20 heures de France 2 : le carnet de bord des cinq premières semaines d’Anne-Sophie Lapix

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Le journal du village est une chronique de l'émission Village médias
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Chaque matin, Raphaëlle Baillot fait le bilan des différentes audiences télé de la veille et revient sur l'actualité médiatique.

Ce mardi, un journal du Village spécial

Spécial Anne-Sophie Lapix, à l’occasion de sa venue dans Village médias. Ce sera le journal du journal, autrement dit un carnet de bord des cinq premières semaines d’Anne-Sophie Lapix à la tête du 20 heures de France 2. Un journal garanti 100 % sans commentaire sur ses tenues. Mais avant, qu’avez-vous choisi de regarder hier ? On va le savoir tout de suite, grâce à nos amis de Médiamétrie.

En ce qui concerne la journée d’hier, Faustine Bollaert bat son record de la saison sur France 2. Ça commence aujourd’hui a réuni 777.000 téléspectateurs, 9,6 % de parts de marché soit de plus en plus proche de son objectif de 10%.

Pour la soirée, vous avez choisi de regarder TF1 et sa fiction Quand je serai grande, je te tuerai, qui a rassemblé 6,308 millions de téléspectateurs avec Laetitia Millot.

Bon score également pour France 2 avec la série Rizzoli and Isles, 3,724 millions de téléspectateurs l’ont choisi.

Cinq semaines de JT ce n’est pas évident à débriefer  mais Raphaëlle Baillot s’y est collée.

Tout a commencé le lundi 4 septembre  à 19h59, une révolution.

Un nouveau générique enregistré par un orchestre symphonique raisonne, une table montée sur vérins hydrauliques s’ouvre sur un décor startrékien, et Anne-Sophie Lapix apparait.

Un peu de trac, oui, mais surtout un parti pris : vous montrez à la France qui c’est Raoul, en ouvrant votre journal sur six minutes d’actu internationale.

Mardi 5 septembre, le jour d’après. c’est bien connu, c’est toujours le jour des plantades. Et paf, cette malédiction frappe Anne-Sophie Lapix dès les titres.

On l’a peu su, mais pour ses grands débuts sur France 2, Anne-Sophie Lapix a subi une panne du système informatique et du système informatique de secours . Elle a tout de même réussi à reprendre l’antenne un peu blême mais sans se démonter, le journal se déroule ensuite sans encombre.

Mercredi 5 septembre, Irma déferle sur les Antilles, Anne-Sophie Lapix ne le sait pas encore mais des ouragans à répétition vont occuper votre journal pendant plusieurs jours.  Sur un plage, à Porto Rico, son envoyé spécial Jacques Cardoze prend l’eau et le vent en pleine face. Fin de l’intervention de Jacques Cardoze, c’est là que l’on commence à comprendre son style. N’importe quel présentateur aurait dit une phrase énervante du genre "allez-vous mettre à l’abri Jacques", pas Anne-Sophie Lapix, ce n’est pas le genre de la maison.

Car oui, au bout de cette première semaine, on a compris. Anne-Sophie Lapix, c’est le sérieux avant tout, la sobriété à l’extrême. Ici, on n’est pas chez les pimpins.

Quoi de notable pour la deuxième semaine d’Anne Sophie Lapix ?

Mardi, 12 septembre, Anne-Sophie Lapix lance un signal sur l’indépendance de son journal. En déplacement au chevet des Antilles, Emmanuel Macron tient une conférence de presse, pile au moment du départ de la manif de la CGT à Paris. Elle ne tombe pas dans le piège de la communication présidentielle et ouvre bien son journal sur l’actu sociale.

D’ailleurs, avec pléthore de sujets sur l’emploi, l’industrie, les manifs, on sent la fibre économique de sa rédactrice en chef Agnès Molinier, qui a dirigé le service éco de la rédaction de France 2 pendant plusieurs années.

Le journal d’Anne-Sophie Lapix est fait de choix forts et exigeants. Deux jours plus tard 14 septembre : elle ouvre sur un sujet de quatre minutes sur Omran, enfant survivant d’Alep en Syrie, dont une photo ensanglantée avait ému le monde entier l’année dernière.

Dans ce même journal, on commence à comprendre tout le potentiel du plateau d’Anne Sophie Lapix.

Au bout de 30 minutes d’info, notre nouveau chouchou débarque sur le plateau, Nicolas Chateauneuf.

Lui, c’est le chef du studio virtuel du 20 heures, et il sait faire des trucs de fou tels que  faire apparaître devant vous une sonde spatiale.

Sourire amusé, regard dans la bonne direction alors qu’elle ne voit rien du tout et dire que nous ne sommes qu’en 2017.

Semaine 3, jeudi 21 septembre, on apprend la mort de Liliane Bettencourt seulement deux heures avant l’antenne, mais toute la rédaction assure sauf qu’Anne-Sophie Laxpix apparait sur un plateau tout pourri, en plan serré. Les joies de l’info à France Télévisions…

Semaine 4, tout le monde a pris ses marques.

Raphaëlle Baillo parle sous le contrôle d’Anne Sophie Lapix, mais elle a l’impression que son réalisateur Damien Pirolli évite plus qu’avant les plans très larges, qui soulignaient l’aspect un peu froid de votre plateau.

Jeudi 28 septembre, alors que Gilles Bouleau ouvre son journal avec ça.

Elle, attend 22 minutes pour parler de ce fait divers, encore un élément important de différenciation.  En semaine 5, entre Las Vegas et Marseille, le terrorisme fait l’actualité. On a choisi de relever deux éléments. D’abord, le lundi, un petit miracle. Enfin un invité sur votre plateau, le seul depuis le début.

On va y revenir tout à l’heure avec la chronique de Laetitia Krupa.

Deuxième fait remarquable, la volonté d’Anne-Sophie Lapix, avec ses équipes, de faire de la pédagogie. Elle est capable de décliner un seul sujet en trois façons de le traiter , un reportage, une infographie et une interview. Exemple, jeudi dernier, un reportage sur le prix du beurre, puis le journaliste Jean Paul Chapel arrive devant un grand écran pour donner des chiffres.

Tous les soirs, un journaliste de la rédaction débriefe des chiffres devant un écran, en mode super pédago. De là à croire que le journal le plus sérieux du PAF copierait un peu M6 sur les bords, il n’y a qu’un pas.

Chose promise, chose dûe, on va s’intéresser maintenant aux audiences d’Anne-Sophie Lapix.

Hier soir, Anne Sophie Lapix a réuni un peu plus de cinq millions de téléspectateurs, soit 20,8 % du public présent devant sa télé. L’équipe de Village médias a sorti sa petite calculette ce matin, pour savoir quelle audience moyenne le 20 heures de France 2 a fait lors de ses cinq premières semaines : résultat, roulement de tambours  4,986 millions de Français ont suivi Anne-Sophie Lapix, ce qui représente une moyenne de  22,1 % de part de marché.

Dit comme ça, c’est un peu brut. Est-ce bien ou pas ?

Premier constat, les audiences sont solides. Après tout, changement de décor, changement d’incarnation, le risque était gros pour France 2. Au début de la saison, la présidente Delphine Ernotte avait même confié que les audiences du 20 heures étaient un risque personnel pour elle. Mais que chacun se rassure, Anne-Sophie Lapix a largement relevé le défi.

Pour entrer dans les détails, on peut comparer avec la concurrence. Même si elle a battu Gilles Bouleau pour votre premier soir, l’effet de curiosité, TF1 est devant vous. Personne d’ailleurs ne lui demande de le battre, nos auditeurs le savent : le journal de TF1 est toujours leader.

L’important c’est de connaître l’écart entre les deux JT.

Là encore, petit coup de calculette magique. Depuis le 4 septembre, jour où Anne-Sophie Lapix a commencé au JT, Gilles Bouleau lui, a séduit : 5,656 millions de téléspectateurs pour 24, 9 % de PDA.

En moyenne, donc, 670.000 téléspectateurs d’écart avec Gilles Bouleau. Certains soirs, elle a réussi à réduire cet écart, ce qui est bien sûr le nerf de la guerre. Mardi 19 septembre par exemple, elle talonne Gilles Bouleau, seulement 424.000 téléspectateurs de différence. Sauf que hier soir, patatras et pas de bol la veille d’une interview médias, TF1 lui a mis plus d’1,2 million de téléspectateurs dans la vue.  

Si on compare avec David Pujadas, qu’est-ce que ça donne ?

À la mi-septembre, on a beaucoup lu qu’Anne-Sophie Lapix faisiez mieux que votre prédécesseur, et c’est tout à fait vrai si l’on compare leurs scores à la même époque.

Mais il faut rendre justice à David Pujadas, qui avait passé la saison à hisser et hisser encore les scores de son 20 heures, toujours plus haut, toujours plus près de TF1. Entre mars et juillet, il avait même tenu un écart record de seulement 430.000 téléspectateurs.