L'ingéniosité d'un docteur pour s'accommoder de l'embargo à Gaza

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Le journal du monde est une chronique de l'émission Hondelatte raconte
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La bande de Gaza est soumise à un embargo sévère de la part d'Israël depuis 2007. Et cela vaut aussi pour le matériel médical. Un docteur redouble d'ingéniosité pour s'en accommoder.

Ce soir, la première histoire nous emmène au Proche-Orient, à Gaza, pour découvrir l’ingéniosité d’un médecin palestino-canadien pour faire face à la pénurie de matériel de base.

Il s’appelle docteur Tarek Loubani et travaille par période, comme médecin invité à l’hôpital al-Shifa, le grand hôpital de Gaza. La bande de Gaza, c’est ce petit territoire palestinien tout en longueur, enclavé entre la mer Méditerranée et Israël et qui, depuis 2007, est sous le contrôle du mouvement islamiste Hamas. Pour cette raison, les Gazaouis sont soumis, depuis 10 ans, à un embargo sévère de la part d’Israël. En conséquence, il est très compliqué pour les médecins de faire leur travail. Et le symbole de la pénurie, pour eux, c’est l’outil de base qu’est le stéthoscope. Interdits d’importation, et quand bien même, un stéthoscope coûte 300 euros, ce que gagne un médecin en un mois.

Et donc, ce docteur Loubani a décidé de fabriquer du matériel médical !

Absolument, grâce à la technologie 3D. Alors, le souci c’est qu’il a fallu d’abord créer une imprimante 3D, toujours à cause de l’embargo. Ils ont réussi à quelques-uns, grâce à des données "open source" sur internet et peu à peu, ils ont réussi à créer des stéthoscopes à base de plastique, qui parait-il fonctionnent très bien et qui coûtent moins d’un dollar ! Maintenant, ils testent de nouveaux garrots et des oxymètres de pouls. C’est cette petite machine qu’on vous met au bout du doigt pour mesurer la quantité d’oxygène qui circule dans le sang. Donc belle réussite de la débrouille !

En quelques mots, pourquoi l’embargo israélien touche-t-il ce type de matériel, vital dans un hôpital ?

Parce qu’il touche tout matériel considéré comme potentiellement "à double usage", c’est à dire pouvant être détourné à des fins militaires. Et cette appréciation est très large. Elle touche même, par exemple, les matériaux de construction. Et bien-sûr, concernant l’hôpital, le gros matériel type IRM ou scanner qui est surexploité et complètement daté.

Pour la deuxième histoire, nous allons en Belgique où l'on retrouve Isabelle Ory. Bonsoir Isabelle ! Nos voisins ont découvert ce matin, en lisant leurs journaux, qu’ils étaient espionnés à leur insu par des panneaux publicitaires !

Imaginez un peu. Vous êtes tranquillement en train de saliver devant la photo d’un hamburger frites ou en train de rêver devant celle d’un mannequin sculptural en sous-vêtement, chacun son truc, et en fait sans que vous le sachiez, vous êtes filmé. Filmé par le panneau qui affiche la publicité. Il y a tout simplement une petite caméra au-dessus. Alors pourquoi est-elle là ? Parce qu’elle va permettre à l’annonceur de savoir qui regarde sa pub, et donc de mieux cibler l’affichage en fonction de qui fréquente le lieu. Sauf que tout ça, en Belgique, c’est interdit. On ne peut pas filmer quelqu’un sans qu’il soit au courant. Et donc c’est le scandale. Même le secrétaire d’Etat chargé de la vie privée est monté au créneau tout de suite. "Big Brother c’est pour bientôt, avec moi pas question", a-t-il réagi.

Et comment se défend la compagnie qui a installé ces panneaux ?

Cette compagnie c’est JC Decaux, l’entreprise française, le numéro un mondial de l’affichage. En fait, elle a racheté une petite boite belge qui avait installé ces panneaux dans des centres commerciaux. Au début elle s’est frotté les mains. "C’est le graal pour les annonceurs", clamait sa directrice du marketing, une solution d’avenir. Et évidemment, depuis ce matin c’est rétro-pédalage en règle. Promis, la caméra ne garde pas les images, Decaux parle de capteurs visuels, qui n’enregistreraient que le nombre de personnes, leur âge et leur sexe. Et même, la main sur le cœur, l’entreprise assure qu’elle avait en fait prévu de désactiver ces panneaux espions d'ici la fin de l’année. Elle va sûrement devoir accélérer !

Et donc chapitre clos ?

Oh que non car le journal qui a révélé l’affaire nous apprend que des idées comme ça, les spécialistes de la pub en ont plein leur cartons. Ils tentent et puis ils reculent, mais ils vont retenter. Le quotidien prévient qu’un concurrent de Decaux envisage d’installer sur les panneaux des caméras qui capteront les émotions. Et là, ce sera en France, pas en Belgique. La prochaine fois que vous serez devant un panneau publicitaire, méfiez-vous ce n’est pas qu’une histoire belge !

Deux infos en bref pour terminer ce journal du monde.

D’abord, le curieux accoutrement de ce prof de cinéma de l’université du Kansas. Depuis la rentrée, depuis deux semaines, Kevin Willmott  fait cours avec un énorme gilet pare-balles. Un fardeau qu’il a décidé de porter toute l’année pour protester contre l’entrée en vigueur, cet été, d’une loi de 2013 qui autorise enseignants et étudiants à venir en cours armés. A ses étudiants, surpris, il a dit : "Essayez d’oublier que je porte un gilet pare-balles, et moi j’essaierai d’oublier que peut-être l’un d’entre vous porte un calibre 44 Magnum."

Deuxième coup d’œil, en Colombie cette fois.

Après les adolescentes indonésiennes voilées qui jouent du heavy metal, je vous propose aujourd’hui la religieuse colombienne, elle aussi voilée, mais rappeuse ! Elle s’appelle sœur Maria Valentina et chantera aujourd’hui pour accueillir le pape François en Colombie. Quand elle ne joue pas du ukulélé, elle brandit le doigt comme une vraie rappeuse. La jeune femme au visage rond et avenant s’est fait connaitre en gagnant un concours musical à la télé et la voilà dans le comité d’accueil de "papa Francisco" avec cette chanson hyper contestataire : "Faisons le premier pas."