Du nouveau sur le Brexit et Hollande face à la grogne des agriculteurs : les Experts d'Europe 1 vous informent

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Les experts d'Europe 1 est une chronique de l'émission Europe matin
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Axel de Tarlé, Anne Le Gall, Alex Taylor et Antonin André font le point sur l'actualité du jour.

Alex Taylor, expert international

Ca bouge sur le Brexit !
 
Le président du Conseil européen, Donald Tusk, va publier ce midi les termes d’un accord de principe arraché après d’intenses négociations ces 24 dernières heures au Downing Street.
Selon mes sources, Cameron a obtenu deux choses. Un frein d’urgence qui permet à la Grande Bretagne de ne pas payer des allocations chômage à des demandeurs d’emploi d’autres pays membres. Puis, dans le rôle du lapin qui sort du chapeau, la création d’un carton rouge pour empêcher toute législation européenne qui ne plaît pas aux parlements nationaux.
 
Tout est bouclé, vous allez rester !
 
Pas sûr. Quand on gratte un peu, sur le carton, il y a déjà un carton jaune, et chut ! Mais la Commission n’en tient pas trop compte.
Pour le rouge, il faut que 55% des parlements de l’Union Européenne s’opposent à une directive dans les trois mois, pas une mince affaire.
Puis sur la migration, dans le fond, Cameron n’a pas eu ce qu’il voulait, supprimer les allocations pendant quatre ans. Là, il fallait habiller le frein d‘urgence comme une grosse concession. L’expression anglaise "une tempête dans une tasse de thé". En plus, cela commence à fuiter ce matin, sa propre ministre de l’Intérieur qui menace de faire campagne pour quitter l’Union Européenne, si elle n’obtient pas gain de cause, veut davantage de contrôles notamment sur les mariages blancs entre citoyens européens et des personnes venues d’ailleurs.
Référendum le 23 juin ? Probable, acté au prochain sommet dans deux semaines. Une autre expression anglaise concernant le thé "many a slip twixt cup and lip".


Axel De Tarlé, expert économie

Scandale à la "Bernard Madoff" en Chine
Près d'un million de Chinois ont été escroqués par une chaine Pyramidale. Une arnaque qui s'élève à sept milliards d'euros.

La grande différence avec l'affaire Madoff c'est le nombre de victimes qui s'élève à 900.000 Chinois qui ont été escroqués. il s'agit donc de la plus grande escroquerie pyramidale de l'histoire en nombre de victimes. Le montant était plus important dans l'affaire Madodd mais il y avait beaucoup de moins de victimes.

Cette arnaque, comme pour Madoff, est basée sur une chaîne pyramidale (Chaine de Ponzi) qui promet des rendements exceptionnels avec 15% garanti.
Les gogos arrivent et l'argent entre dans les caisses mais cette argent n'est pas placée..
cela permettait au fondateur de la banque,Ding Ning, de mener grand train. Il a notamment offert à sa collaboratrice une bague de 2,5 millions de dollars et accessoirement de verser les fameux 15 % annuels de rendement privés.

A un moment tout fini forcément par s'écrouler parce qu'en finance, le miracle n'existe pas.
Le haut rendement et la sécurité à 15 % garanti, ça n'existe pas. Le placement est forcément risqué et vous pouvez tout perdre.

Cependant, les particuliers avaient confiance car ce site internet avait pignon sur rue grâce à la publicité.
Il avait notamment obtenu le Label "d'entreprise responsable"

Y avait-il de la Corruption ?

La question de la corruption ou de l'incompétence des autorités chinoises se pose. Il existe un réel doute sur la capacité des autorités à gérer le ralentissement économique.
C'est le problème de beaucoup de scandales financiers de ce type qui émergent en ce moment avec le ralentissement économique.
C'est quand ça va mal que les scandales éclatent.
Warren Buffet : "C'est quand la mer se retire, qu'on voit ceux qui se baignent sans maillot de bain"


Anne Le Gall, experte innovation

Innovation : Microsoft veut couler des milliers d'ordinateurs pour les refroidir

Le géant américain a déjà plongé dans le pacifique l'équivalent de 300 ordinateurs de bureau à 10 mètres de profondeur pendant trois mois.
Il faut dire que Microsoft est assez content de son coup car le refroidissement fonctionne plutôt bien et qu'aucun disque dur n'a pris l'eau.
Ces ordinateurs étaient protégés par un caisson qui ressemble un peu à la citerne d'un camion pour transporter des liquides. Il s'agit en fait du premier prototype de Datacenter sous-marin.
Microsoft voudrait, à terme, installer ses dizaines de centres de stockage informatiques sous la mer pour qu'ils n'aient plus besoin d'être refroidis par la climatisation classique. Une climatisation qui est couteuse et peu écologique.

Peut-on construire des centres informatiques sous-marins vraiment plus écologiques ?

Les ingénieurs assurent que ce caisson rempli d'ordinateurs dégage assez peu de chaleur finalement au regard de la masse d'eau dans l’océan. Il n'y aurait pas donc de quoi perturber les poissons et il ne ferait pas plus de bruit qu'un banc de crevettes.

L'autre avantage des data center sous-marins selon Microsoft c'est qu'ils sont plus rapides. La moitié de la population mondiale habite a moins de 200 kilomètres des cotes, l'information aurait donc moins de trajet à parcourir pour arriver sur l'ordinateur des particuliers.
A l'inverse d'aujourd'hui où les informations sont stockées sur des serveurs dans des bâtiments en rase campagne, loin des habitations.

Alors les data center sous-marin, c'est une première et les tests vont se poursuivre mais Microsoft n'est pas le seul à miser sur de nouvelles techniques de refroidissement plus écolos pour ses data center. Google s'est aussi installé près de la mer en Finlande tandis que Facebook refroidit ses ordinateurs en Suède depuis peu et que Yahoo profite de l'eau fraiche des chutes du Niagara pour alimenter les circuits de refroidissement de certains serveurs.


Antonin André, expert politique

Le salon de l’agriculture se tiendra à la fin du mois. François Hollande l’inaugurera dans un contexte de crise de l’élevage. Xavier Beulin, le Patron de la FNSEA, est reçu ce matin à l’Élysée pour tenter de déminer le terrain.
Non seulement, le climat est tendu avec le monde agricole mais le déroulé de la visite complique le rendez-vous : le Président descendra tout juste de l’avion, de retour d’une tournée de cinq jours en Polynésie et Amérique du sud pour enchaîner dès l’aube sur la visite du salon. Ajoutez à cela la menace terroriste qui va se traduire par un dispositif policier renforcé et trois rideaux de protection autour du Président en cercles concentriques. Tout est réuni pour un salon sous haute tension. L’obsession de l’Élysée et du ministère de l’Agriculture qui préparent dans le détail le parcours de François Hollande, c’est d’éviter l’incident. Comment ? En commençant par exemple par le plus sensible : le stand des éleveurs selon un tracé bien préparé, des interlocuteurs bien identifiés, et surtout avant l’ouverture au public.
 
C’est toujours risqué d’être au milieu du public, on se souvient du dérapage de Nicolas Sarkozy "casse toi pauvre con". L’an dernier, François Hollande avait essuyé des sifflets à la sortie mais les agriculteurs ont plutôt une bonne image du président, de l’élu de Corrèze.
 
C’est vrai les agriculteurs aiment bien le Corrézien, l’homme du terroir mais ils jugent beaucoup plus sévèrement le bilan du président. Crise de l’élevage, crise du lait, crise des céréaliers, problème de surproduction, d’effondrement des cours…. Imaginez-vous qu’en 10 ans, le nombre d’agriculteurs a été divisé par deux, ils ne sont plus que 500.000 aujourd’hui et ils ont le sentiment d’être oubliés, de ne pas être entendus.
17.000 taxis à Paris obtiennent en deux jours un rendez-vous avec le Premier ministre alors que les agriculteurs bretons attendent toujours.
Derrière ces 500.000 agriculteurs, c’est le monde rural qui gronde. Ce mécontentement, cette déception on la mesure dans les urnes. En 2012, 19 % des agriculteurs votent Marine Le Pen, ils sont plus de 36% aujourd’hui à se dire prêts à voter pour elle en 2017. Aux régionales, c’est dans le monde agricole et rural que le Front National a percé fortement : que ce soit dans le Nord-Pas de Calais ou En Bretagne des terres historiquement à gauche.