Malaisie : le quinoa s'invite dans la campagne électorale

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Alors qu'une campagne électorale venait de commencer, le Premier ministre malaisien a confié qu'il consommait quinoa. Ses opposants ont sauté sur l'occasion pour le critiquer.

On va d’abord parler quinoa. Vous vous souvenez peut-être que pendant la campagne électorale, Jean-Luc Mélenchon ne jurait que par cette graine. Eh bien c’est aussi le cas du Premier ministre malaisien, et il l’a confié récemment. Bien mal lui en a pris d’ailleurs…

Pourtant le Premier ministre répondait à une question plutôt simple, quasi en forme de compliment : "Comment faites-vous pour rester tellement en forme ?" Et donc voilà Najib Razak, au pouvoir depuis deux mandats, qui explique qu’il n’a pas le temps de faire d’exercice mais qu’il fait attention à ce qu’il mange et qu’il a remplacé le riz par du quinoa, une graine que lui a fait découvrir son fils et qui pousse au Pérou, explique-t-il. Riche en protéine, moins de glucide, moins de sucre, c’est aussi "bien meilleur que le riz", selon lui. Le riz, vous l’imaginez, qui est l’aliment principal des 30 millions de Malaisiens, deux assiettes et demie par adulte et par jour en moyenne.

Il a le droit de préférer le quinoa…

Oui, mais c’était très imprudent de le dire alors qu’une campagne électorale venait de commencer. Les élections générales doivent avoir lieu avant le mois d’août et les opposants de Najib Razak ont immédiatement dégainé ! "Moi je ne mange que du riz local", tweete un ancien Premier ministre, quand le leader du principal parti d’opposition, Lim Kit Siang, souligne que le quinoa coûte aujourd’hui 23 fois plus cher que le riz en Malaisie. Seuls 2% des plus riches peuvent se l’offrir, dénonce le challenger, qui explique que ça lui fait penser à "l’histoire de Marie-Antoinette, la dernière Reine de France avant la Révolution de 1789 : elle aurait dit de 'manger de la brioche' à des paysans qui n’avaient plus de pain.' Vous l’avez compris, le Premier ministre serait déconnecté des réalités et de ses citoyens ! Ses services répondent que le quinoa a été prescrit par son médecin nutritionniste !

Ça peut lui coûter l’élection ?

Les observateurs pensent que non. Même si Najib Razak est accusé de détournement de fonds par la justice américaine. Il aurait piqué trois milliards et demi de dollars d’un fond de placement créé il y a quelques années. Le Premier ministre nie toute malversation. Et puis la presse est très contrôlée, l’opposition très divisée, les circonscriptions électorales soigneusement redécoupées depuis 2013. Enfin, les zones rurales le soutiennent. Donc ça devait passer sans problème, malgré le quinoa.

On quitte la Malaisie pour les Pays-Bas, où le froid a fait naitre un espoir gigantesque. Isabelle Ory, vous êtes notre correspondante à Bruxelles. Et cet espoir, c’est de pouvoir enfin revivre la plus grande course de patin du pays, la Elfstedentocht…

Elfstedentocht en français, ça veut dire le tour des 11 villes. 11 villes de la province de Frise. C’est une boucle de 200 kilomètres en patin à glace tout au nord des Pays-Bas. Dans cette région, depuis qu’il s’est mis à faire très froid, les habitants suivent heure par heure l’évolution de l’épaisseur de la couche de glace. La presse locale s’en fait l’écho, avec des articles très scientifiques et des graphiques sur la corrélation entre la baisse des températures et les centimètres de glace sur les canaux. Cela fait 21 ans que la Elfstedentocht n’a pas eu lieu, tous les Néerlandais sont sur les dents.

Qu’est ce qui rend cette course si spéciale ?

C’est un évènement national : tout le pays s’arrête quand elle a lieu. Elle est rare, 15 éditions seulement en plus d’un siècle. La dernière fois, il y avait 16.000 patineurs, deux millions de spectateurs, plus d’un Hollandais sur dix s’était déplacé ! Sans compter les millions de gens qui regardaient à la télévision. Les patineurs les plus rapides mettent six heures, mais d’autres doivent patiner plus de 20 heures. Le vainqueur devient une star éternelle dans le pays. C’est un moment de communion, aussi important que le couronnement du roi ou que la finale de la Coupe du monde de football quand l’équipe nationale est qualifiée !

Et donc verdict ? On sait ?

Alors pour que ce soit sans danger, il faut une sacrée épaisseur de glace - 16 cm sur tout le parcours. Et pour le moment on oscille entre 5 et 10 cm. Trop dangereux et le redoux est annoncé. D’ailleurs, la grande inquiétude aux Pays-Bas, c’est qu’à cause du réchauffement climatique, les conditions ne soient plus jamais réunies pour organiser ce marathon des glaces. Les plus optimistes eux, rappellent qu’au siècle passé, il y a eu des longues périodes sans Elfstedentocht. Ils veulent y croire encore mais hélas c’est sans doute encore raté pour cette année.

En bref, selon le FMI, l’inflation devrait atteindre jusqu'à 13.000 % cette année au Venezuela. Autant dire que le bolivar vénézuélien, la monnaie locale, ne vaut plus grand-chose…

Et ça a des conséquences parfois surprenantes. Par exemple, sur les marchés de Colombie, pays voisin, on trouve des objets tressés en billets de banque vénézuéliens ! Des sacs, des colliers, des couronnes en bolivars, les réfugiés vénézuéliens les vendent très bien apparemment. Autre conséquence, certaines entreprises payent leurs employés en nourriture. Par exemple, une société de sécurité qui devait employer 200 personnes, a été submergée de candidats. Salaire proposé : 10 dollars par mois et une prime de 36 œufs par semaine ! C’est à dire de l’or, en période de pénurie alimentaire aussi sévère.

Au Japon, les compagnies ferroviaires ne reculent devant rien pour satisfaire leurs clients !

Et on ne rigole pas avec l’éducation. Une petite gare de l’île d’Hokkaido, tout au nord, est restée ouverte trois ans, avec deux trains par jour pour une passagère. Une seule. Une lycéenne pour qui le train était le seul moyen de se rendre à l’école. Quand elle a eu l’équivalent de son bac, la gare a fermé. Belle notion de service public pour Japan Railways, une compagnie privatisée depuis 25 ans. Et un joli coup de pub.