Ri Chun-hee, le visage de la propagande nord-coréenne

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Le journal du monde est une chronique de l'émission Hondelatte raconte
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Pour chaque annonce importante en Corée du Nord, c'est la présentatrice de 74 ans Ri Chun-hee qui apparaît à la télévision officielle.

Le premier coup de projecteur de ce journal du monde est sur la Corée du Nord. Que faire face à l’escalade à laquelle se livre Pyongyang ? Le Conseil de sécurité de l’ONU était réuni en urgence lundi après-midi, au lendemain du test d’une bombe à hydrogène d’une puissance sans précédent : 50 kilotonnes ! Une démonstration de force qui, au moment de l’annonce officielle, prend toujours l’allure d’une petite dame âgée…

Elle est le visage de la propagande et sans doute la femme la plus célèbre de Corée du Nord. C’est toujours elle, Madame Ri Chun-hee, qui apparaît à la télévision officielle (chaîne unique) pour les annonces très importantes. Si vous avez entendu sa voix une fois, vous vous en rappelez forcément. Elle a aussi toujours la même allure : une robe traditionnelle rose bonbon avec une ceinture noire épaisse juste sous la poitrine. Sauf quand elle a annoncé la mort du fondateur du pays Kim il-Sung en 1994, ou celle du fils de ce dernier, Kim Jong-Il, en 2011. Là, elle était évidemment en noir et pleurait à chaude larmes en direct.

Mais cette dame, elle a plus de 70 ans, elle a toujours été à la télévision !

Oui, depuis 1971. C’est une ancienne actrice de cinéma, reconvertie sur le petit écran, et qui a brillamment évité les purges de la télé d’Etat. Normalement elle est à la retraite depuis cinq ans mais Kim Jong-Un la fait rappeler régulièrement pour annoncer les tirs de missiles ou les tests de bombes. D’ailleurs, les Anglo-saxons l’on surnommée "Mrs Bombastic". Bombastic signifie "grandiloquent, pompeux" en anglais. C’est plutôt bien trouvé ! C’est donc une grand-mère de 74 ans, mais surtout la voix du régime dont on dit dans les journaux nord-coréens qu’elle fait trembler l’ennemi.

L'Egypte est la deuxième destination ce soir. Et plus particulièrement, Le Caire, où de curieux kiosques ont fait leur apparition dans le métro de la capitale. Ce sont des "kiosques à fatwa" ! Vous n’y trouverez pas de journaux mais plutôt des imams, qui reçoivent des passagers pour les renseigner sur la religion. C’est notre correspondante en Egypte qui les a repérés pour nous. Bonsoir Ariane Lavrilleux, racontez-nous à quoi ça ressemble.

Ça ressemble à un petit box vitré de trois mètres carrés. On le trouve dans la plus grosse station de métro dans le centre du Caire, l'équivalent de Châtelet à Paris. Quand vous descendez sous terre, dans le hall juste avant de poinçonner votre ticket dans les tourniquets, vous pouvez vous arrêter dans ce kiosque. A l’intérieur, vous trouvez deux à trois cheikh de l’université d’al-Azhar. On les reconnait à leur coiffe rouge et blanche. Ce sont des imams officiels qui sont donc nommés par al-Azhar, qui est une institution de référence pour les musulmans sunnites, basée au Caire.

Et donc on peut se confier à eux comme dans un confessionnal, leur poser des questions ?

Oui c’est ça. Sauf que c’est un peu moins intime, parce que tout le monde vous voit. Mais le bruit du métro permet de garantir un peu de discrétion ! Ça a beaucoup de succès. Les gens posent des questions sur le divorce, l’héritage et parfois des problèmes très personnels, comme ce jeune homme désespéré, qui pensait au suicide, qui est venu demander si Dieu pouvait pardonner cet acte ! La réponse était un peu plus longue qu’un simple non. Les imams ont cité des passages du Coran et prennent à chaque fois le numéro de téléphone pour pouvoir rappeler la personne plus tard, et lui donner d’autres conseils si besoin.

Quel est le but de ces "kiosques à fatwa" ?

L’objectif c’est d’être plus accessible. Pas besoin de prendre un rendez-vous, c’est sur le chemin du travail, de la fac... Ça permet d’attirer tous les gens qui ne vont pas à la mosquée et notamment les jeunes. Surtout, ces imams dans leur box font en sorte d’occuper l’espace. Ils diffusent les préceptes d’un islam non violent pour, espèrent-ils, combattre plus efficacement les idées extrémistes.

Deux infos en bref pour boucler ce journal du monde ?

Des infos un peu plus légères. D’abord au Danemark où le département Arts et Culture de l’université de Copenhague voulait retrouver un peu de "peps". Un professeur, spécialiste de musique afro-américaine et africaine, vient donc de créer un nouveau cours. L’objet d’étude, c’est Beyonce ! Sa musique, ses vidéos, ses engagements et le féminisme afro-américain qu’elle porte haut ! Et c'est une réussite : 75 élèves se sont inscrits au lieu des 30 espérés.

Et puis carnet rose, au Japon…

La princesse Mako, qui est la petite-fille de l’Empereur du Japon, a officialisé hier ses fiançailles avec un jeune garçon qui travaille dans un cabinet d’avocat. Ils se marieront dans un an et l’ont annoncé à la presse sur un ton très fleur bleu. Lui venait de dire qu’elle veillait sur lui "comme la Lune". Ce qui est moins romantique, c’est que Mako renonce à son titre de princesse car son chéri est un roturier. Et les règles, dans ce cas, sont très claires. Mais pour les filles seulement car l’Empereur Akihito et ses deux fils ont épousé des roturières et ça n’a posé aucun problème.