Maroc : une vidéo choquante relance le débat sur les violences faites aux femmes

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Une vidéo d'une minute montrant un jeune agresser sexuellement une jeune lycéenne en plein jour est venu relancer le débat sur la question des violences faites aux femmes au Maroc.

On va d’abord aller au Maroc, où une vidéo soulève une énorme émotion. Elle est apparue sur Facebook la semaine dernière et elle vient de relancer le débat sur les violences faites aux femmes…

C’est la vidéo d’une agression, qui a très vite fait le tour du web. Elle dure une minute, on y voit un jeune homme s’en prendre à une lycéenne en plein jour. Il la plaque au sol, se sert de sa force pour l’immobiliser, lui arracher des vêtements et s’adonner à des attouchements. Elle se débat, pleure et crie "n’as-tu pas de sœur ?" Et un témoin filme, de près, sans trembler et sans intervenir. La vidéo a tout de suite fait le tour du web. En moins de 24 heures, les autorités ont retrouvé l’agresseur et son comparse qui filmait. Mais le débat est lancé. Ou plutôt relancé : en août dernier, l’agression collective d’une femme dans un bus à Casablanca avait fait promettre au gouvernement de lutter contre ce fléau.

Et il l’a fait ? Une loi a été adoptée tout récemment, non ?

Alors oui, ironie du calendrier sans doute, le jour de la Saint-Valentin, le 14 février dernier, le parlement marocain a enfin définitivement adopté une loi contre les violences faites aux femmes. Après cinq ans de débat quand même, ce qui vous donne une idée des résistances qui s’expriment. Mais cette loi, qui n’est toujours pas entrée en vigueur, permettra-t-elle vraiment de lutter contre ces violences régulièrement dénoncées et rarement condamnées ? Toutes les associations de droits de femmes en doutent. Elles jugent la réforme "cosmétique et insuffisante" et ne prenant même pas en compte les normes internationales en matière de violence.

C’est-à-dire ?

Le viol conjugal, par exemple, n’est toujours pas puni. Les associations militantes estiment qu’il y a toujours eu une sorte de tolérance vis-à-vis du viol en général. Il n’y a pas si longtemps, un article du code pénal permettait au violeur d’épouser sa victime, comme une "réparation". Cet article a été abrogé mais dans les faits, la police propose toujours aux deux parties de se "réconcilier par un mariage". Autre exemple, une femme qui dépose plainte pour viol peut se retrouver poursuivie pour "relations hors mariage". Dans un communiqué publié hier, une coalition d’associations de droits de femmes, qui s’appelle "Le printemps de l’égalité", demandait que soit enfin ouvert le chantier de la réforme du code pénal pour créer une cadre juridique à la mesure de la situation. Vaste chantier, se dit-on à la lumière de cette étude de l’ONU publiée il y a un mois. On y apprend que 38% des Marocains interrogés pensent que les femmes méritent parfois d'être battues. Et que 62% estiment qu’une femme "devrait tolérer la violence pour maintenir sa famille unie".

Direction la Thaïlande et ses plages paradisiaques. Ceux qui ont vu "La plage" avec Leonardo Di Caprio et Virginie Ledoyen savent de quoi on parle. Carol Isoux, vous êtes à Bangkok pour Europe 1. Justement, c’est cette plage-là qui est fermée jusqu’à nouvel ordre. Pourquoi ?

Parce qu’elle est abîmée tout simplement. Trop de touristes, trop de bateaux, ses fonds coralliens sont moribonds, la faune aquatique a déserté les lieux, la couleur de l’eau a changé, bref, comme le dit le conservateur marin chargé de sa réhabilitation, "la Plage a perdu sa beauté". Là il s’agit de l’île de Kho Phi Phi mais c’est malheureusement le cas de beaucoup de sites en Asie du sud-est, victimes du tourisme de masse. Les îles thaïlandaises bien sûr, mais aussi l’île de Boraccay aux Philippines ou encore la baie d’Halong au Vietnam, sont aussi des désastres écologiques. Des centaines de jonques de touristes s'y croisent jour et nuit, à tel point que, dans le cas du Vietnam par exemple, les autorités ont décidé non pas de traiter les dégâts, mais d’interdire la baignade dans la baie pour des raisons sanitaires.

Mais fermer la plage aux touristes, est-ce que ça n’est pas trop tard ? Ça marche ?

Eh bien oui ! Justement, c’est ça la bonne nouvelle, ça fonctionne très bien, il n’y a pas de fatalité. L’expérience a été tentée sur plusieurs sites de plongée en Thaïlande. En quelques mois seulement, l’écosystème a été complètement renouvelé. Les poissons sont revenus, le processus de blanchiment du corail a été stoppé et même renversé. Les résultats sont très encourageants, et les sites ont rouvert avec des quotas journaliers de touristes.

Oui parce que la fermeture d’une plage comme ça, ça doit être terrible pour tous ceux qui vivent du tourisme...

Oui, d’autant qu’il s’agit de zones souvent pauvres, qui se sont développées quasi exclusivement autour de cette industrie touristique. Avec 4.000 visiteurs par jour, la Plage de Kho Phi Phi génère d’énormes revenus. Dans le cas des Philippines, les tours opérateurs parlent de 36.000 emplois en jeu. C’est donc pour l’instant un difficile équilibre à trouver entre conséquences sociales et conséquences écologiques.

En bref, vendredi dernier avait un petit goût de révolution pour les Irlandais…

Surtout un bon goût de houblon car pour la première fois depuis 1927, ils ont pu commander une pinte de bière alors que c’était Vendredi saint. D’ailleurs, il y avait des queues devant certains pubs. Jusque-là, la tradition imposait la sobriété. C’est encore le cas le jour de Noël, où l’on ne peut pas acheter d’alcool. Et figurez-vous que jusque dans les années 60, la Saint-Patrick, le 17 mars, était "sobre" également. Les choses ont bien changé depuis.

Le joueur de foot Samuel Eto’o sera-t-il président du Cameroun ?

En tout cas ce week-end, une interview au site du journal Jeune Afrique annonçait qu’il était candidat pour prendre la tête de son pays en octobre prochain. Comme George Weah l’a fait avant lui, devenant en janvier dernier président du Libéria. Le scoop a été repris par d’autres médias. Mais hier, c’était le 1er avril et l’interview fictive. L’ancien international, qui a dénoncé un "canular malfaisant" n'a pas du tout apprécié la blague. Il faut dire que ses réponses le faisaient un peu passer pour un guignol.