Zimbabwe : nouvel épisode dans le feuilleton de la lutte pour le pouvoir

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Le journal du monde est une chronique de l'émission Hondelatte raconte
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Le vice-président Emmerson Mnangagwa a été démis de ses fonctions par le président Mugabe, "avec effet immédiat".

Aujourd’hui, on s’intéresse au Zimbabwe, où la lutte au sommet pour le pouvoir s’accélère. C’est un véritable feuilleton, dont un épisode vient d’avoir lieu !

Les héros du feuilleton sont le vieux Robert Mugabe, 93 ans, au pouvoir depuis 37 ans, et qui fatigue, son épouse, Grace, de 41 ans sa cadette et dans ce dernier épisode, un personnage important sort du jeu : il s’appelle Emmerson Mnangagwa, démis de ses fonctions de vice-président hier par le président Mugabe, "avec effet immédiat". Viré aussi du parti, la puissante Zanu-PF, où cet ancien patron des renseignements entretenait ses propres réseaux. La manière la plus radicale d’empêcher ce fidèle, ancien combattant de l’indépendance, de rêver succéder au vieux Bob.

Ce poste est capital puisque le vice-président remplace le chef de l’Etat en cas d’incapacité, maladie ou décès. Est-ce qu’on sait qui va lui succéder ?

Personne n’est nommé pour l’instant mais quelques indices ne trompent pas. Samedi, dans un discours, le président Mugabe évoquait l’idée de nommer "une femme" vice-présidente. Tout le monde a entendu "ma femme". Et dès le lendemain, grand rassemblement dans un stade de la jeunesse du Parti au pouvoir. Cette fois, c’est Grace qui est au micro et qui lâche : "Je dis à M. Mugabe : n’ayez pas peur. Si vous voulez me donner votre poste, donnez-le moi librement !" On sait par ailleurs que la première dame et le vice-président étaient en guerre depuis des mois. Mnangagwa accusait même à demi-mot Grace Mugabe d’être mêlée à une tentative d’empoisonnement sur sa personne. Et puis elle avait manœuvré, avec succès, pour que son portefeuille de ministre de la Justice lui soit retiré le mois dernier.

Cette fois, elle a eu sa peau et la voie est libre pour elle !

La voie est bien dégagée. D’autant que dès 2014 une autre rivale avait été limogée, vice-présidente elle aussi, Joice Mujuru. Grace Mugabe l’avait publiquement dézinguée, accusée de vouloir assassiner son président de mari. C’est à ce moment-là d’ailleurs, que la première dame est vraiment entrée en politique, en prenant la tête de la très influente Ligue des femmes du parti. Depuis, elle écarte les pièces du puzzle qui peuvent lui faire de l’ombre et essaye, sans grand succès pour le coup, de se débarrasser de ses nombreux surnoms qui soulignent son goût pour le luxe et les affaires financières : "Gucci Grace", "la Première acheteuse" ou encore "Disgrace".

Deuxième histoire : ça se passe en ce moment même à Rangoun, la capitale de la Birmanie. Toute la semaine a lieu un festival de cinéma étonnant. C’est une initiative franco-birmane dont Catherine Deneuve est la marraine. L’idée, c’est de faire découvrir aux Birmans les classiques européens et américains. Ça donne lieu à des scènes réjouissantes et Carol Isoux, qui a la chance d’être sur place, nous raconte.

C’est vrai qu’on assiste ici à des moments de partage très surprenants. Avec par exemple, la voix de Charlie Chaplin dans un extrait du discours final du "Dictateur" qui appelle les soldats à s’unir contre le régime fasciste qui les commande. "Vous n’êtes pas des machines", leur dit-il. Ce film, tellement symbolique, était projeté dimanche soir dans un parc, en plein centre de Rangoun. Le public birman applaudissait à tout rompre et certains en avaient même les larmes aux yeux. Cette scène aurait été inimaginable il y a encore quelques années, quand toute critique du régime était interdite et que regarder le moindre film étranger pouvait vous envoyer directement en prison. On mesure le chemin parcouru.

Deuxième surprise, le thème du festival cette année, ce sont "les films censurés à travers le monde". Ils ne font pas semblant de mettre les pieds dans le plat !

Oui comme vous dites. Alors ça va du premier film qui osa toucher la thématique de l’homosexualité, un film allemand de 1919, au tout récent Persepolis de Marjane Satrapi, en passant par les œuvres de Luis Bunuel. En plus des projections, toute une série d’ateliers et de conférences permettent aux artistes de s’exprimer sur la censure, qui existe toujours pour les films birmans, et de proposer des modernisations de la loi.

Ce qu’on sait peu, c’est qu’il y a une tradition du cinéma en Birmanie, qui est ancienne et brillante...

Oui dès les années 20 la Birmanie produisait ses premières fictions. Les années 50 ont vu fleurir des comédies colorées et émerger les premières stars locales. En fait, à l’époque, le cinéma birman était plus connu en Asie que celui de Bollywood. Aujourd’hui, grâce notamment à ce festival, ce cinéma veut renaître de ces cendres.

En bref, avant de refermer ce journal du monde, le maillot de l’équipe de foot espagnole pour la Coupe du Monde 2018 suscite un tollé en Espagne !

Adidas l’a dévoilé hier. Il est surtout rouge mais avec, sur le côté, des bandes jaunes et un bleu qui tire sur le violet. Le violet rappelle le drapeau de la IIe république espagnole, qui s’est terminée par la guerre civile et surtout pendant laquelle la Catalogne a déclaré son statut d’autonomie ! Sur les réseaux sociaux, c’est la polémique : "Celui qui a choisi le design ne suit pas les infos, n’est ce pas ?", demande l’un quand un autre écrit : "Ça me donne envie de rejoindre les supporters français, ah ah ah."

Révolution à Londres, un club de gentlemen londoniens accueille sa première femme !

Oui, mais cette femme est père de deux enfants. En fait, elle est transgenre. C’était un adhérent, qui a décidé de changer de sexe. Le comité de direction de ce club très select a décidé qu’elle pouvait rester. "Ce serait injuste que ce type terriblement sympathique soit expulsé juste parce qu'il est devenu une femme", a expliqué l’un de ses membres.