François Hollande, le président du nucléaire et l’obsolescence programmée des produits Apple : les experts d'Europe 1 vous informent

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Les experts d'Europe 1 est une chronique de l'émission La matinale d'Europe 1
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Antonin André, Axel de Tarlé et Anne Le Gall font le point sur l'actualité du jour.

Antonin André, expert politique

Une réunion cruciale va avoir lieu ce matin à l’Élysée pour sauver le géant de l’énergie EDF. Au cœur du problème le fameux EPR, deux réacteurs de ce type sont en projet en Grande-Bretagne à Hinkley Point. Les risques financiers sont énormes pour EDF. Que va décider le Président ?

Selon nos informations, le Président va donner son feu vert. Plus que ça, il va demander au patron d’EDF, Jean-Bernard Levy, d’enclencher le projet. Contrôlé à 85% par l’État, EDF va devoir se plier au choix stratégique de François Hollande.
C’est un choix aussi audacieux que risqué. Financièrement, l’EPR d’Hinkley Point va coûter à l’entreprise plus de 16 milliards d’euros à rapprocher de sa valeur boursière qui est aujourd’hui de 22 milliards.
Risqué financièrement certes mais également risqué sur le plan technologique, aucun EPR ne fonctionne dans le monde et on n’a pas d’évaluation précise des risques. Surtout, c’est à contre-courant de de la tendance mondiale : prenez la Chine et ses énormes besoins énergétiques, ses programmes d’investissements dans le nucléaire ont été presque divisés par deux en cinq ans.
L’avenir c’est le renouvelable, d'ailleurs plus aucun pays ou acteur énergétique ne se lance dans des mises en chantier massives de réacteur nucléaire, sauf nous la France.

On se souvient que le président s’était engagé à réduire la part du nucléaire dans l’électricité produite à 50%, ça veut dire qu’il y renonce ?

Non il y tient. D’ailleurs autre confirmation ce matin que le président va signifier à Jean-Bernard Levy, il s'agit de la fermeture de Fessenheim. Le patron d’EDF n’y est pas favorable, "mais c’est pas lui qui décide !" tranche-t-on à l’Élysée.
Donc oui, le processus de fermeture de Fessenheim va être enclenché. Mais ne vous y trompez pas Fessenheim, c’est un petit su-sucre pour les écologistes, pour faire passer la douleur.
Parce que François Hollande, converti sur le tard à l’écologie n’a jamais cessé de croire dans la filière nucléaire. Il est constitutionnellement et politiquement forgé dans le socialisme productiviste et industriel.
Il n’y a pas renoncé, même réduit à 50% de notre électricité, le président fait du nucléaire le pilier de notre énergie pour le demi-siècle à venir.
Au nom de notre indépendance énergétique, du coût maîtrisé pour les consommateurs, et par-dessus au nom aussi vous dira-t-il de l’environnement : le nucléaire c’est " 0" rejet de carbone dans l’atmosphère.


Anne Le Gall, experte innovation

Innovation : Solar impulse 2, l'avion solaire de Bertrand Piccard devrait redécoller dans quelques jours pour boucler son tour du monde

Vous vous souvenez sans doute, ce planeur couvert de cellules photovoltaïques avait dû interrompre son périple à Hawaï en juillet dernier pour cause d'avarie sur les batteries.
Ces batteries ont été réparées et l'avion, devrait repartir dans quelques jours, quand la météo sera favorable, pour rallier New-York puis traverser l'Atlantique, toujours sans utiliser un seule goutte de kérosène, ni le jour ni la nuit.

On admire la prouesse technologique mais cet avion solaire va-t-il nous apporter aussi des progrès au quotidien ?

La réponse est clairement oui car cet avion est un laboratoire qui va servir à améliorer les batteries et les panneaux solaire. 97% de l'énergie produite est utilisé par Solar impulse, ce qui est une performance.
Cette technologie permettra par la suite de construire des drones solaires, autonomes en énergie, qui pourront rester en position stationnaire à 20 kilomètres de haut pour faire de la surveillance ou servir de relais internet jours et nuit.
Solar impulse est aussi un laboratoire qui permet également de tester de nouveaux matériaux. Par exemple, il faut savoir que pour économiser de l'énergie, le cockpit de Solar impulse n'est ni chauffé ni climatisé.
Les ingénieurs ont donc travaillé sur l'isolation thermique de l'avion avec des mousses d' isolation dernier cri qui seront utiles à l'avenir dans nos maisons et nos réfrigérateurs.

Enfin, pour fabriquer l'ossature de l'avion, les ingénieurs ont utilisé de la fibre de carbone et des pièces en plastique ultralégères .
Ce sont autant de matériaux qui serviront, dans le futur, à construire des avions, des bateaux et des voitures moins gourmands en carburant.