Des matches amicaux aux matches réels et l’Euro, un rendez-vous diplomatique : les experts d'Europe 1 vous informent

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Les experts d'Europe 1 est une chronique de l'émission Europe matin
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Raymond Domenech, Antonin André et Axel de Tarlé font le point sur l'actualité du jour.

Antonin André, expert politique

La politique c’est l’Euro de football qui commence aujourd’hui, c’est du sport avant tout, mais pas seulement, une flopée de chefs d’État va défiler à Paris. L’occasion d’intenses échanges diplomatiques.

Oui alors on vient d’abord pour soutenir son équipe nationale comme le Prince de Galles, Charles, et ses deux fils les princes Harry et William qui seront à Lens le 16 juin pour soutenir le Pays de Galles contre l’Angleterre. Ils sont sûrs de gagner quelle que soit l’issue du match, voilà côté plaisir. Plus sérieusement, François Hollande va croiser une vingtaine de chefs d’État pendant un mois et que font deux chefs d’État assis côte à côte pendant 90 minutes dans une tribune ? Ils parlent foot et politique!
On appelle ça la diplomatie du ballon rond. Premières prises de contact par exemple avec le Nouveau président Portugais et avec le chancelier autrichien qui vient d’être nommé. Mais le moment où l’Euro de foot va basculer dans la politique au moins en tribune officiel c’est le 23 juin, jour du vote des Anglais sur une éventuelle sortie de l’Union européenne.

Côté foot ça veut dire qu’on pourrait commencer l’Euro avec une Angleterre dans l’union et le terminer avec une Angleterre hors de l’euro ?

Oui et on pourrait même parier que le foot influera sur le référendum. Si sur le terrain l’Angleterre est malmenée, battue et humiliée, cela pourrait très bien fâcher les Anglais et l’orgueil blessé les inciter à quitter l’Union. A l’inverse, on peut imaginer qu’une équipe d’Angleterre flamboyante et victorieuse inciterait les Anglais à rester avec nous. Mais dans tous les cas, en tribune autour du 23 juin à la date du référendum, on assistera Brexit ou pas à un match diplomatique. Angela Merkel, Matteo Renzi et David Cameron ont prévus d’assister aux matchs de leurs pays respectifs pour la phase finale. Ce qui veut dire que les tribunes de l’Euro vont se transformer en lieu de sommet informel pour évoquer les lendemains de la crise de l’Union européenne. Il faudra même pour le président français et ses homologues en cas de Brexit concilier compétition sportive et impératifs politiques, une réunion des dirigeants sociaux-démocrates de l'Union européenne est en train de s’organiser à Paris fin juin, en plein euro, pour plancher sur la relance de l’Union.
Le comble serait que le Royaume Uni quitte l’Union européenne et remporte la compétition, la crise de l’Euro gâcherait immanquablement la fête. Bad luck comme disent les anglais…


Axel de Tarlé, expert économie

C'est une fierté nationale qui se retrouve en danger. Le propriétaire des Chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire est en train de faire faillite.
Du coup, ça intéresse les Chinois, qui pourraient racheter cette pépite française.

Ce n'est pas une révolution parce qu'aujourd'hui, les Chantiers de l'Atlantique à Saint-Nazaire, qui viennent de livrer le plus grand paquebot du monde (le Harmony of the Sea de 362 m de long), appartiennent à un groupe coréen.
STX qui détient 66 % des Chantiers de l'Atlantique tandis que l’État français en possède 33 %.
Ce groupe Coréen (STX) fait faillite, il vient d'ailleurs de se placer en redressement judiciaire.

Est-ce que cela a des conséquences négatives pour les Chantiers de l'Atlantique ?

Non. le coréen ne peut pas siphonner la trésorerie des Chantiers de Saint-Nazaire pour se renflouer. En revanche, il va revendre sa filiale française à un nouvel actionnaire.
Un chantier naval chinois est donc sur les rangs, le site "mer et marine" parle de Genting Hong Kong.
Autre solution évoquée, celle de la région Pays de la Loire qui pourrait racheter les 66 % du Coréen.

Serait-ce une bonne solution ? Cela permettrait de faire revenir en France, les Chantiers de l'Atlantique.

Ce n'est pas certain, les patrons d'entreprises publiques disent que l’État est un très mauvais actionnaire :
Un jour il vous demande d’être compétitif et le lendemain, il vous interdit de restructurer pour des questions d'emplois et de politique. La SNCF en est l'exemple, le gouvernement vient d'annuler la réforme pour faire passer sa loi El Khomri.

Franchement; les Chantiers de l'atlantique étaient bien tranquille avec cet actionnaire coréen lointain et dormant et qui n'a jamais posé de problème. Donc, pourquoi pas un actionnaire Chinois ?