Le toc étonnant d’une Américaine, qui a besoin de… prendre l’avion !

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Le monde dans votre radio est une chronique de l'émission Europe Soir
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Une Américaine est atteinte d’une maladie pour le moins inhabituelle. La semaine dernière, elle a même réussi à prendre l’avion sans passeport ni billet. 

Le monde dans votre radio tous les soirs, ce sont les chroniques du monde avec Sophie Larmoyer, bonsoir. On va commencer avec l’histoire de cette Américaine qui a un toc assez peu commun, elle a besoin de prendre l’avion ! C’est presque une maladie. Petit détail : elle n’a pas de passeport, elle n’a pas non plus de billet. Ce qui est incroyable c’est que malgré les mesures de sécurité très serrées, elle a fini par réussir à embarquer sur un vol transatlantique.

La semaine dernière, le 14 janvier, aéroport international de Chicago. Son parcours a été retracé grâce aux images des caméras de sécurité : Marilyn Hartman, c’est son nom, a d’abord déjoué les contrôles et a presque réussit à embarquer pour un vol intérieur vers le Connecticut.  Il faut vous imaginer une femme de 66 ans, cheveux blancs sagement coiffés avec une petite frange, de grands yeux clairs. Elle ne suscite absolument pas la méfiance. Mais finalement elle est quand même repérée avant de monter dans l’avion. On lui demande de sortir du rang, elle va s’assoir. Et attend toute la nuit dans l’aéroport ! Et le lendemain matin elle remet ça, arrive à se fondre à un groupe et à prendre une navette, qui l’amène dans un avion de la British Airways. Hop, direction Londres ! L’équipage s’en est aperçue en vol, elle a été renvoyée illico et arrêtée à son arrivée.

Et cette Marilyn est une récidiviste !

Ah oui, un juge de Chicago, qui la voit revenir souvent l’a appelée la « sérial passagère clandestine ». Ses exploits, à en croire les archives de la presse américaine, remontent à 2009. Et Marilyn Hartman compte de très bonnes années : un procureur, en Californie en 2015, avait compté au moins 18 tentatives de se jouer de la sécurité des aéroports. Et plusieurs fois en tout cas, elle a réussi à prendre embarquer pour des vols intérieurs.

Dans quel but elle cherche des vacances à l’œil ?

Pas du tout, ça reste assez obscur, elle dit qu’elle ressent le besoin de monter dans un avion. En même temps elle a conscience de violer la loi, les experts psychiatriques disent qu’elle est responsable de ses actes même si elle est malade mentalement. Mais c’est une femme qui n’a pas de ressource donc elle va d’établissement en établissement, et dès qu’elle peut, elle file toujours vers un aéroport. Pourtant le lieu lui a été interdit par tous les juges qu’elle a vus.

En tout cas, ça ne fait pas très sérieux côté sécurité aérienne…

C’est sûr, même si elle a été physiquement contrôlée comme tout le monde. Mais les commentateurs dans la presse en tirent un autre enseignement : l’histoire de Marylin Hartman révèle aussi l’échec d’une justice qui ne sait pas quoi faire d’une mamie esseulée, SDF, absolument sans danger dont la place n’est pas en prison mais qui n’a pas les moyens d’être soignée comme elle le devrait. Une mamie sérial passagère clandestine. Merci Sophie.

Des Etats-Unis on file en Russie, mais on reste dans l’aérien, puisque les cadets de l’armée de l’air russe viennent de déclencher un scandale sans précédent. Pour s’amuser, ils se sont filmés sur l’air d’une parodie de "Satisfaction", en petite tenue, en tortillant du derrière, façon YMCA (Village people).

Bonsoir Elena Volochine, correspondante d’Europe 1 à Moscou. Leur vidéo, postée sur les réseaux sociaux, n’a pas été du tout du goût des autorités. Alors vous vous souvenez tous de ceci. C'est le tube de Benny Benassi. Et dans le clip, on voit des filles canon et plutôt dénudées se trémousser en faisant des travaux de chantier. Il y a une semaine, des étudiants de l'université d'aviation civile de la ville d'Oulianovsk ont eu la bonne idée de publier une parodie de ce clip sur Internet. En caleçon, cravate et képis d'aviateur. Ils y font une danse sexy et franchement très très drôle.

Mais bizarrement, le recteur de l'Université n’a pas apprécié… Il a immédiatement crié au scandale et menacé de les expulser. Même le gouverneur de la région s'en est mêlé en allant rappeler aux brebis égarées, ainsi qu'à leurs parents, "l'honneur de l'uniforme et le respect des traditions". Mais c'était sans compter la vague de soutien qui s'est propagée sur le Web.

Hé oui, presque immédiatement, à travers tout le pays, on s'est mis à danser sur Satisfaction et à publier ces vidéos, toutes plus loufoques les unes que les autres. D'abord, les étudiants d'un institut agricole, puis les médecins, les urgentistes, les ouvriers, les jockeys, les secouristes des mamies en fichu dans un appartement collectif, les électriciens, les mères de famille, les nageurs, les artistes, et même un animateur vedette de télévision. Bref, tout le monde s'y est mis, à tel point que le recteur de l'Université d'Oulianovsk a dû renoncer à renvoyer les apprentis aviateurs.

Pourquoi ce flashmob a-t-il créé un tel phénomène dans le pays ?

Hé bien parce qu'en Russie, on peut être condamné à de la prison ferme lorsque l'on danse dans une cathédrale ou devant un monument aux morts. Et, faut-il le rappeler, il y a une loi qui punit la "propagande homosexuelle parmi les mineurs."

Et donc, dans ce contexte, cette série de flashmobs apparaissent comme un acte de résistance à l'autoritarisme et aux mœurs conservatrices. Qui fait dire à certains que la société russe n'est pas complètement impuissante, atrophiée et muette face au système répressif. 

Merci Elena Volochine, histoire racontée depuis Moscou.