Un curieux trafic de drogue démantelé en Iran

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Le journal du monde est une chronique de l'émission Hondelatte raconte
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Une centaine d'individus a été appréhendée dans l'ouest de l'Iran. Il s'agit de pigeons voyageurs, entraînés à livrer de la drogue dans différentes localités de la province de Kermanshah.

Première histoire de ce journal du monde : elle nous embarque en Iran, où un curieux trafic de drogue a été démantelé !

C’est une première ! Une centaine d’individus a été appréhendée dans l’ouest du pays. De tous petits trafiquants à plumes puisqu’il s’agit de pigeons voyageurs. Ils étaient entraînés pour livrer leur came dans différentes localités de cette province de Kermanshah, qui est frontalière de l’Irak. La drogue était placée dans des sortes de grosses bagues en plastique bleues, accrochées à leurs pattes. Il faut savoir que le pigeon est un oiseau très populaire dans la culture iranienne. Dans certaines régions rurales sont organisées des courses de pigeons et on trouve encore des élevages sur les toits ou dans les jardins.

Que risquent les volatiles ?

Eux, pas grand-chose, du repos. Les trafiquants humains, en revanche, risquent la peine de mort. L’Iran ne rigole pas du tout avec la drogue et mène une grande campagne de répression. Selon des observateurs iraniens des droits de l’homme en exil, ces six premiers mois de l’année, il y a eu 239 exécutions dans le pays, dont plus de la moitié (129) étaient liées au trafic de drogue.

Mais ce qui est intéressant, c’est que l’Iran est en train de bouger sur cette question…

Oui la peine de mort pourrait être abolie pour certaines infractions. Le parlement a voté ce mois-ci des amendements, qui doivent encore être approuvés par le corps constitutionnel. Si ça passe, les seuils à partir desquels la possession de drogue est passible de mort seront relevés. De 5 kilogrammes d’opium aujourd’hui, on passerait à 50 kilogrammes d’opium demain et de 30 grammes d’héroïne à 2 kilogrammes d’héroïne. Cela sortirait plus de 5.000 détenus des couloirs de la mort.

Deuxième histoire du jour : ça se passe en Allemagne. On va donc retrouver là-bas, à Berlin, la correspondante d’Europe 1. Bonsoir Hélène Kohl ! Chez vous, au cœur d'une campagne électorale assez terne, un sujet fait débat en ce moment. C’est la question de l'intégration des étrangers. Et je ne parle pas, là, des réfugiés mais des "expatriés blancs", qui sont de plus en plus nombreux à s'installer à Berlin.

Oui, il leur est reproché de développer des "sociétés parallèles" ! Le mot est lâché par un responsable de la CDU. Jusqu’à présent l’expression était utilisée pour dénoncer l’isolement de la communauté turque. Autant vous dire que ça a fait l’effet d’une petite bombe quand ce proche de Merkel a précisé qu’il parlait des hipsters. Vous savez, tous ces jeunes créatifs qui sont attirés par le côté branché voire alternatif de la capitale allemande.

Et c'est vraiment frappant quand vous vous baladez dans la ville. Dans certains quartiers, aux terrasses des cafés, on n'entend plus beaucoup d’allemand. Les cartes sont écrites en anglais, la serveuse comprend à peine quand vous commandez "ein Bier bitte". Ces migrants-là sont tellement nombreux qu'il y a désormais des journaux locaux en langue anglaise, des radios, etc. Ce petit monde est très connecté. Il vit la mondialisation au quotidien, avec des amis danois, argentins, israéliens, italiens, australiens mais ils ne comprennent pas que l'employé de mairie ne leur parle pas en anglais !

Et alors ça irrite les Berlinois, c’est ça ?

Oui, parce que ça change l’esprit de leurs quartiers. Ils n’arrivent plus à commander leur bière premier prix parce que les cafés du coin sont devenus des concept-stores ou des galeries. Ensuite, ces expatriés ont contribué à la gentrification de la ville et à la hausse des prix, notamment l'immobilier. Les loyers flambent et beaucoup de familles sont contraintes de quitter le centre-ville, qui devient une sorte de Hollywood anglophone. Et puis, la situation crée un malaise car tous les réfugiés qui sont arrivés ces dernières années ont l'obligation d'apprendre l'allemand et de participer à un cours d'intégration. Mais on ferme les yeux, pour les "migrants blancs éduqués". Sans doute parce qu'ils contribuent à l'image branchée de la ville. Principal argument touristique de Berlin.

Sophie, deux infos en bref pour boucler ce journal du monde ?

Dans le village de Buñol, dans l'est de l'Espagne, comme tous les derniers mercredi d’août depuis 72 ans, c’était jour de "Tomatina" ! La Tomatina c'est 22.000 personnes réunies pour une gigantesque bataille de tomates dans les rues avec évidemment plus de sécurité que les autres années, deux semaines après les attentats de Barcelone (740 policiers, pompiers et secouristes). Le maire a beau expliquer régulièrement que les munitions utilisées sont "sur le point de pourrir", le chiffre laisse toujours comme une impression de malaise : 160 tonnes de tomates ont été déversées ce matin. 

Un nouveau cours va être proposé aux étudiants japonais dans une université du sud-est du pays…

A l'Université de Mie, à partir de février prochain, ils pourront choisir l’étude des ninjas ! Vous savez c’était ces espions du Japon médiéval, habillés tout en noir, et entraînés pour survivre à tout ! Ceux qui prennent le cours "ninja" devront aussi faire "histoire du Japon et archéologie". Cette région de l’archipel est considérée comme le berceau des ninjas et l’université espère doper le tourisme en créant ce nouveau cours.