Les Échos : une interview de la ministre des Transports relue et corrigée par Matignon

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Chaque matin, Raphaëlle Baillot fait le bilan des différentes audiences télé de la veille et revient sur l'actualité médiatique.

Un chiffre qui concerne Internet.

Ce mercredi, c’est un bon gros chiffre tout rond 2,5 milliards, soit le nombre de vidéos visionnées sur Internet par les Français au mois de décembre, tous supports confondus (Youtube, Facebook mais aussi les plateformes vidéos des chaînes de télé). C’est l’institut Médiamétrie, qui a communiqué ce chiffre impressionnant ce mardi.

Les derniers développements du scandale Grindr.

L’appli de rencontre gay a transmis certaines données personnelles très sensibles de ses utilisateurs à des entreprises extérieures, données parmi lesquelles leur statut HIV. On l’a appris lundi, scoop du site Buzzfeed.
Alors que s’est-il passé depuis ? D’abord, Grindr s’est platement excusé. Ensuite, un vaste mouvement de boycott de grindr a été lancé : deletegrindr, efface grinder. Si ça vous fait penser au scandale Facebook c’est normal, c’est exactement le même enchaînement d’événements. À noter qu’en France, l’association Aides appelle au boycott de l’appli. "Allez savoir pourquoi, nous ne sommes même pas surpris. dit Aides, Cela fait des années que nous essayons en vain d’obtenir de Grindr l’autorisation de mener des actions de prévention sur leur application".

Autre info médias qui montre à quel point la com’ autour de la grève des cheminots est capitale pour Matignon.

Il y a quelques jours, le journal les Échos a interviewé Elisabeth Borne. L’entretien devait paraître le 13 mars, mais il a été remplacé par un article avec des citations de la ministre des Transports. Que s’est-il passé ? Écoutez Nicolas Barré, le directeur de la rédaction, nous sommes les seuls à avoir eu son explication. Tout a commencé quand une relecture de l’interview a été demandée avant publication.
Des coups de ciseaux bien grossiers et même de la réécriture de passages entiers, car la ministre nous dit on avait été bien franche, c’en était trop pour les Échos, qui ont tenu à marquer leur indépendance éditoriale. Précision pour la petite histoire, l’interview leur est revenue depuis Matignon à 19 heures seulement.

L’autre info du jour.

Direction la Croisette, le festival de Cannes commence dans un mois, Michel Denisot y sera pour Canal+ avec son Journal du Festival. Il y a quelques jours, le boss du festival Thierry Fremaux a annoncé furtivement dans le film français une mesure étonnante : l’interdiction des selfies sur le tapis rouge lors de la montée des marches. Mais pourquoi ? "à la fois la montée de marches est très désorganisée, elle prend du retard, ce qui pose un pb de timing, (…) mais en plus de ça c’est pas bien, c’est pas beau, c’est grotesque, c’est ridicule, c’est la fête à neuneu (..)nous on est responsable du tapis rouge on a envie qu’il retrouve un peu de décence".
Toute la question, c’est comment faire respecter cette interdiction ? Etape 1, la pédagodie, tout le monde sera prévenu au passage sécu, "s’il vous plait, pas de selfie". Étape 2, la coercition, Thierry Fremaux ne plaisante pas.

Il y a une autre info médias importante pour ce festival.

Un changement qui exaspère déjà les journalistes culturels. ça concerne les films en sélection officielle. Jusqu’à maintenant, la presse pouvait voir ces films un peu avant les soirées de présentation officielle, soit la veille, soit le matin même. Maintenant, c’est pas de projo presse avant les galas. Thierry Fremaux le jure, cette mesure veut donner plus de force et de suspense aux soirées de gala.