Une sordide histoire de guérisseurs en Afrique du Sud

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Le journal du monde est une chronique de l'émission Hondelatte raconte
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Cinq hommes se déclarant "guérisseurs" ont été arrêtés en Afrique du Sud. L'un d'entre eux s'est dit "fatigué de manger de la chair humaine".

Premier sujet de ce "Journal du Monde" : une histoire qui fait du bruit en Afrique du Sud…

Nous sommes au KwaZulu-Natal, une grande province de l’est du pays. C’est l’histoire d’un homme qui entre dans le commissariat d’une petite ville, et qui annonce aux policiers qu’il est "fatigué de manger de la chair humaine". Voilà. Et pour prouver qu’il est sérieux, il ouvre son sac et en sort une jambe et une main. Et ce n’est pas tout. Chez lui, la police trouve d’autres restes humains. La presse locale évoque notamment huit oreilles dans une marmite !

Dans une marmite !? 

Oui ça devait être une potion car le monsieur se déclare "guérisseur". Et très vite, c’est une sorte de réseau de sorciers-cannibales qui a été démantelé : quatre autres hommes ont été arrêtés. La police fait des tests ADN pour tenter de découvrir à qui sont les oreilles et les membres retrouvés et depuis quand ces pratiques existaient. Tout cela a provoqué la colère de la population. Il y avait une petite foule hier (lundi), devant le tribunal où les cinq prévenus comparaissaient. Ils ont d’ailleurs retiré leur demande de liberté sous caution, sans doute de peur de se faire lyncher. 

Mauvaise pub pour les guérisseurs… 

Oui. alors l’"Organisation des Guérisseurs traditionnels" s’agite pour laver la réputation de la profession. Elle reconnait que parfois, les remèdes sont fait avec des peaux d’animaux mais jamais, jamais avec le corps humain ! En fait ce sont souvent des potions à base de plantes. Vous savez que la médecine traditionnelle a une place essentielle en Afrique en général. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 80% des Africains font régulièrement appel aux guérisseurs.

Deuxième histoire : nous voilà au Japon ! Le Japon qui est en plein émoi après avoir été survolé cette nuit par un missile nord-coréen…

Vous en parliez dans le journal, c’est une escalade majeure dans la crise nord-coréenne. On est avec Bernard Delattre, le correspondant d’Europe 1 à Tokyo. Bonsoir Bernard, comment les Japonais ont-ils vécu ce moment ?

Ça n'a pas été la panique générale, les Japonais sont habitués à gérer les situations d'urgence. Mais, tout de même, cela a été un moment de grande confusion et d'inquiétude, voire de tension. Imaginez : il est six heures du matin, et un texto ou un mail d'alerte tombe sur votre smartphone. Voici le message : "Abritez-vous en sous-sol ou dans un bâtiment en dur, susceptible de résister à la chute d'un missile." Et le problème, c'est qu'on a que quelques minutes, dans ces cas-là. Et, comme le disait une femme âgée qui témoignait à la télé ce soir : "C'est bien gentil, mais moi qui marche à deux à l'heure, où et comment voulez-vous que je cours me mettre à l'abri, si je n'ai que cinq minutes ?"

Ce matin à Sapporo, la capitale de l'île d'Hokkaido qui a été survolée par le missile, quelques personnes âgées sont descendues, en pyjama, se réfugier dans une station de métro. Mais en fait, des bâtiments en dur qui sont ouverts en permanence, cela ne court pas les rues. 

Autre témoignage, celui d’un Monsieur habitant au dernier étage d'un grand ensemble résidentiel. Tous ses voisins ont, comme lui, voulu descendre à la cave au même moment. Il a dû attendre l'ascenseur pendant trois minutes. Et puis, si vous habitez en pleine campagne, comme beaucoup de Japonais, vous faites quoi ? Un groupe de collégiens par exemple, était en train de faire un footing matinal en pleine forêt. Les SMS d'avertissement tombent. Et là, on voit la tête bien ennuyée des profs : on se réfugie où ?

C’est surprenant cette confusion que vous décrivez alors que les procédures d'évacuation d'urgence en cas de tremblements de terre, elles sont parfaitement rodées au Japon !

Oui. Pas un Japonais n'ignore où il doit se rendre dans son quartier s'il y a une évacuation à cause d'une catastrophe naturelle majeure. Mais là, ce matin, pas grand-monde ne savait où aller. Parce qu'aucun inventaire n'a encore été fait des endroits qui sont officiellement considérés comme sûrs en cas de chute d'un missile.

Sophie, une infos en bref pour finir ? On reste en Asie… 

L’ancienne Première ministre de Thaïlande, Yingluck Shinawatra, s’est enfuie, en douce ! Elle avait été renversée par les militaires il y a trois ans et risquait dix ans de prison pour une histoire de subvention aux riziculteurs. Mais vendredi, elle n’était pas à son procès. Aujourd’hui un général a reconnu qu’elle avait échappé à leur surveillance en abandonnant ses téléphones et en changeant de voiture pour quitter le pays par la route ou la mer. Elle a sans doute rejoint son frère en exil, lui aussi ancien Premier ministre. Ce qui fait dire à certains médias thaïlandais que l’armée a fait exprès de la laisser filer pour avoir les coudées franches, la famille Shinawatra ayant remporté toutes les élections nationales depuis 2001.

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