Le Pérou sous le choc après la mort d'une femme brûlée vive

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Une femme est morte au Pérou après avoir été brûlée vive par un homme qui la harcelait depuis des mois. La réaction légère du président Martin Vizcarra suite à cette nouvelle a suscité une vague d'indignation dans le pays.

On prend d’abord la direction du Pérou, sous le choc après la mort atroce d’une femme dans un bus. Elle a été brûlée vive par un homme qui la harcelait depuis des mois…

Oui c’était il y a un peu plus d’un mois dans un quartier du bord de mer, à Lima. Une femme aspergée d’essence par un ancien collègue, frustré de n’avoir jamais réussi à la séduire. "Si tu n’es pas à moi, alors tu ne seras plus à personne", voila ce qu’il a crié. Brûlée sur les deux tiers de son corps, la jeune femme a finalement succombé à ses blessures vendredi. Elle avait 22 ans. Mais c’est un tweet qui a décuplé encore l’indignation. Un tweet du président péruvien. A l’annonce de sa mort, Martin Vizcarra écrit que le meurtrier (qui a été arrêté) doit être emprisonné à vie. Mais il ajoute, à l’adresse de la famille de la victime : "Parfois la vie est ainsi faite, et nous devons l’accepter." Une légèreté qui n’est pas du tout passée.

Ah oui effectivement. Et quelles ont été les réactions ?

Elles ont été immédiates. Mobilisation des associations de défense des droits des femmes, veillées organisées en mémoire de la jeune victime et manifestations. "Non monsieur le président, la vie n’est pas 'ainsi faite', a répondu une opposante. La victime n’a pas seulement été tuée par un homme, elle a été tuée par le machisme ancré dans l’Etat, et dans la société."

Parce que c’est un problème de fond dans le pays ?

Il n’y a qu’à regarder les chiffres. Les cas de violences envers les femmes sont en augmentation de plus de 50%. Il y a déjà eu une centaine de tentatives de meurtre depuis le début de l’année, et une quarantaine de femmes décédées sous les coups de leur mari. Dans les prisons péruviennes, un détenu sur cinq est sous les verrous à cause d’un crime sexuel. Les associations réclament que soit décrété un "état d’urgence" pour protéger les femmes.

Et est-ce que le mouvement mondial qu’on constate en occident prend aussi là bas ?

Eh bien figurez vous que là bas, il est même antérieur à l’affaire Weinstein. Bien avant le mouvement #Metoo américain, les Sud-Américaines ont lancé leur mot d’ordre, #NiUnaMenos avec des marches de femmes ces dernières années dans toutes les grandes capitales. Au Perou, mais aussi en Argentine, au Mexique, au Chili, en Bolivie… Des marches contre le machisme et l’impunité, dans ces sociétés encore très patriarcales.

Et puis on part au Liban, avec vous Antoine Garibal, vous êtes notre correspondant à Beyrouth. On est en plein ramadan mais ce qu’on sait moins, c’est que cette période est aussi très riche pour les séries télé, particulièrement suivies pendant le jeûne. Et c’est l’une d’elle qui crée la polémique. Pourquoi ?

Le problème est venu d’un générique, ou plutôt de son chanteur. Il s’appelle Fadl Shaker et c’est une star dans le monde arabe. Connu pour sa voix suave et ses chansons d’amour, Fadel Shaker est une star qui a disparu depuis plusieurs années, depuis qu’il a basculé dans le salafisme. Aux premiers mois du conflit syrien en 2012, Fadl Shkar arrête de chanter, il décrète la musique interdite par l’islam. L’ancienne idole s’affiche aux côtés d’un imam sunnite radical. En 2013, lors de violents affrontements avec l’armée libanaise qui font 29 morts dont 18 soldats, il revendique le meurtre de deux militaires dans une vidéo. Depuis, il s’est évaporé dans la nature et en son absence, la justice l’a condamné en 2015 à 15 ans de travaux forcés.

Et là il est de retour dans une série télé, comme si de rien n’était ?

Oui, via une chanson dans le générique d’un série télé. Ladayna Akwal Okhra est un feuilleton dramatique égyptien. Vu l’impact des séries télé dans la région en ce mois de ramadan, ce come-back a fait beaucoup de bruit, vécu par certains comme une provocation. D’un coté, des fans dans tout le monde arabe saluent le retour de Fadl Shaker mais au Liban, la nouvelle passe vraiment très mal. Dans une vidéo, la mère d’un des soldats assassinés réclame la suppression de la chanson. Sous pression, la production égyptienne a finalement déprogrammé le morceau et a dû présenter ses excuses.

Pourquoi il n’est pas inquiété ?

Fadl Shaker est aujourd’hui réfugié dans un camp de Palestiniens du Liban, des camps où l’armée n’entre pas. Il n’y est donc pas inquiété. De son coté, aucune explication, ni aucune déclaration mais selon l’un des producteurs de la série, ça pourrait bien être une tentative de retour à la musique de l’ex-crooner. Si cette chanson ressemblait à un ballon d’essai, l’épisode aura au moins montré que certains au Liban ne sont pas prêts à réentendre la voix de Fadl Shaker.

En bref, un Français prend la mer pour dénoncer la pollution des océans.

Il s’est mis à l’eau ce matin sur une plage près de Tokyo avec le défi de traverser l’océan Pacifique à la nage, jusqu’à San Francisco, 9.000 kilomètres. Il s’appelle Benoit Lecomte, il a 51 ans. Il va nager huit heures par jour, il espère arriver d’ici six à huit mois. Il veut attirer l’attention sur les plastiques qui envahissent les océans. Il sera suivi par un voilier où il pourra manger et passer ses nuits.

Et puis les lycéens survivants de Parkland, aux Etats Unis, publient un livre.

Ils ont mobilisé l’Amérique contre les armes à feux après la tuerie du 14 février en Floride, qui avait fait 17 morts. Fin mars, un million et demi de personnes défilait dans les rues sous leur mot d’ordre #NeverAgain (plus jamais ça). Ce hashtag devient aujourd’hui un livre. David 18 ans et sa sœur Lauren 14 ans publient une sorte de manifeste de leur mouvement. Ils précisent que les bénéfices seront reversés aux habitants de Parkland, pour "panser les plaies".