Analyse du sondage "est ce que ça va mieux ?" et Ségolène Royal remet en cause Hinkley Point : les experts d'Europe 1 vous informent

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Les experts d'Europe 1 est une chronique de l'émission Europe matin
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Antonin André et Axel de Tarlé font le point sur l'actualité du jour.

Axel de Tarlé, expert économie

La surprenante sortie de Ségolène Royal contre le chantier "EPR" d'EDF en Grande Bretagne.
Dans le Financial Times, la Ministre de l’Énergie s'inquiète du coût "colossal" de ces deux réacteurs nucléaires alors qu'EDF est déjà dans une situation financière tendue.
Chez EDF, on reconnait avoir été cueilli par cette sortie de Ségolène Royal qui va totalement à rebours de ce que dit Emmanuel Macron, et surtout François Hollande, qui ont confirmé l’engagement de la France pour construire deux réacteurs EPR de nouvelle génération en Grande Bretagne.

Un coût effectivement pharaonique de 16 milliards pour EDF, qui vaut 22 milliards en Bourse, pour une technologie qui reste expérimentale puisqu'à ce jour aucun EPR dans le monde n'est encore entré en fonctionnement.
D'où effectivement, cette déclaration de Ségolène Royal, ministre de l’Énergie, donc concernée par le dossier dans le Financial Times : "Je me demande si nous devrions poursuivre ce projet. Les sommes en jeu sont colossales."
Elle ajoute : "Je pense que si Hinkley Point ne se concrétisait pas, cela ne mettrait pas en péril le secteur français du nucléaire."
Elle réfute l'argumentation souvent mise en avant par beaucoup que si la France veut conserver son avance en technologie nucléaire, elle doit aller de l'avant et construire ces deux réacteurs nouvelle génération.

Que faut-il comprendre ?

Le gouvernement va-t-il faire machine arrière sur le chantier des EPR britanniques ? Apparemment, Non.
Cette sortie de Ségolène Royal serait plutôt une de ces envolées d'humeur dont la ministre a le secret ou alors, c'est un tournant à 180 degrés.
Au dernière nouvelle, le Gouvernement a choisi de soutenir le projet.
Pour des questions de procédure et notamment la consultation du Comité centrale d'Entreprise, la décision finale ne sera pas rendue avant septembre.
Mais, la route est tracée et les travaux ont déjà commencé. EDF lance d'ailleurs une augmentation de capital de quatre milliards pour renforcer son bilan.

Cette affaire montre qu'on a quand même un gouvernement avec une discipline plutôt relâchée.
On va dire qu'on a un gouvernement où il y a des débats...


Antonin André, expert politique

A la question "diriez-vous que ça va mieux pour le pays" pour les Français, 86% répondent "Non" seuls 14% trouvent que collectivement le pays va mieux. Notons que ce petit 14% qui partagent le "ça va mieux" de François Hollande correspond à la côte de popularité du président chez les Français : 14%.
Donc non collectivement le pays ne va pas mieux mais en revanche quand on leur demande "Diriez-vous que ça va mieux pour vous ?" Ils répondent "Oui" à 51%. Une courte majorité qui trouve que sa situation personnelle s’améliore.

C’est contradictoire, ils ont le sentiment que le pays ne va pas mieux, mais que leur situation s’améliore ?

C’est pas forcément contradictoire non, vous allez comprendre.
Ça veut dire deux choses : d’abord que l’optimisme forcené, le volontarisme de François Hollande n’imprime pas sur la situation du pays. Quand il dit "La reprise est là" en janvier 2013, ou quand François Hollande parle "d’un retournement de la conjoncture", les Français ne le croient pas. Pas plus qu’ils ne voient venir l’inversion de la courbe du chômage. C’est ce qui fait dire à 86% des sondés que non, la France ne va pas mieux.
Mais deuxième chose, 51% des Français trouvent que leur situation s’améliore. Là, il y a un terrain favorable pour François Hollande : les Français ne sont pas déclinistes ou pessimistes, ils ne demandent qu’à être convaincu. La difficulté : il va falloir quasiment les convaincre un à un, individuellement, ces Français que si leur situation s’améliore, celle du pays aussi ! Et surtout que c’est grâce à la politique de François Hollande, au CICE et au pacte de responsabilité.
Des bons chiffres de la croissance aux contrats record signés avec l’Australie par les chantiers navals, que tout cela c’est grâce à lui. C’est tout l’enjeu de l’émission de demain et des prochaines semaines. Et s’il nous écoute, un élément supplémentaire: ce sont les classes populaires, les employés qui sont les plus négatifs sur la situation du pays, les professions libérales et classes aisées sont celles qui perçoivent le début d’amélioration.