Brexit : la France a tout à perdre

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Les experts d'Europe 1 est une chronique de l'émission Europe matin
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Axel de Tarlé, Anne Le Gall, et Antonin André font le point sur l'actualité du jour.

Est-ce que la France pourrait être la grande perdante en cas de sortie de l'Europe du Royaume-Uni ?

Axel de Tarlé :Effectivement, la Grande-Bretagne est notre meilleur client à l'exportation, c'est le pays avec lequel nous réalisons notre plus grand excédent commercial : 11 Milliards d'€. C'est un exploit car avec nos autres partenaires européens nous sommes en déficit. Par exemple avec l'Espagne nous avons un déficit de 15 Milliards d'€, avec l'Italie ou la Belgique il est autour de 6 Milliards. Les Anglais raffolent de nos produits "made in France." Ils ont acheté en 2014 pour 31 Milliards de produits français alors que nous n'achetons que 20 Milliards de leurs produits. C'est de loin notre plus gros excédent bilatéral, car derrière il y a Hong Kong (4 Milliards) et les Émirats arabes unis (3 Milliards).

Que nous achètent-ils les Anglais ?

Les produits sur lesquels on est très bon, ce n'est pas très original : les vins, parfums, céréales, automobiles, fromages et produits pharmaceutiques. L'automobile représente 1 Milliard de l’excédent commercial. Il est évident qu'en cas de sortie de l'Angleterre cela compliquerait la vie de nos exportateurs. Sans même attendre un éventuel Brexit, on sent déjà les premières difficultés. Depuis l'appel du maire de Londres à sortir de l'Europe, la Livre sterling a chuté, rendant nos produits plus chers, donc plus difficiles à exporter.


Une petite bombe politique : nos centrales nucléaires ont encore de beaux jours devant elles ?

Antonin André : 10 ans de plus ! Voici la prolongation accordée par Ségolène Royal, à la demande d'EDF formulée sous le titre "prolonger la vie de nos centrales nucléaires de 40 à 50 ans." L'annonce formalisée début Mars est déjà fixé par un décret de programmation pluriannuel de l’Énergie quasiment rédigé. EDF va lancer le "grand carénage", un lifting de 50 Milliards sur 10 ans selon l'entreprise, alors que la cour des comptes l'évalue plutôt autour de 100 Milliards sur 15 ans. Bref, le nucléaire "c'est l'avenir."

Il y a pourtant un engagement de François Hollande dans la Loi de transition énergétique : "réduire la part du nucléaire dans la production d'électricité de 75% à 50% à l'horizon 2025"

C'est un vœu pieux, car à part faire pousser des éoliennes pour remplacer l'atome, cette promesse est inatteignable. La France a pris un retard considérable dans le développement des énergies renouvelables, et aucune centrale n'a pris le chemin de la fermeture. Fessenheim n'a aucune date de fermeture, aucune de mise en chantier. Emmanuelle Cosse s'est entretenu avec le Président sur l'avenir du nucléaire comme celui de cette centrale, et il est resté extrêmement vague.

Le PDG d'EDF, en dehors de Fesseheim, aucune fermeture de centrale n'a été évoqué. Le nucléaire reste la base énergétique de la France, un choix politique que François Hollande n'assume pas totalement. EDF qui va obtenir un prolongement de 40 à 50 ans de l'exploitation de ses centrales, prépare même un nouvel argumentaire pour prolonger encore de 50 à 60 ans cet investissement...


Une innovation pour révolutionner le rock ?

Écoutez cet extrait ... vous n'entendez rien de bizarre ? Le batteur possède un "troisième bras robotisé." C'est pour ça qu'on entend en même temps deux caisses claires et une cymbale.

Comment le batteur contrôle ce bras robotique ? 

Il ne le contrôle pas, le bras joue tout seul en synchronisant ses mouvements sur ceux du musicien, grâce à des capteurs mis aux points par le GeorgiaTech. Ce bras est capable de se promener au-dessus de la batterie pour frapper différentes parties, en fonction de la position des deux bras du batteur. La prochaine étape sera de relier la prothèse au cerveau du batteur pour qu'elle puisse anticiper les changements de rythmes.

Cela sert à quoi un batteur à trois bras ?

A créer d'autres rythmes... mais aussi à développer des applications dérivées. Imaginons un ouvrier dans une usine qui pourra s'en servir pour une manœuvre délicate, ou un chirurgien pour une opération délicate.