Sainte-Hélène : la construction d'un aéroport a permis de faire une découverte historique

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Dans le cadre de la construction de l'aéroport de Sainte-Hélène, les ossements de 325 personnes ont été découverts.

Sainte-Hélène, petit territoire britannique d’outre-mer, perdu au milieu de l’Atlantique sud, redécouvre son passé, son histoire, grâce au nouvel aéroport...

Depuis mi-octobre, ça y est, un vol par semaine se pose sur l’île. L’Afrique du Sud est à six heures d’avion au lieu de cinq jours de bateau. Ça change beaucoup de choses. Mais surtout, pour construire l’aéroport, il a fallu ouvrir une route pour acheminer le matériel, et là, les bulldozers ont mis à jour des squelettes. Et les archéologues appelés sur place ont recueillis les ossements de 325 personnes. Beaucoup étaient dans des fosses communes, certains dans des cercueils. Des dépouilles très jeunes, 12 ans en moyenne.

Ce sont des ossements qui ont plus de 150 ans d’âge ! Qui étaient ces gens ?

Des Africains, des esclaves libérés par la marine britannique. Aujourd’hui, les habitants de Sainte-Hélène redécouvrent ainsi une partie méconnue de l’histoire de l’île. Les Britanniques, qui avaient aboli la traite un peu avant les autres, avaient décidé de lutter contre ce trafic d’êtres humains. Peut-être par altruisme et en tout cas, pour éviter que les autres puissances coloniales continuent à profiter de cette main d’œuvre. Et donc la marine, la Royal Navy, avait même un escadron spécialisé, qui interceptait les navires négriers en mer. Or Sainte-Hélène se trouve justement sur le chemin de l’Afrique vers l’Amérique : entre 1840 et 1865, pas moins de 25.000 Africains libérés de l’esclavage furent débarqués sur l’île. Libérés, mais abandonnés aussi ! Personne ne s’occupait d’eux et beaucoup sont morts de maladies. On sait qu’environ 8.000 d’entre eux sont enterrés dans la vallée rocheuse de Rupert, sur Sainte-Hélène.

Et ces ossements de 325 anciens esclaves retrouvés récemment, où sont-ils ?

Jusqu’ici, ils sont stockés dans de simples boites en carton, bouclés dans une salle en pierres de la prison de James Town, sur l’île. Quelques citoyens viennent régulièrement déposer fleurs et bougies devant la porte cadenassée et déplorent, évidemment, ce symbole de la prison. Mais depuis le mois dernier et l’ouverture de l’aéroport, les autorités ont enfin nommé un petit groupe d’experts qui a accès à toutes les archives de Sainte-Hélène, notamment sur les procès des négriers. Et ces experts devront suggérer un lieu de sépulture dans les six mois. En espérant qu’un monument, une stèle, quelque-chose saura rendre hommage à ces milliers d’anciens esclaves. Car pour l’instant il n’y a rien. Ce qui contraste, par exemple, avec la situation de Napoléon. Six ans d’exil sur l’île et un tombeau imposant. Tombeau qui est vide depuis 1840.

Notre deuxième sujet nous ramène à l’Afrique d’aujourd’hui. Rien ne va plus entre le Kenya et la Tanzanie depuis plusieurs semaines. Au cœur de cette brouille : des vaches ! Des vaches kényanes, qui ont franchi la frontière tanzanienne, fin octobre, sans autorisation ! Ce serait amusant si ça ne provoquait pas un véritable incident diplomatique et c’est Charlotte Simonart qui nous le raconte depuis Nairobi au Kenya.

L’histoire commence effectivement dans le sud du Kenya, le long de la frontière avec la Tanzanie. Il faut s’imaginer de vastes plaines à perte de vue. C’est une région très peu peuplée, en dehors de quelques éleveurs nomades, notamment des Masai. Et un jour, alors qu’elles étaient tranquillement en train de paître, 1.300 vaches sont passées du côté tanzanien sans s’en rendre compte puisque nous sommes au milieu de nulle part. Sauf que c’est illégal pour des raisons sanitaires. La Tanzanie a alors confisqué le troupeau et vendu les vaches aux enchères.

Et ça, ça a mis le Kenya dans une colère noire…

Oui parce que depuis toujours, les troupeaux passent la frontière, d’un côté comme de l’autre, pour trouver de nouveaux pâturages tout simplement. Le Kenya juge la réaction des autorités tanzaniennes disproportionnée. D’autant que quelques jours après, le gouvernement tanzanien a attrapé, cette fois, des poussins ayant eux-aussi franchi la frontière et ils ont été brûlés ! C’était la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. L’ambassadeur tanzanien à Nairobi a été convoqué par les autorités kenyanes pour s’expliquer.

Qu’est-ce qui se cache, derrière ces affaires de vaches et de poussins ?

Il se cache une rivalité économique, bien-sûr, entre les deux pays. Une rivalité exacerbée depuis l’arrivée au pouvoir du nouveau président tanzanien, qui est proche de l’opposition kényane. Récemment, la Tanzanie a remporté un marché important au détriment du Kenya : un oléoduc pour exporter du pétrole ougandais va passer sur son territoire plutôt que chez son voisin du nord. Depuis, la guerre est ouverte entre les deux pays et aujourd’hui, le Kenya accuse la Tanzanie de chercher à nuire à ses intérêts dans la région.

En bref, la rue John Lennon, à Varsovie en Pologne, pourrait bien être débaptisée…

Oui c’est un conseiller municipal de la capitale qui le suggère. Parce que John Lennon est coupable d’avoir écrit "Imagine". Une chanson comme un message de paix, pleine d’espoir ? Pas du tout ! Pour cet élu du parti ultraconservateur Droit et Justice, le parti au pouvoir, "Imagine" est un manifeste communiste ! Il faudrait donc débaptiser la rue puisque ce sont les consignes, depuis l’an dernier : "Décommuniser les lieux publics." On rappelle au passage que le régime communiste jugeait les Beatles "subversifs" !

Le milliardaire américain Elon Musk en a marre des bouchons monstres à Los Angeles…

Elon Musk vous savez c’est Space X, Tesla… Il doit traverser toute la ville pour aller de chez lui à ses bureaux, ça peut prendre plus d’une heure et demie. La galère… Qu’à cela ne tienne, l'une de ses sociétés a déposé auprès de la mairie une demande pour creuser un tunnel. Mais pas un banal tunnel. Les voitures descendraient en ascenseur au sous-sol où elles seraient transportées à grande vitesse à l'autre bout de la ville, en quelques minutes. Il a déjà reçu l'autorisation de creuser un premier sous-terrain test. Et le bureau du génie civil de Los Angeles dit étudier les plans.