Mexique : un douzième journaliste assassiné en 2017

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Un journaliste de 35 ans a été tué dans l’État de Veracruz, à l’est de Mexico. Ces assassinats sont fréquents alors que la guerre entre les narcotrafiquants et le gouvernement fait rage. 

Le journal du monde, une fenêtre ouverte sur ce qui se passe ailleurs. Au Mexique par exemple, où un journaliste a été assassiné hier : c’est le 12e cette année dans le pays !

Il s’appelait Gumaro Pérez , 35 ans. Il habitait et travaillait dans la ville d’Acayucan, dans l’état de Veracruz, à l’est de Mexico.  Hier, il assistait à la fête de Noël de l’école de son fils de 6 ans. Quand deux hommes sont entrés dans le bâtiment et l’ont abattu de 4 balles, juste devant les enfants. Perez travaillait sur toutes les questions de police pour plusieurs journaux, et il avait fondé un site d’info, La Voix du Sud. Cet état de Veracruz est l’un des plus dangereux pour exercer ce métier de journaliste.

Mais 12 assassinats en un an, une moyenne d’un par mois, c’est énorme !

Et au niveau du pays c’est 73 meurtres de journalistes ces 7 dernières années, depuis 2010. Selon Reporter sans Frontière, c’est un niveau de violence comparable à des pays en guerre civile comme l’Afghanistan ou la Syrie. En fait les journalistes sont pris en 2 feux : ils sont la cible des cartels de drogue, du crime organisé. Mais la moitié des agressions sont perpétrées par des fonctionnaires véreux, des élus corrompus. En août, dans cette même ville d’Acayucan, un reporter du journal local avait été assassiné : il avait reçu des menaces d’un maire de la région sur lequel il enquêtait.

Le problème, c’est que pas grand-chose n’est fait pour les protéger.

Ce reporter dont je vous parlais à l’instant, il faisait partie d’un programme de protection, ça n’a rien empêché. Ce programme a été mis en place en 2012, 130 journalistes en bénéficient cette année par exemple mais il n’a pas les moyens de fonctionner. Tout comme le Parquet spécialisé dans les délits contre la liberté d’expression, créé en 2010. Les résultats parlent d’eux même : 99,6% des assassinats de journalistes ne sont pas élucidés. C’est l’impunité totale, et le message envoyé aux criminels, c’est que la voie est libre et un cauchemar pour les membres de la presse.

Quand c’est si compliqué de faire son travail d’information, c’est mauvais signe pour la démocratie.

Bien-sûr, les rédactions s’autocensurent souvent. Certains journaux ferment même carrément : ça a été le cas du quotidien Norte, dans la ville de Ciudad Juarez dans le nord du pays, après qu’une de leurs journalistes a été tuée en mars, dans sa voiture, alors qu’elle emmenait son enfant à l’école.

Mais au-delà même du secteur de la presse, la violence endémique du pays est très impressionnante : la lutte contre les cartels de la drogue a fait exploser le crime, le Mexique compte pas moins de 200.000 homicides ces 10 dernières années.

Deuxième histoire de ce journal du monde, elle nous emmène en Russie, où la communauté des défenseurs des droits de l'homme pleure le décès de son père spirituel.

Oui, et c’est Elena Volochine à Moscou qui nous en parle. Bonsoir Elena.

Arseny Roguinsky, qui est donc mort avant hier, c'était le fondateur de la célèbre ONG russe Memorial. Oui, il s'est éteint à l'âge de 71 ans, en Israël, des suites d'une longue maladie. Il était Historien, dissident à l'époque soviétique, et avait fondé il y a 30 ans, en 1987 cette ONG, Memorial. Une organisation qui, non seulement, s'est toujours battue pour les droits l'homme en Russie. Mais qui fait aussi un immense travail de mémoire sur les répressions soviétiques. Arseny Roguinsky lui-même, d'ailleurs, en avait été victime. Il est né en déportation dans le Grand Nord russe. Puis il a été condamné, dans les années 80, à 4 ans de camp pour ses activités de dissident.

D’ailleurs le travail que fait Memorial ne plait pas du tout au Kremlin.

Ah non, ces dernières années, le climat est de plus en plus hostile. La vigilance des membres de l’ONG sur les questions des libertés individuelles gêne le pouvoir russe.  Et d’ailleurs, en 2016, l'ONG a été inscrite sur la liste très controversée des "agents de l'étranger". Vous savez, une loi a été adopté pur pouvoir, comme ça, stigmatiser les ONG qui reçoivent des financements étrangers.

Et hasard du calendrier, c'est aujourd'hui un anniversaire un peu particulier.

Oui, officiellement, aujourd'hui, le 20 décembre, on fête la "journée des travailleurs des organes de sécurité de Russie". C'est en fait l'anniversaire de la Tcheka, la police politique soviétique, fondée il y a 100 ans, Et pour l'occasion, Memorial publie un communiqué pour rappeler que, je cite, "à cause des activités criminelles de cette organisation, des millions de personnes ont été envoyées dans des camps ou exécuteés".

D'autres activistes sont sortis avec des pancartes devant le siège du FSB, l'ex-KGB. Une membre du groupe pung "Pussy Riot" avait écrit sur la sienne "bon anniversaire les bourreaux". Elle a été arrêtée et se trouve toujours, à l'heure actuelle, détenue au commissariat. Merci Elena Volochine (depuis Moscou)

En bref, la Belgique va nommer des femmes ambassadeurs en Arabie Saoudite et en Iran.

Oui, dans deux pays où la condition des femmes est difficile, ça se fera dans le courant de l’été 2018 et pour 5 ans. Et malgré les noms de ces deux diplomates chevronnées, Dominique Mineur pour Riyad et Véronique Petit pour Téhéran, c’est bien un signal politique fort qu’envoie la Belgique !

En Nouvelle Zélande, on se fête un « Noël secret », entre inconnus.

C’est le principe du Noël entre copains : on tire au sort au sein du groupe, et chacun apporte un petit cadeau. Eh bien depuis 7 ans, ça se fait à l’échelle du pays : 3600 personnes se sont inscrites cette année au « Secret Santa ». Et cette année, la nouvelle 1ère ministre, fan de Nöel, y a même participé. Elle a posté sur twitter le moment où elle ouvrait ses paquets.