"Voice of Baceprot", un groupe qui fait du bruit en Indonésie

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Le journal du monde est une chronique de l'émission Hondelatte raconte
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Ce groupe indonésien est composé de trois jeunes filles musulmanes qui chantent du heavy metal.

Notre première histoire se passe dans le plus grand pays musulman du monde, l’Indonésie. Et c’est un groupe de musique, composé de trois jeunes filles, deux de 17 ans et une de 15 ans, qui défraie la chronique.

Kurnia à la guitare et au micro, Aisyah à la basse et Rahmawati à la batterie. Il y a deux semaines exactement, elles jouaient devant 2.000 personnes pour le 72ème anniversaire de l’Indépendance. Trois "petites nanas", j’ai envie de dire, parce qu’elles sont plutôt fluettes, habillées en jeans moulants, tee-shirts longs et, autour de leurs têtes, des hijabs (le foulard islamique). Mais quand elles jouent… Elles jouent du heavy metal !

Et c’est le groupe qui monte sur la scène asiatique ! Elles s’appellent "Voice of Baceprot", ou VOD. D’ailleurs "Vod", dans leur dialecte, ça veut dire "bruit". Les trois filles viennent de l’ouest de l’île de Java, un coin plutôt conservateur de cet immense pays à 90% musulman avec plus de 200 millions de pratiquants. Et c’est un de leurs profs, dans leur école religieuse, qui leur a fait découvrir d’un coup les instruments, la musique et le heavy métal. C’était il y a trois ans et pour les filles, ça a été une révélation !

Dans leur milieu conservateur, ça passe bien, le métal ?

Pas trop, non… Le proviseur de l’école dit que c’est haram, interdit. Elles ont reçu des menaces de mort sur les réseaux sociaux. Internet, qui est aussi l’outil de leur succès car leurs vidéos sont devenues virales. Au début, les filles ont dû jouer en cachette car leurs parents n’étaient pas d’accord mais devant le succès, ils sont devenus leurs premiers fans. Leurs vidéos sont devenues virales sur internet et le groupe a participé à la plus grosse émission de télé du pays. Elles reprennent des tubes de Metallica ou Slipknot et composent leurs propres chansons. Elles y parlent de l’éducation en Indonésie, de la protection de l’environnement mais surtout, elles y crient leur indépendance et rêvent de jouer en Angleterre ou à Paris.

La deuxième histoire se passe chez nos voisins allemands. Il semble qu'au pays de la voiture, la voiture n'est plus reine. Bonsoir Hélène Kohl, vous êtes en direct de Berlin. Et c’est peut-être un totem qui est en train de tomber en Allemagne. Je veux parler de la sacro-sainte vitesse illimitée sur les autoroutes.

Oui, la fin peut-être de cette drôle de sensation, quand dans votre rétroviseur, le tout petit point noir au fond devient en quelques secondes un bolide qui vous dépasse à près de 200 km/h. Et bien 52% des Allemands pensent qu'il faut que ça change et souhaitent une limitation générale de la vitesse sur autoroute. C'est même l'un des thèmes de campagne en cette rentrée électorale. Parallèlement, les communes sont de plus en plus nombreuses à interdire tout simplement leur accès aux véhicules polluants quel que soit l'état de l'air. Ainsi, mon diesel français n'a pas le droit de cité à Berlin alors qu'à Paris c'est seulement lors des pics de pollution qu'il doit rester au garage. Même Stuttgart, la ville de Mercedes et de Porsche, a adopté cette juridiction cet été.

Même Stuttgart ! Les tabous tombent les uns après les autres...

Oui c'est la "fin d'une légende", titrait en Une le Spiegel le mois dernier. Et la chancelière, dont le parti est pourtant très lié au secteur automobile, hausse le ton. Elle est "hors d'elle", "furieuse"… Elle dit aussi se sentir trahie par les grands constructeurs qui s'entendaient depuis des années pour bidouiller leurs émissions de gaz d'échappement. Un vrai cartel de fraudeur. On l'a appris cet été, c'est un énorme scandale. Sauf qu'il faut être prudent quand on attaque le secteur qui, ici, donne indirectement du travail à cinq millions de personnes !

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Donc pour l'instant, la politique se refuse à dire adieu au diesel, mais on s'engage tout de même sur une autre voie. Le développement de la voiture électrique ou des transports en commun. Hier, Angela Merkel a débloqué un milliard d'euros pour que les villes investissent dans la mobilité verte. Par exemple, comme le fait Düsseldorf en cette rentrée, si vous remettez la carte grise de votre diesel à la mairie, en échange, la carte de transport pour toute la région est à moitié prix en septembre.

Un tweet de Donald Trump pour finir…

"J’autorise le Japon et la Corée du Sud à acheter aux Etats-Unis un montant considérablement plus important d’équipements militaires ultra-sophistiqués." Dans le contexte d’escalade qu’on connait avec Pyongyang, on peut dire que le président américain ne perd pas le Nord.