mauvaise. Ce qui compte, c'est ce qui marche". Thank You Tony Blair en ""1997, les "travaillistes" ont suivi. Comme le SPD a avalé les réformes Shroeder.
Lionel Jospin fut le Premier ministre qui a le plus privatisé les entreprises publiques ? François Mitterrand, honoré ces jours-ci par François Hollande, n’a-t-il pas défendu une politique du Franc fort ?

C’est simple : François Hollande doit prendre des risques il n’a plus grand-chose à perdre compte tenu du temps qui lui reste. Va-t-il le faire ? L’Élysée, ces jours-ci, nous dit qu’"on va voir ce qu’on va voir". On parle de déverrouiller la durée hebdomadaire du travail, d’assouplir le système des heures supplémentaires mais rien de révolutionnaire. Il y a d’ailleurs un symptôme éclairant,inquiétant du point de vue des patrons : La loi Macron 2 annoncée comme le gros coup de booster à l’économie française a du plomb dans l’aile car on en parle désormais au conditionnel à l’Élysée.


Anne Le Gall, experte innovation

L'innovation, c'est le projet de train ultra rapide hyperloop qui commence à devenir un peu plus concret

CNN a diffusé les images des premiers modules qui composeront le circuit d'essai de ce train futuriste hyperloop.
La video montre des dizaines de tubes entreposés les uns à côté des autres, dans le désert du Nevada à 50 km au nord de Las Vegas.
On parle de train mais il faut en fait imaginer des capsules d'une capacité de 30 à 50 passagers qui circuleront sur coussin d'air dans un tube fermé à basse pression pour limiter les frottements.
Hyperloop pourrait ainsi atteindre 1.200 km heures en vitesse de pointe.
Les premiers essais devraient se faire dans les six prochains mois d'abord sur un circuit à ciel ouvert à 500 kms / heure puis ces tubes seront fermés pour tenter de faire circuler les capsules plus vite, fin 2016.

Ce projet est-il crédible ? Ça paraît quand même fou non ?

Effectivement, relier en Los Angeles à San Franciso ou Paris à Marseille en moins de 40 minute en théorie le tout à l'énergie solaire, parce qu'en plus ce train est autosuffisant en énergie, ça a un côté fou !
Et en même temps , l'initiateur de ce projet c'est Elon Musk. Cet ingénieur chef d'entreprise américain a déjà fait ses preuves, en lançant la Tesla ou le mois dernier en faisant ré-atterrir à la verticale , le 1er étage d'un fusée via sa société Space X.
Donc l'hyperloop, pourquoi pas. La société qu'il a créée en 2013 pour finaliser son projet compte aujourd'hui plus de 500 collaborateurs experts de toutes nationalités.
La faisabilité technique et économique de ce train a été démontrée sur le papier.

Reste à concrétiser les choses sur les rails, c'est son objectif pour 2016.