Economie : le livret A n'a plus la côte

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Les experts d'Europe 1 est une chronique de l'émission Europe matin
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Emmanuel Duteil, Alex Taylor et Alexandre Kara font le point sur l'actualité du jour.

Emmanuel Duteil, expert économie :

 Le livret AEmmanuel Duteil ça se confirme le livret A n'a plus la côte. Effectivement depuis janvier on a sorti près de 10 milliards d'euros de notre livret A. Ca devrait faire de cette année une année record en la matière. A l'exception du mois de mars il y a eu chaque mois plus de sortie d'argent que de dépots sur ces livrets. On a eu les chiffres hier pour novembre. La raison principale de cette chute c'est la baisse du taux de rémunération. Le livret A était rémunéré à 2.25% fin 2013,  il est aujourd'hui à 0.75% - là aussi c'est historique - ! Du coup beaucoup de français se disent : ça ne rapporte rien je préfère donc garder mon argent sur mon compte courant.  Et pourtant c'est un erreur si je peux me permettre. Je sais que je vais heurter les oreilles de certains de nos auditeurs ce matin mais à 0.75% le livret A offre un de ses meilleurs taux de rémunération... pourquoi ? Eh bien parce que l'inflation étant quasiment à zéro on gagne vraiment de l'argent. Ce qui n'a pas toujours été le cas,  loin de là.Le taux de rémunération du livret A pourrait encore baisser alors ?Si on s'en tient à la stricte formule mathématique oui, il devrait baisser, il devrait passer à 0.50 voire 0.25%. Mais ce n'est pas certain que le gouvernement accepte une nouvelle baisse. Le dilemme est compliqué : il faut arbitrer entre l'opinion publique qui aime ce placement. Baisser encore le taux reviendrait à tuer le livret A et la réalité économique. Pourquoi ? Eh bien parce que les fonds placés sur le livret A servent à financer en partie le logement social. En baissant les taux ça permet d'octroyer des prets moins coûteux aux organismes HLM. En le maintenant à des niveaux trop élevés ce sont donc autant de logements pas construits. Quand le livret est resté bloqué là aussi pour des raisons politiques à 1% la banque de France parlait de 5 à 6000 logements non construit à cause de cela, ce qui est toujours regrettable quand on connait la situation du logement en France...



Alex Taylor :

Cela se corse entre Rome et Berlin Cela a commencé avec le sommet ce weekend à Bruxelles où tout le monde a fait du Cameron et pas trop remarqué le ton glacial entre Matteo Renzi et Angela Merkel. « On ne peut pas dire que tu donnes ton sang pour l’Europe », - le refus de la chancelière de mettre l’épargne allemande comme garantie de l’euro, puis son étonnement de voir les allemands investir dans North Stream, un pipeline avec les russes, malgré les sanctions contre Moscou, et surtout malgré que les italiens, eux, ont dû abandonner Southstream, leur gazoduc russo-italien. Le tout aboutit à un entretien remonté hier dans FT, où Renzi dresse la liste de tous les chefs de gouvernement qui ont perdu leur boulot à cause de l’austérité made in Germany, Grèce, Portugal, Pologne et « mon ami Mariano » à Madrid….. Pourquoi tout ça ? Il s’est frité avec Juncker Tusk et tutti quanti de l’establishment bruxellois. Il s’en est pris au Président du parlement européen, tu as invité Merkel et hollande à faire des allocutions, et moi là dedans? Cherchez la femme – cherchez l’électeur. Renzi est remonté, en tout cas il met en scène sa colère. Comme beaucoup il a des élections régionales l’année prochaine. Comme beaucoup il est talonné par ses propres eurosceptiques. Sur sa page FB par exemple il dit clairement que l’austérité imposée par Berlin est responsable montée FN en France.