Une rentrée des classes perturbée dans certains pays d'Afrique

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Le monde dans votre radio est une chronique de l'émission Europe Soir
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Le putsch manqué il y a un peu plus d'un en Turquie a encore des répercussions, jusque sur des écoles dans certains pays d'Afrique.

La première histoire de ce journal du monde concerne plusieurs pays d'Afrique où la rentrée des classes a été perturbée...

Oui car des milliers d’élèves ont été informés, juste à la rentrée, que leurs écoles allaient fermer. Ils sont 200 élèves en Côte d’Ivoire, 3.000 au Mali, également 3.000 au Sénégal. Toutes leurs écoles ont en commun d’être des établissements privés gérés de près ou de loin par Hizmet, le mouvement développé par Fethullah Gülen. Vous savez, c’est ce prédicateur turc, devenu "ennemi public numéro 1" en Turquie, depuis que le président Erdogan l’a désigné comme le responsable du putsch avorté de juillet 2016. Il avait donc un réseau tentaculaire d’écoles et de fac, depuis les années 90. Les "écoles Gülen", comme on les appelle, sont présentes dans une trentaine de pays africains et ce sont souvent des écoles d’excellence, la crème de l’enseignement qui prône la cohésion entre les religions, avec un credo : "L’école avant la mosquée."

Et donc elles ferment sur injonction d’Ankara j’imagine !

Oui, la chasse aux sorcières a commencé immédiatement après le putsch manqué. Mais certains pays ont fait de la résistance pendant un an, mais là, ça se lézarde. Et ces pays d’Afrique de l’Ouest (Sénégal, Mali, Côte d’Ivoire parmi d’autres…), ont finalement accepté la solution prônée par la Turquie. Transférer la gestion de ces écoles à une fondation publique, turque bien-sûr, qui s’appelle Maarif et accepter de changer complètement les équipes enseignantes, bien-sûr.

Malin, Erdogan. Plutôt que de faire fermer ces écoles si réputées, il est en train de les récupérer sous la bannière d’une fondation…

Absolument, une fondation créée pour ça et qui ne connait rien à l’éducation. Cette fois, ce sont les parents qui font de la résistance. Ils ne sont pas dupes, la fondation Maarif est contrôlée par Ankara. Au Sénégal par exemple, les parents ont mis l’affaire devant la justice pour que leurs écoles gardent leur autonomie. Mais jusqu’ici le sort des élèves n’a pas pesé lourd face aux enjeux économiques. La Turquie est devenue un très gros investisseur sur le continent africain.

La deuxième histoire du jour nous amène en Belgique. On y retrouve Isabelle Ory. Chez vous on est sous le choc d’une campagne de pub qui, pour faire simple, suggère à des étudiantes de se prostituer pour payer leurs études...

C’est ça ! Alors, tout a commencé lundi. Une voiture avec une remorque publicitaire tourne autour du campus universitaire de Bruxelles. Sur l’affiche, la photo d’une poitrine de femme habillée d’un soutien-gorge en dentelle rouge. Au-dessus, il y a écrit : "Hey les étudiantes, améliorez votre style de vie, sortez avec un sugar daddy." On pourrait traduire ça par un "papa gateau". C’est une pub pour un site internet, Rich Meet Beautiful. La richesse rencontre la beauté. Le message est assez explicite! Et d’ailleurs si on va regarder, le site propose effectivement à de belles jeunes femmes de sortir avec des hommes plus vieux mais riches.

Les autorités belges laissent faire ?

Ah non depuis lundi c’est le tollé, l’affaire a fait l’ouverture des journaux télévisés ! Les étudiants, les profs se sont mobilisés. Les politiques ont réagi. Ce matin, le président de la région de Bruxelles a interdit cette pub dans la capitale. Et ce matin aussi, le parquet a ouvert une enquête pour "incitation à la débauche". La remorque a même été saisie. Mais le fondateur du site, un Norvégien, n’a pas l’air très impressionné. Il affirme qu’il a d’autres camionnettes, qu’il compte sillonner les rues d’autres villes.

Et que répond ce Norvégien quand on l’accuse de prostitution ?

Il affirme qu’il se borne à mettre en contact des hommes et des femmes, comme tous les sites de rencontres. Mais en réalité, si cette affaire résonne autant, c’est parce que ça met en lumière un phénomène inquiétant : la précarité des étudiants. Ici aussi, les études coûtent de plus en plus cher et résultat, la prostitution se développe. Selon une journaliste belge qui a enquêté, 16.000 étudiantes se prostitueraient occasionnellement dans le pays. Elles font des cibles faciles et vulnérables pour des entrepreneurs sans scrupule.

Une petite info musicale pour finir…

Depuis un an en Allemagne, face à la montée du parti xénophobe AfD, des militants avaient détourné notre devise et donc on trouvait des tags, autocollants ou tee-shirts, avec écrit : "Liberté, Égalité, FuckAfD". Avec les élections de dimanche, un opposant à l’extrême droite en a fait une chanson.