Le parcours du combattant de certains Israéliens pour se marier

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Pour certains Israéliens, il devient de plus en plus difficile de se marier religieusement.

La première histoire de ce journal du monde est un fait de société qui fait de plus en plus couler de l’encre, en Israël. Pour certains israéliens, ça devient compliqué de se marier !

Ils sont de plus en plus nombreux à témoigner du parcours du combattant qu’il faut affronter pour convoler en justes noces quand on leur demande… de prouver leur identité juive. Reut, par exemple. Le Guardian raconte l’histoire de cette secrétaire de 28 ans, pratiquante, assidue à la synagogue chaque semaine. Lorsqu’elle veut se marier, elle se retrouve convoquée devant une cour rabbinique car les autorités religieuses sont remontées dans le passé de sa famille et n’ont pas trouvé de façon certaine ses origines juives. En fait la grand-mère de Reut était une survivante de l’Holocauste. Orpheline, elle avait été adoptée, en ex-Union soviétique, par une famille non juive qui ne se gênait pas pour l’accabler de remarques antisémites. Après s’être enfuie à l’adolescence, la jeune femme avait donc préféré taire ses origines juives sur les papiers officiels d’URSS.

Et donc, aujourd’hui c’est la judaïté de Reut qui mise en cause ?

Absolument, c’est le doute qui l’emporte. La jeune femme s’est retrouvée sur une sorte de liste noire, interdite de se marier religieusement, ainsi que tous ses parents proches, touchés par ricochet ! Vous savez que le mariage est le monopole du Grand Rabbinat, en Israël. Et cette liste, elle s’allonge très vite, au point de susciter débats et inquiétudes dans le pays. De nouvelles statistiques ont été publiées ce week-end. Le nombre de personnes considérées par les cours rabbiniques comme "non juive" a fait un bond : + 460% entre 2011 et 2016 ! Ce sont des milliers de personnes, le plus souvent issues de l’immigration russe ou ex-soviétique, dont l’identité est remise en cause. Ces gens, d’ailleurs, ont déjà dû fournir des documents prouvant leur ascendance juive, pour immigrer en Israël.

Quels recours ont-ils, ces gens-là ?

Pour se marier ils n’ont qu’une solution : opter pour un mariage civil à l’étranger. C’est ce que font beaucoup, comme Reut. Une pétition a été remise à la Haute Cour de Justice israélienne demandant que la justice religieuse cesse ces pratiques discriminantes. L’existence de ces listes révèle en tout cas un vrai conflit culturel qui se creuse, au sein de la société israélienne avec des ultra-orthodoxes de plus en plus puissants, surtout depuis qu’ils ont été associés au pouvoir par Netanyahu, et qui imposent leurs vues fondamentalistes au plus grand nombre.

Nous allons en Espagne pour notre deuxième histoire. Quand Google Maps cède à la pression des nostalgiques du franquisme !  Le géant américain du net a accepté de rétablir, sur ses cartes, la rue Millan-Astray à Madrid. Ce monsieur n’est autre qu’une figure de la dictature franquiste…

Oui c’était un ami personnel de Franco, un général de l’armée qui s’est notamment occupé de la propagande au début de la dictature. Au printemps dernier, la maire de Madrid, Manuela Carmena, élue avec le soutien des indignés débaptise la rue Millan-Astray. Il s’agit d’appliquer la loi sur la mémoire historique. Une loi qui prévoit de faire disparaître tous les symboles franquistes de l’espace public. La rue s’appelle depuis Calle Justa Freire, du nom d’une maîtresse et pédagogue républicaine condamnée à six ans de prison à la fin de la guerre civile.

A l’époque, Google Maps modifie le nom de la rue sur son application. Mais ce nouveau nom rend furieux les nostalgiques du franquisme. Il en existe encore en Espagne ! Une association franquiste dépose un recours devant la justice, estimant que ce changement peut causer un préjudice aux habitants et aux commerçants, notamment des tracas pour l’envoi de courrier ou pour retrouver l’adresse d’une boutique. En attendant de se prononcer sur le fond de l’affaire, un juge suspend provisoirement le changement de nom. Le lobby franquiste exige alors à Google Espagne de remettre l’ancien nom. Et face à la pression, le géant américain a donc fini par céder.

Ce que nous dit cette anecdote, très significative, c’est que l’Espagne a encore du mal à tourner la page du franquisme !

Oui parce qu’il n’y a jamais eu de procès, même symbolique, du franquisme. Officiellement, l’État espagnol n’a jamais condamné la dictature. "Il ne faut pas rouvrir les blessures du passé", voilà ce que répond la droite au pouvoir aux familles de victime de la dictature. Concrètement, il existe encore de nombreux monuments en Espagne à la gloire de Franco. Des villages portent toujours son nom. Ce week-end en Andalousie, à l’issue d’une corrida, un torero a brandi à la foule un drapeau espagnol avec au milieu le blason franquiste. Voila, Franco est mort il y a près de 42 ans, mais son fantôme continue de hanter l’Espagne…

On termine avec eux infos en bref…

Une statue en métal de plus de sept mètres de haut a été inaugurée ce matin à Moscou. Elle représente Mikhaïl Kalachnikov tenant dans les mains un AK-47, le fameux fusil de guerre de son invention. Et non, ce n’est pas le ministre de la Défense qui a coupé le ruban, mais le ministre de la culture ! Oui, car la Kalach est devenue une "véritable marque culturelle" de la Russie, a expliqué le ministre.

En Suède, la guerre des sexes fait rage chez les chiens !

C’est une artiste qui s’insurge contre le "Patriarcat canin". C’est un scandale, elle n’a pas le droit de promener sa petite chienne Coco dans les parcs de Stockholm lorsque celle-ci est en chaleurs, ça arrive environ trois semaines, deux fois dans l’année. Elle crie à la discrimination sexiste car évidemment, les chiens eux sont tranquilles toute l’année ! Cette femme prévoit une campagne d’affichage, carrément, et en appelle à la mairie, pour demander qu’il y ait au moins un parcours canin réservé aux femelles dans chaque quartier !