Un tournant judiciaire "historique" en RDC

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Un procès qui s'est achevé mercredi en RDC a vu 12 miliciens être condamnés à la prison à perpétuité pour viols alors que l'inertie judiciaire domine habituellement dans les cas de violences sexuelles.

Notre première histoire se passe en République Démocratique du Congo, la RDC. Hier, un verdict important a été rendu dans ce pays d’Afrique centrale. Important car il brise l’inertie judiciaire qui domine habituellement dans les cas de violences sexuelles…

Enfin, les autorités congolaises se sont emparées d’un fléau qui gangrène la société depuis des décennies : celui du viol jamais puni. Dans le procès qui s’est achevé hier, 12 miliciens ont été condamnés à la prison à perpétuité, pour des viols d’enfants. Entre 2013 et 2016, dans le même village de l’est du pays, Kavumu, près de 40 fillettes ont été enlevées chez elles la nuit, violées puis abandonnées dans la campagne aux alentours. Elles avaient, au moment des faits, 12 ans pour la plus âgée, 8 mois pour la plus jeune. Au moins deux en sont mortes.

Et dans ce procès, il y a plusieurs éléments qui en font un tournant judiciaire que certains qualifient d'"historique" dans le pays…

Oui d’abord parce que pour la première fois, l’un des condamnés est un élu ! Un député provincial du Sud-Kivu, Frédéric Batumike, dont l’immunité a été levée pour ce procès. C’est lui qui dirigeait la milice "Armée de Jésus" (c’était son nom mais en swaili) responsable de ces crimes. Il avait embauché un "féticheur" qui conseillait aux miliciens de violer les très jeunes filles vierges pour être assurés d’une protection surnaturelle. Et puis les juges ont qualifié des viols de masse comme des "crimes contre l’humanité". Notamment parce que le côté systématique de ces attaques a pu être démontré, avec également des éléments de preuves médico-légales : les fillettes ont toutes été soignées, quand c’était possible, par le Dr Denis Mukwege. Vous savez, c’est ce célèbre chirurgien congolais qui, depuis des années, répare les femmes victimes de violences sexuelles.

On comprend que c’est un verdict qui a valeur d’exemple pour la population victime de ces milices…

Absolument, d’ailleurs la Cour militaire du Sud-Kivu, qui s’était emparée de ces cas du village de Kavumu, a déplacé le tribunal sur place pour que les gens puissent assister et voir la justice rendue. Il y avait foule hier pour le verdict, après un mois d’un procès dense en émotions. Parfois c’était de la peur. Certains membres des familles concernées ont témoigné complètement couverts, jusqu’au visage, et leur voix étaient modifiées. Pour que ce procès soit exemplaire jusqu’au bout, il faudrait maintenant que les victimes touchent aussi l’argent que le tribunal leur a accordé : 5.000 dollars pour les victimes de viol, 15.000 pour les familles dont un membre a été tué. Et ça c’est beaucoup moins sûr.

Deuxième histoire du jour, plus "légère". Ça se passe aux Pays-Bas : la police néerlandaise vient de licencier une partie de son personnel. Isabelle Ory, si on en parle ce soir c’est parce que ce sont des aigles et des rats qui ont été mis à la porte !

Eh oui, je ne sais pas si vous vous en souvenez mais l’an dernier cette histoire des aigles policiers néerlandais avait rencontré un grand succès médiatique. Les aigles sont capables d’attraper des drones en vol et les détruire. Franchement sur la vidéo de démonstration, c’était spectaculaire. "La nature à la rescousse, la nature contre la technologie." Qu’est-ce qu’on n’avait pas entendu à l’époque comme commentaires extasiés ! La police hollandaise a donc décidé d’investir dans des oisillons d’aigle de mer, et elle a formé des agents pour diriger les oiseaux de proies. En parallèle, elle a aussi misé sur des rats détectives pour retrouver des ossements ou repérer des cigarettes de contrebandes.

Et donc pourquoi est-ce que toute la ménagerie est virée aujourd’hui ? Ça ne marche pas ?

Figurez-vous que les animaux n’en font qu’à leur tête. "Les résultats opérationnels des rats" seraient décevants. En clair, s’il y a un morceau de fromage dans les parages, ils préfèrent aller renifler ça. Quant aux aigles, eh bien ils sont trop capricieux. "C’est plus complexe et difficile à mettre en œuvre que prévu" dit pudiquement la police. Et en plus le dressage coûte cher. "Les analyses de rentabilité ne sont pas concluantes ", nous dit-on. Bilan, les rapaces ne sont jamais sorti agir en vrai contre un drone, leurs maîtres avaient trop peur qu’ils fondent toutes serres dehors sur un passant innocent.

Un bide donc… Et que vont devenir ces pauvres animaux ?

Les rats ont déjà trouvé "une bonne maison" et les aigles recevront des soins de qualité, c’est ce que promettent les autorités. On ne plaisante pas avec le bien-être animal aux Pays-Bas. Mais comme c’est aussi le pays de l’innovation, la direction de la police assure qu’elle va continuer les expériences pour trouver des stratégies efficaces notamment contre les drones. Donc pas sûr que la parenthèse zoologique soit définitivement refermée.

En bref, les politiques belges se mobilisent pour essayer de sauver un professeur condamné à mort en Iran…

Ahmadreza Djalali est un universitaire qui a une double nationalité : iranienne et suédoise. Il était professeur-invité à la VUB, une université de langue néerlandaise de Bruxelles. Il y enseignait la médecine de catastrophe. Or cet homme a été arrêté en Iran en avril 2016, accusé d’espionnage et condamné à mort le mois dernier. Il avait chargé son avocat iranien de faire appel, il avait trois semaines pour cela. Mais celui-ci ne l’a jamais fait. D’où cette mobilisation : une demande de grâce a été faite aux autorités iraniennes.

La créatrice d’Harry Potter, JK Rowling, a été décorée de l’un des ordres les plus prisés de la monarchie britannique !

Elle est désormais membre de l'"Ordre des Compagnons d’honneur du Royaume-Uni et du Commonwealth". Ce n’est pas rien, seuls 45 Britanniques peuvent avoir cet honneur au même moment. Une décoration pour "sa contribution à la littérature et à la philanthropie". Et elle a donc le droit d’apposer les lettres C.H après son nom (Companion of Honor), ce qui est peut-être un peu lourd : JK Rowling C.H.