Le commerce des lucioles, un danger pour l'espèce

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En juillet 2016, 17 millions 424 101 de vers luisants ont été écoulés pour un chiffre d’affaire mensuel de plus de 2 millions d’euros.

Première histoire, nous partons vers le sud-est de la Chine pour découvrir que là-bas existe un marché gigantesque : on y fait commerce des lucioles au point de menacer l’espèce.

Oui, car figurez-vous que les lucioles sont très recherchées là-bas, pour faire joli à l’occasion de mariages par exemple pour illuminer des inaugurations de projets immobiliers ou même dans des parcs à thème, des "parcs à lucioles". Les Chinois commandent des milliers de vers luisants et organisent des lâchers de ces petites bêtes aux postérieurs lumineux on imagine que c’est assez féerique effectivement.

Et donc il y a des chasseurs de lucioles, qui les capturent avec de simples filets. Dans une très belle enquête du site chinois Jiemian, que nous fait découvrir Courrier International, on part à la chasse aux lucioles. C’est déconcertant de simplicité : le type arrête sa moto au bord d’une rizière, c’est la nuit il met ses clignotants en marche et hop : ça attire les lucioles mâles, ceux qui volent, qui pensent que tout ce qui clignote est une partenaire femelle le "chasseur" n’a plus qu’à agiter son filet pour attraper des centaines de petits coléoptères.

Mais est-ce que c’est vraiment un "marché", qui génère des profits ?

Certains revendeurs ont fait fortune. Un "gros" revendeur, qui fait travailler plusieurs chasseurs, peut se faire un million de Yuans par an, c’est-à-dire 127.300 euros ! Un autre paramètre nous permet de prendre la mesure du marché, c’est le nombre de lucioles vendues en un mois, sur deux plateformes internet hébergées par le géant chinois du net Alibaba. En juillet 2016, 17 millions 424 101 de vers luisants ont été écoulés. C’est un chiffre d’affaire mensuel de plus de 2 millions d’euros.

A ce rythme-là il ne va plus en rester beaucoup, des lucioles.

C’est un vrai problème, qui commence à être pris en compte en Chine. Des associations et l’opinion publique se mobilisent, elles accusent ces sites de vente en ligne d’être des "exterminateurs de lucioles". Et la pression fonctionne relativement bien : des plateformes internet ont finalement interdit leur vente récemment. Les pouvoirs publics, localement, en interdisent la chasse. Mais du coup ce qui était une activité au grand jour se transforme en trafic. Certains revendeurs prétendent ne plus puiser dans la faune sauvage mais faire l’élevage de lucioles. En tous cas les spécialistes estiment que la situation est grave, et que certaines espèces sont menacées d’extinction.

Deuxième histoire, en Suède. La Suède qui a décidé de répondre aux "fake news" de Donald Trump. Souvenez-vous, c’était en février dernier. Le président américain sous-entendait qu’il venait de se passer quelque-chose de grave dans le pays et on a tous pensé à un attentat. Oui et c’était à cause, disait-il, de tous ces réfugiés accueillis en Suède. C’est là qu’on retrouve Frédéric Faux. Que s’était-il passé de si grave ? Rien du tout ! Bonsoir Frédéric. Les Suédois ont donc pris les quelques mois nécessaires pour affiner leur réponse à Trump ?

Oui, et c’est vraiment une réponse à la suédoise : calme et déterminée. Comme le président américain avait fantasmé sur les nuits suédoises, des photographes ont décidé de se réunir pour faire un portrait nocturne de leur pays. Ils ont accumulé des milliers de clichés, depuis la frontière danoise jusqu’au cercle polaire. Toutes les photos ont été prises entre 18 heures et minuit. Et le résultat c’est une exposition et un livre dont vous vous doutez déjà du titre : "Last night in Sweden", la nuit dernière en Suède.

Alors qu’est-ce qu’on peut voir sur ces photos ?

Hé bien la vie quotidienne d’un pays plutôt tranquille. Des jeunes qui s’ennuient  près d’un centre commercial, des ados au bord d’un lac. Des Suédois au travail. Des Suédois au sauna. Bien sûr la thématique des réfugiés est présente, la Suède est l’un des pays qui en a accueilli le plus en Europe. Mais pas comme Trump l’aurait imaginé. Il y a notamment une photo très forte d’une réfugiée congolaise qui donne naissance à son premier enfant en terre suédoise.

Comment cette réponse à Trump a été perçue en Suède ?

Vous savez ce n’est pas facile de faire le portrait d’un pays avec des photos, d’autant plus qu’un peu plus d’un mois après cette fameuse phrase de Trump, Stockholm était visée par un attentat, qui a fait cinq morts. Mais les Suédois sont plutôt fiers du résultat. L’exposition à Stockholm est un succès. Le livre a été envoyé à tous les membres du Congrès américain, et bien sûr à Donald Trump, la Maison Blanche a accusé réception. Alors on sait que le président américain préfère regarder la télé plutôt que lire un livre. Mais enfin là, ce sont des images et on ne sait toujours pas s’il a eu l’occasion d’ouvrir celui-là.

Merci Frédéric Faux ! Et pour ceux qui auraient l’occasion d’aller à Stockholm prochainement, cette expo est visible jusqu’au 29 octobre au Musée de la photographie.

En bref, deux petites infos Sophie avec d’abord une première sur le continent africain…

Dans Marrakech, depuis aujourd’hui, de grand bus couleur ocre circulent dans la ville et ce sont les tout premiers bus électriques mis en fonction en Afrique. Des "tram-bus" de 18 mètres de longs, et qui vont transporter 45.000 passagers par jour. C’était l’un des projets écologiques phares de la ville marocaine, promis lors de la COP22, il y a presque un an.

Et puis, un mariage qui a fait un peu de bruit dans la presse européenne.

Je vous présente Laura Mesi, une belle mariée italienne dans sa robe blanche fourreau. Il y avait des demoiselles d’honneur, un gros gâteau, 70 invités, mais pas de chéri ! Laura Mesi s’est mariée avec elle-même. Elle affirme être la première, en Italie, à rejoindre la clique des "sologames". Elle dit que si elle aime un homme à l’avenir, tant mieux mais d’ici là, se marier toute seule est une manière de dire que son bonheur n’en dépend pas. La "sologamie", vous connaissiez ? Il parait que c’est une tendance qui monte. Au Japon ça fait au moins 3 ans que des agences de voyage proposent des « auto-mariages » aux Japonaises.