Mercedes cite le dalaï-lama, ça ne plaît pas à Pékin

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Les chroniques du monde est une chronique de l'émission Europe Soir
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Pékin considère le dalaï-lama comme un dangereux séparatiste et n'a pas apprécié que Mercedes le cite sur Instagram. Et les excuses de la marque allemande ne suffisent pas.

Mercedes avait visiblement voulu bien faire en citant le dalaï-lama. Pékin l’a mal pris, c’est le moins qu’on puisse dire. On n’est pas passé loin de l’incident diplomatique…

L’incident commercial surtout, concernant Mercedes. Tout ça commence par une pub sur Instagram. Mercedes-Benz publie, lundi, la photo d’un de ses coupés sur une plage, avec cette citation entre guillemets, attribuée au dalaï-lama : "Regardez une situation sous tous les angles, et vous deviendrez plus ouverts. Et la marque allemande rajoute même une légende : "Commencez votre semaine avec de nouvelles perspectives, celles du dalaï-lama." Vous savez que Pékin considère le leader tibétain comme un dangereux séparatiste. Alors c’est vrai qu’Instagram n’est pas accessible en Chine, ce réseau social comme beaucoup d’autres est bloqué. Mais la pub a été repostée par des internautes chinois. S’apercevant de sa bourde, Mercedes l’a très vite retirée et a présenté ses excuses en bonne et due forme, dès mardi, sur Weibo, l’internet chinois.

Excuses acceptées ? Fin de l’incident ?

Pas du tout ! Et c’est le quotidien du Peuple qui a décidé de hausser le ton. Dans un édito hier, il accuse le constructeur allemand de "prendre le peuple chinois pour un ennemi" pendant qu’en 2017, il écoulait 600.000 voitures neuves dans le pays. Attention, l’organe officiel du Parti Communiste chinois va très loin, il écrit : "Si une entreprise chante les louanges d’Hitler, diffuse de célèbres paroles d’Hitler ou bien reprend des discours des séparatistes allemands comme doctrine, comment réagiront les Allemands ?"

C’est pas bon pour les affaires, ça !

Et c’est bien pour ça que la maison mère, Daimler, a très vite écrit une lettre d’excuses officielles et "sincères" à l’ambassadeur de Chine en Allemagne. Lettre dont des extraits ont été diffusés dans les médias chinois, qui précise que la marque allemande n’a aucune intention de remettre en question la souveraineté de Pékin sur le Tibet, que "jamais elle n’apporterait la moindre aide ou assistance à quiconque voudrait attenter à l’intégrité territoriale de la Chine". Ça continue comme ça encore, avec des excuses, des regrets. C’est ce qui s’appelle se mettre à plat ventre.

Du coup Pékin a fait un petit rappel à l’ordre…

Oui hier, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères a appelé les entreprises étrangères à respecter "les règles fondamentales pour se comporter et faire des affaires". "Corriger ses erreurs est une règle fondamentale", qu’on se le dise.

Coup de comm encore, avec l’annonce de la chaîne de supermarché Aldi. Aldi c’est le roi du discount en Allemagne. Hélène Kohl, vous nous rejoignez depuis Berlin. Aldi vient d’annoncer qu’il allait bientôt proposer aussi des appartements low-cost. On parle de 2.000 logements neufs, à des loyers défiant toute concurrence.

Oui Aldi va tout simplement utiliser l'espace au-dessus de ses supermarchés pour bâtir des immeubles neufs. Une cinquantaine de logements au-dessus de chaque magasin, qui seront loués sous les prix du marché : 10 euros le mètre carré au maximum. 30 % des appartements auront même le statut de HLM, encore moins cher. Deux projets pilotes vont être lancés très vite dans deux quartiers populaires du centre-ville. Ce sont des arrondissements en pleine gentrification. Avec des rues où les loyers ont pris 60 % en deux ans. Résultat, les habitants historiques (petits retraités, chômeurs, immigrés) sont progressivement chassés du centre-ville. Ça crée de grosses tensions sociales, avec une hostilité anti-bobo parfois très violente. Bref, Berlin traverse une grave crise du logement.

Tout le monde est d’accord ?

Pour le moment, l'idée emballe tout le monde ! Parce qu'on estime que la population de Berlin va augmenter de 10% en douze ans. Et il faut trouver 194.000 nouveaux logements. Si possible à l'intérieur du périphérique, pour conserver le "mélange social" propre à la ville, hérité de l'époque du Mur, quand seuls les plus défavorisés acceptaient de vivre au centre le long du rideau de fer. Donc bravo général pour Aldi. Mais, le discounter y trouve largement son compte. Car pour chaque immeuble d'habitation construit au-dessus d'un magasin, celui-ci pourra être agrandi. Aldi va augmenter ses surfaces de vente. Tout en s'assurant que sa clientèle classique, des classes sociales les moins fortunées, reste à proximité.

Mais Aldi avait besoin de redorer son blason ?

Effectivement Aldi c'est le symbole par excellence des dérives du secteur des services en Allemagne. Avec ses salariés kleenex, espionnés par caméras de surveillance, ou par de faux vigiles de sécurité, pour les virer au moindre écart. Aldi c'est aussi le champion des stages sous-payés. Dès qu'un salarié commence à coûter trop cher, on le harcèle jusqu'au départ. Donc il faudra sans doute vraiment bien lire le contrat de location avant de signer quoi que soit avec ce propriétaire discount.

En bref, Aldi pour le meilleur et pour le pire effectivement. La marque a fait les gros titres aussi en Grande-Bretagne cette semaine…

Oui car Pat Bateman, une dame de 60 ans des Cornouailles venait de faire déjeuner sa petite fille de deux ans. Des petits légumes surgelés. Le paquet était presque vide, Pat s’apprêtait à le remettre au congélateur quand elle a trouvé que sa forme était bizarre. Elle a mieux regardé et a trouvé la moitié d’un rat dans ce qui restait. Dans un premier temps, on lui a proposé 35 euros de dédommagement, puis un peu plus. Des milliers de paquets ont été retirés des rayons et une enquête est ouverte.